Statue Santa Monica

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Ici, au bout de Wilshire Boulevard, vous êtes face à l’océan… et devant l’une des silhouettes les plus reconnaissables de Palisades Park : la statue de Sainte Monique, patronne de la ville. Regardez-la : ses lignes très géométriques, presque “cinéma des années 30”, sont typiques de l’Art Déco, et la statue elle-même est en béton clair, posée sur un socle massif. Le petit promontoire d’herbe sur lequel elle se dresse a été façonné en forme de cœur, en référence à l’image la plus connue de Monique : celle d’une mère profondément attachée à son fils, Augustin. Augustin, que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Saint Augustin d’Hippone, est devenu l’un des grands penseurs du christianisme. Pourtant, dans sa jeunesse, il s’éloigne de la religion et mène une vie assez libre, ce qui inquiète énormément sa mère. Pendant des années, Monique prie pour lui et espère qu’il trouvera sa voie. Finalement, devenu adulte, il se convertit, devient évêque en Afrique du Nord et écrit des textes majeurs dans lesquels, entre autres, il rend hommage au rôle essentiel de sa mère dans sa vie. Et c’est ce lien symbolique qui expliquerait le nom de Santa Monica : lors de l’expédition espagnole de 1769, le père Juan Crespí aurait été marqué par des sources d’eau locales, aujourd’hui appelées Tongva Sacred Springs, dont l’image lui aurait rappelé les larmes de Sainte Monique. La statue, elle, arrive bien plus tard : elle est inaugurée le 4 mai 1935, en pleine Grande Dépression, dans le cadre d’un programme artistique du New Deal destiné à soutenir les artistes et embellir les espaces publics. Elle a été réalisée par le sculpteur Eugene Morahan, et l’anecdote locale raconte même que Gutzon Borglum, le sculpteur associé au Mont Rushmore, serait venu donner un coup de main avant l’inauguration. La classe, si c’est vrai ! En tout cas, la statue se trouve à l’intersection entre Ocean Avenue et Wilshire Boulevard, un lieu qui portait autrefois un surnom bien moins paisible : on l’appelait le “Dead Man’s Curve”, la courbe de la mort. Au début du XXe siècle, Santa Monica accueillait des courses automobiles sur route ouverte, et ce virage marquait un point particulièrement dangereux du circuit : les voitures arrivaient à grande vitesse en descendant Ocean Avenue avant de devoir tourner brusquement vers l’est sur Wilshire. Plusieurs accidents s’y sont produits, ce qui a rapidement donné à l’endroit ce nom assez sombre. Les courses ont finalement été arrêtées vers 1919, notamment à cause de la croissance de la ville et des risques trop importants pour le public comme pour les pilotes. Aujourd’hui, il ne reste rien de ce passé mouvementé, mais le lieu conserve cette petite page d’histoire liée aux débuts de l’automobile en Californie. Aujourd’hui c’est un petit parc aménagé en longueur, où il est agréable de se balader avec vue sur l’iconique plage de Santa Monica.

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