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Vous découvrez Gjirokastër, une ville historique majeure du sud de l’Albanie, perchée au-dessus de la vallée de la Drino, près de la frontière grecque. Son histoire commence au Moyen Âge, autour de la colline dominée par la forteresse, dont les premières structures datent du XIIe siècle. La ville se développe alors comme un point stratégique, contrôlant les voies de passage entre l’Adriatique et l’intérieur des Balkans. À partir du XVe siècle, Gjirokastër passe sous domination ottomane et connaît une longue période de prospérité. Elle devient un centre administratif et commercial important. C’est à cette époque que se construit l’architecture emblématique de la ville, avec ses grandes maisons-tours en pierre, leurs murs épais et leurs toits en ardoise, pensées à la fois pour l’habitat et la défense. Aux XVIIIe et XIXe siècles, la ville s’affirme comme un foyer culturel du sud albanais. Des écoles ouvrent et les idées de la Renaissance nationale se diffusent, autour de la langue et de l’identité albanaises. Après l’indépendance de l’Albanie en 1912, Gjirokastër entre dans une période troublée. En 1913 et 1914, la ville est occupée par des troupes grecques dans le contexte du conflit de l’Épire du Nord, ce qui provoque de fortes tensions locales. Pendant la Première Guerre mondiale, le contrôle de la région change à plusieurs reprises. Les forces grecques reviennent temporairement jusqu’en 1916, avant de céder la place à d’autres administrations liées au conflit mondial. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Gjirokastër est occupée par l’Italie fasciste à partir de 1939. La ville devient alors un point stratégique, notamment durant la guerre italo-grecque de 1940–1941. En 1943, après la capitulation italienne, les forces allemandes prennent le contrôle de la ville jusqu’en 1944. Cette période est marquée par une répression plus sévère et par des opérations contre la résistance. En parallèle, de profondes divisions politiques internes traversent la société albanaise, entraînant violences et règlements de comptes dont le souvenir reste vif à Gjirokastër. Après la guerre, le régime communiste protège étroitement le centre historique, ce qui contribue à sa remarquable conservation. En 2005, Gjirokastër est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, reconnue comme un exemple exceptionnel de ville ottomane préservée, aujourd’hui lisible dans ses rues pavées, ses maisons de pierre et la silhouette imposante de son château dominant la vallée.






