

©Diego Tirira BY-SA 2.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr>via Wikipedia Commons
On ne s’en rend pas forcément compte, mais ici vous êtes sur les hauteurs de La Havane. Juste à votre droite s’élève la Loma de Aróstegui, l’une des collines les plus élevées de la ville. Et à l’époque, on n’y construisait pas des parcs pour y faire des promenades, mais des forteresses, profitant de la position stratégique pour repousser l’ennemi. Vous ne le voyez peut-être pas d’ici, mais c’est bien dans ce secteur qu’on avait installé la forteresse chargée de protéger le Vedado : le Castillo del Príncipe. Après avoir été prise au piège par les Anglais pendant près d’un an, en 1762, La Havane tire leçon de cet échec et fait construire plusieurs sites fortifiés. Intra puis extramuros. C’est comme ça qu’en moins de 10 ans, le Castillo del Principe sort de terre. Un immense château, en forme de pentagone, dont l’appellation rend hommage au fils de Carlos III, roi d’Espagne à l’époque. Doté de bastions, de contreforts et de tranchées profondes, le site s’est reconverti plus d’une fois selon les besoins du moment. Il a notamment endossé le rôle de prison nationale, puis locale, sur près d’un demi-siècle, entre l’époque coloniale et le triomphe de la Révolution cubaine. Les prisonniers étaient essentiellement des hommes politiques et des révolutionnaires de premier plan. Parmi les prisonniers célèbres, on compte Julio Antonio Mella, l’un des fondateurs du Parti communiste de Cuba. Aujourd’hui, le Castillo del Príncipe est une installation militaire fermée au public, utilisée uniquement pour des fonctions protocolaires et cérémonielles. Vous ne pourrez donc pas le visiter, mais son histoire reste bien présente dans la mémoire de La Havane.






