

©Jorge Franganillo CC BY 2.0..jpg https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr
Se décrocher la mâchoire ou risquer le torticolis, voilà ce qui vous attend devant l’un des monuments les plus emblématiques de Montpellier. Imposante, austère, presque militaire, la cathédrale Saint-Pierre détonne dans le paysage des églises françaises. Et son histoire est à la hauteur de son apparence. Tout commence en 1364, lorsque le pape Urbain V, ancien étudiant en droit canon dans la ville, lance la construction d’une abbatiale et d’un monastère-collège à cet emplacement. Mais au fil des siècles, Montpellier gagne en puissance et en rayonnement. En 1536, l’archevêché de Maguelone transfère alors son siège dans la capitale languedocienne. Le monastère devient le palais de l’évêque, et l’église abbatiale est élevée au rang de cathédrale. Ce choix stratégique va rapidement se heurter à la montée du protestantisme dans la ville. Débute alors une période agitée : les guerres de Religion. Les protestants tentent d’éloigner les autorités catholiques, qui se retranchent dans leurs établissements. Pour tenir, il faut fortifier. Quatre tours sont ajoutées aux angles de la nef, un porche massif, un chemin de ronde, des mâchicoulis et des créneaux : la cathédrale prend des allures de forteresse, au point qu’on la surnomme le “fort Saint-Pierre”. Malgré ces défenses, elle subit de lourdes dégradations en 1561 et 1567, ainsi que des pillages répétés. Si vous observez bien, vous pouvez encore apercevoir des impacts de balles autour d’une fenêtre de la tour-clocher gauche. En 1622, après deux mois de siège, Montpellier redevient officiellement catholique. Et parmi tous les lieux de culte médiévaux de l’Écusson, seule la cathédrale Saint-Pierre sortira de cette période encore debout, malgré les cicatrices. Le roi Louis XIII ordonne sa reconstruction, mais elle sera de nouveau vandalisée pendant la Révolution. Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’une véritable restauration est entreprise. On y ajoute notamment une toiture en tuiles vernissées au niveau du chœur, et des chapelles rayonnantes. Plus grande église de l’ex-région Languedoc-Roussillon, elle est classée monument historique depuis 1906. À l’intérieur, ne manquez pas La chute de Simon le magicien, tableau monumental de Sébastien Bourdon, retraçant un épisode de la vie de Saint-Pierre. Et jetez un œil à l’orgue de 1776 : 5 000 tuyaux en tout, dont à peine 140 visibles. De quoi être impressionné, dehors comme dedans.






