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Vous voici devant la Plaza de Toros de Ronda. Ce n’est pas vraiment une place, comme on pourrait le penser avec son nom, mais des arènes qui se tiennent devant vous. C’est l’un des monuments les plus emblématiques d’Andalousie, un lieu où se mêlent histoire, tradition et architecture. En entrant dans les arènes, vous découvrez l’un des berceaux de la tauromachie moderne, un espace intimement lié au style rondeño apparu au XVIIIᵉ siècle. Construite en 6 ans, à la fin du XVIIIe siècle, par l’architecte José Martín de Aldehuela, également auteur du Puente Nuevo, l’arène se distingue par sa construction entièrement en pierre et par son diamètre exceptionnel de soixante-six mètres, le plus grand d’Espagne. Les gradins reposent sur cent trente-six colonnes toscanes qui soutiennent deux niveaux d’arcades, et ici, particularité rare, tous les sièges sont couverts. Ces arènes sont aussi le siège de la Real Maestranza de Caballería de Ronda, l’ordre équestre le plus ancien du pays, fondé après la Reconquête et toujours actif. L’histoire de ce lieu est marquée par deux inaugurations : la première, en 1784, interrompue par l’effondrement d’une partie des gradins, et la seconde, en 1785, entrée dans la légende grâce au duel tauromachique entre Pedro Romero et Pepe Hillo. Pedro Romero, né à Ronda, est l’une des figures majeures de la tauromachie : il aurait combattu plus de cinq mille taureaux sans blessure grave et a contribué à définir la tauromachie moderne, en mettant en avant l’adresse du torero à pied. À ses côtés, la famille Ordóñez a formé une seconde dynastie légendaire, encore visible aujourd’hui à travers des statues autour des arènes. C’est Antonio Ordóñez qui a créé la Feria Goyesca, une corrida annuelle où les toreros portent des costumes inspirés des peintures de Goya et qui constitue l’un des événements culturels les plus marquants de Ronda. Aujourd’hui, la Plaza de Toros n’accueille qu’une seule corrida par an, lors de cette feria. Le reste du temps, elle fonctionne comme un musée qui retrace deux siècles d’histoire tauromachique, présente des costumes, des armes et des objets liés aux familles Romero et Ordóñez, ainsi que l’héritage de la Real Maestranza.






