Palacio de la Moneda

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Vous voilà donc de l’autre côté du grand Palacio de la Moneda, le siège de la présidence de la République. Si on l’appelle le palais de la monnaie, c’est parce qu’à ses débuts, en 1814 il servait à battre la monnaie du pays. Il a d’ailleurs continué à le faire jusqu’en 1922, alors qu’on y avait déjà transféré le palais présidentiel depuis 1846. C’est l’architecte italien Joaquin Toesca qui l’a conçu dans ce style néoclassique qui lui est propre. On lui doit pas mal de monuments chiliens dont la cathédrale métropolitaine de Santiago. Le Palacio de la Moneda a été le témoin de moments clés de l’histoire chilienne et tout particulièrement des événements tragiques du coup d’État de 1973. Le matin du 11 septembre, les chars d’assaut pénètrent dans la capitale. Depuis 5h45 du matin, l’armée contrôle la radio, les téléphones et les télégraphes. Le président Salvador Allende parvient à prononcer 5 allocutions dans lesquelles il annonce son intention de résister et de défendre son gouvernement qui représente, celon lui, la volonté du peuple. Élu en 1970 avec une courte avance, Salvador Allende était un socialiste soutenu par une coalition de gauche, qui visait à transformer le pays par de vastes réformes et des nationalisations — un programme qui inquiétait profondément les élites chiliennes et les États-Unis. Dans un contexte de guerre froide particulièrement tendu, Washington était déterminé à empêcher un nouveau basculement vers le communisme en Amérique latine. Les États-Unis ont activement tenté d’empêcher l’arrivée d’Allende au pouvoir, puis ont apporté un soutien financier et politique aux forces opposées à son gouvernement, contribuant ainsi au climat ayant mené au coup d’État militaire et à quinze années de dictature. Un avion est mis à la disposition du président, mais il refusera catégoriquement de quitter le pays. À 9h10, le palais est mitraillé, puis les avions de chasse débarquent et bombardent le palais présidentiel. Les occupants, brandissant un drapeau blanc, sortent alors de la Moneda. Le président n’est pas avec eux. Il met fin à ses jours dans son bureau avec une arme offerte par Fidel Castro, préférant mourir que de se rendre au général Pinochet. Une répression sans précédent s’abat alors sur le pays. L’état de siège est instauré, le Parlement est dissout, la presse d’opposition interdite et les libertés syndicales suspendues. Plus de 100.000 personnes sont arrêtées. On considère que sur les dix millions de personnes que comptait le pays à l’époque, 3.200 ont été tuées ou ont disparu, 35.000 ont été torturées et plus de 200.000 Chiliens ont choisi l’exil. Augusto Pinochet est resté 15 ans à la tête du pays. En octobre 1988, chose assez incroyable, il décide d’organiser un plébiscite pour renouveler son mandat si on peut appeler ça comme ça, à la tête du pays. Contre toute attente, du moins, les siennes, il est rejeté à 56%. Cet événement historique et incroyable a été retranscrit au cinéma dans le film NO de Pablo Larrain avec Gael Garcia Bernal. À voir ! Pinochet passe donc le pouvoir en 1990, mais reste chef des armées jusqu’en 1998 lorsqu’il est arrêté à Londres. Une plainte internationale avait en effet été déposée en Espagne pour “génocide, terrorisme et torture”. Libéré en l’an 2000 pour des raisons de santé, il rentre au Chili où il meurt en 2006 avant la fin de la procédure judiciaire. Pour en revenir au palais, il a été rénové forcément, après avoir été bombardé et les travaux durèrent plus de 10 ans. Vous pouvez réserver une visite guidée gratuite pour découvrir son intérieur. Il y a également le centre culturel la Moneda, installé sous l’esplanade. Son entrée est gratuite alors n’hésitez pas à aller voir à quoi ça ressemble ! Il reçoit des expositions de premier ordre et offre une escapade culturelle de qualité à des milliers de visiteurs chaque année.

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