

Shutterstock
Vous êtes devant la Basilique de Santa María de los Reales Alcázares d’Úbeda, l’un des lieux les plus emblématiques de la Plaza Vázquez de Molina. Vous êtes ici face à un édifice qui superpose près de deux millénaires d’histoire : sous vos pieds, les archéologues ont identifié des niveaux datant de l’Âge du Cuivre et du Bronze, puis des traces ibères, romaines et wisigothiques. Le site devint ensuite la grande mosquée d’Úbeda durant la période islamique. Le 29 septembre 1233, selon les chroniques médiévales, le roi Ferdinand III serait entré par l’une des portes encore visibles dans le cloître pour consacrer l’ancienne mosquée au culte chrétien sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption. En observant la façade, vous découvrez une œuvre Renaissance commencée vers 1510 selon les plans de Pedro de Vera : un vaste portail conçu pour ouvrir le temple vers la ville, orné plus tard du fronton sculpté de l’Adoration des Bergers par Luis de Zayas. De chaque côté, les deux campaniles ajoutés au XIXe siècle rappellent que la basilique a continué d’évoluer jusque tard dans l’histoire. Devant vous, l’harmonie apparente cache une réalité plus complexe : l’édifice combine gothique, mudéjar, Renaissance, baroque, néoclassique et même néogothique, une véritable « démocratie artistique » où aucun style ne domine vraiment. À l’intérieur, vous trouverez un cloître gothique du XVe siècle, construit à l’emplacement de l’ancien patio d’ablutions de la mosquée. Ses seize chapelles funéraires abritaient les sépultures des évêques et des familles nobles d’Úbeda. L’une des portes les plus chères aux habitants, la Portada de la Consolada, est celle par laquelle sort chaque Vendredi Saint la confrérie de Jésus Nazareno, scène particulièrement marquante de la Semaine Sainte locale. En levant les yeux vers la tour, vous distinguez ce qu’il reste de l’ancien minaret islamique, partiellement démoli au XIXe siècle après avoir été fragilisé par le tremblement de terre de Lisbonne de 1755. Si vous souhaitez aller plus loin, sachez que la basilique peut se visiter librement durant ses heures d’ouverture : l’entrée est payante, mais elle vous permet de découvrir à votre rythme les espaces intérieurs et le cloître, qui donnent toute la mesure de l’histoire accumulée entre ces murs.






