Histoire de Tirana

©Malyszkz - Domaine Public

Vous marchez le long de la rivière Lana, ce mince ruban d’eau qui traverse le cœur de Tirana. C’est l’occasion idéale de remonter le temps et de comprendre comment cette capitale, discrète en apparence, s’est construite par strates successives d’histoire. Contrairement aux autres capitales européennes, Tirana est relativement jeune. Elle naît en 1614, lorsque Sulejman Pacha Bargjini, un général albanais de l'Empire ottoman, fonde un petit bourg oriental autour d'une mosquée, d'un hammam et d'un marché. Pendant trois siècles, Tirana reste un modeste carrefour commercial sous domination ottomane. Tout change en 1912. L'Albanie proclame son indépendance après cinq siècles d'occupation ottomane. Mais c'est en 1920 que Tirana, choisie pour sa position centrale, devient la capitale du jeune État albanais. À l'époque, la ville ne compte que 10 000 habitants. Les années 1930 marquent une première métamorphose. Des architectes italiens dessinent le centre-ville moderne, avec la Place Skanderbeg comme cœur monumental. Des boulevards élégants et des bâtiments modernistes transforment le petit bourg ottoman en capitale européenne. Mais l'histoire va basculer. En 1944, après l'occupation italienne puis allemande, l'Albanie tombe sous la dictature communiste d'Enver Hoxha. Pendant près de cinquante ans, le pays s'enferme dans l'isolement le plus total. Hoxha rompt successivement avec la Yougoslavie, l'Union soviétique, puis la Chine. L'Albanie devient le régime le plus hermétique d'Europe : religion interdite, voyages impossibles, liberté inexistante. Plus de 700 000 bunkers en béton parsèment le territoire, vestiges de la paranoïa du dictateur. Tirana devient alors une ville grise, quadrillée de blocs d'immeubles communistes uniformes. Sa population explose pourtant, passant de 11 000 habitants en 1923 à près de 200 000 en 1975. À partir de la fin du XXe siècle, le régime communiste albanais s’effondre progressivement sous la pression populaire et politique. Les premières élections libres ouvrent une ère chaotique mais pleine d'espoir. Tirana, longtemps étouffée, respire enfin. C'est en 2000 qu'arrive le grand bouleversement visuel. Edi Rama, artiste devenu maire, lance une révolution de couleurs. Les façades grises sont repeintes en rouge, jaune, bleu vif. Les espaces publics renaissent. Tirana devient une capitale audacieuse, vibrante, résolument tournée vers l'avenir. Aujourd'hui, avec plus de 499 000 habitants, Tirana incarne la renaissance albanaise : une ville jeune qui assume son passé complexe tout en regardant vers l'Europe. Bienvenue dans cette capitale pas comme les autres.

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