Rue Luigj Gurakuqi

Nous voici dans une rue qui porte le nom de Luigj Gurakuqi, un écrivain, pédagogue et homme d’État, engagé très tôt dans le mouvement national albanais. Il joua un rôle clé dans la Renaissance nationale albanaise, la Rilindja Kombëtare, et fut l’un des signataires de la déclaration d’indépendance de l’Albanie en 1912. Ministre de l’Éducation dans les premiers gouvernements du pays, il œuvra activement pour le développement de l’enseignement en langue albanaise et pour la construction d’un État moderne, démocratique et indépendant. Cette rue, comme beaucoup d’autres, ne porte ce nom que depuis quelques années seulement. Après la chute du régime communiste, Tirana a connu un véritable chaos urbain, notamment en matière de toponymie. Les habitants ont arraché les panneaux de rue portant des noms liés au régime honni, mais ceux-ci n’ont souvent jamais été remplacés. Pendant plus d’une décennie, des centaines de rues sont ainsi restées sans nom, rendant les cartes inutilisables, le courrier aléatoire et même l’intervention des ambulances difficile. Les habitants ont alors développé un système de repérage fondé sur des descriptions et des points de repère, comme une véritable chasse au trésor urbaine. On donnait des indications du type « derrière la mosquée », « près de l’arbre », ou « en face de l’ancien cinéma ». Ce désordre a été aggravé par l’exode rural massif et la construction de quartiers entiers sans planification. Ce n’est qu’à partir de 2004 qu’une loi a progressivement réorganisé les adresses et donné aux rues des noms inspirés de figures marquantes de l’histoire et de la culture albanaises, transformant ainsi le plan de la ville en une véritable carte de la mémoire nationale. Mais aujourd’hui encore, beaucoup de Tiranais utilisent toujours ces anciens repères informels !

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