Aqueduc Saint-Clément

©Björn S. CC BY-SA 3.0. https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Approvisionner une ville en eau peut sembler banal aujourd’hui, mais à l’époque, c’était un vrai défi. Et Montpellier en sait quelque chose. À sa fondation au Moyen Âge, elle manque cruellement d’eau malgré quelques puits et fontaines en bordure de rivière et dans le centre. Pour y remédier, le conseil municipal lance en 1751 un projet ambitieux : construire un aqueduc reliant les sources de Saint-Clément à la promenade du Peyrou. L’ingénieur Henri Pitot, alors en charge des travaux publics de la province, est désigné pour diriger le chantier. Pendant plus de douze ans, il s’acharne à relever ce défi. Le 7 décembre 1765, l’eau jaillit enfin à Montpellier, sous les applaudissements de plusieurs milliers de personnes. De 1766 à 1776, l’aqueduc est relié au château d’eau du Peyrou ainsi qu’à trois grandes fontaines du centre-ville. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, son tracé est prolongé jusqu’à la rivière Lez pour augmenter le débit. Mais à force d’être sollicité, l’ouvrage se détériore. En 1935, la ville abandonne l’aqueduc au profit d’un nouveau système de canalisation, capable d’acheminer 400 litres d’eau par seconde. Long de plus de 800 mètres et haut de 28 mètres à certains endroits, l’aqueduc Saint-Clément ne transporte plus d’eau aujourd’hui. Pourtant, sa silhouette de pierre, inspirée du pont du Gard, continue de marquer le paysage montpelliérain. Classé monument historique depuis 2022, il reste un symbole fort. Si vous le contemplez depuis sa base, cherchez la plaque en hommage à Jean Moulin. C’est près de l’un de ses piliers qu’a été prise la célèbre photo du héros de la Résistance, vêtu de son pardessus, de son chapeau et de son écharpe.

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