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Derrière ces grilles se trouvent les vestiges du Théâtre Romain de Cadix, l’un des plus anciens de toute l’Hispanie. Il a été redécouvert en 1980 presque par hasard, sous les maisons du vieux quartier d’El Pópulo. Ce théâtre date du Ier siècle avant notre ère et doit son existence à la famille des Balbo, des Gaditans d’origine phénicienne devenus citoyens romains et proches de Jules César. Leur idée était ambitieuse : créer une “Neápolis”, une ville nouvelle avec de grands édifices publics, dont ce théâtre qui pouvait accueillir plus de dix mille spectateurs — un chiffre énorme pour une ville cinq fois plus petite. Construit à flanc de colline, il suivait les codes des théâtres romains : les classes populaires assises en haut, les citoyens plus aisés au milieu, et les élites tout en bas, juste au bord de l’orchestra et de la scène, autrefois décorée de colonnes, de statues et de décors mobiles. Au fil des siècles, le théâtre a été abandonné puis réutilisé : on y a prélevé des pierres, transformé les galeries en entrepôts, et même construit une forteresse médiévale par-dessus. Aujourd’hui, plusieurs bâtiments reposent toujours sur ce qui fut l’un des plus grands théâtres romains du pays. Le centre d’interprétation voisin vous permet de comprendre l’ensemble : maquettes, vidéos, accès aux galeries… Et si vous voulez entrer, l’accès se fait de l’autre côté, par la rue Mesón. Parmi les histoires liées à ce lieu, il y en a une assez sombre, mais souvent racontée ici : lors de jeux organisés en 43 av. J.-C., Lucius Cornelius Balbus, l’un des membres influents de la famille, aurait fait jeter aux bêtes un crieur public venu de Séville… simplement parce qu’il le trouvait trop laid. Un épisode macabre qui rappelle que les divertissements romains pouvaient parfois être aussi brutaux qu’impressionnants. Aujourd’hui, heureusement, le théâtre n’abrite plus que des visiteurs curieux, bien décidés à explorer ce morceau fascinant de l’histoire antique de Cadix.






