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Impossible de ne pas apprécier flâner sur le cours Mirabeau, qui longe le canal de la Robine sur sa rive droite. Cette longue allée bordée d’arbres et de terrasses de bars et restaurants attire chaque jour de nombreux Narbonnais et visiteurs. Très animée pendant la période estivale, elle permet de relier la passerelle des Barques au pont des Marchands, les deux ponts les plus empruntés par les voyageurs à pied. C’est un lieu très apprécié pour goûter aux spécialités locales, comme le vin de la région par exemple. Avec modération bien sûr ! D’ailleurs, saviez-vous que Narbonne a fait l’objet d’une grande révolte à ce sujet au début du XXe siècle ? Il faut savoir que la ville a toujours été, depuis l’époque romaine, liée au vin, et en a rapidement fait son commerce. Narbonne fut pendant un temps la capitale de la Gaule romaine, et était ainsi un véritable carrefour commercial : la production de vin pouvait notamment être exportée facilement dans tout l’Empire romain grâce à sa situation privilégiée. De la chute de l’Empire au Xe siècle, la production recule à cause de l’instabilité de la région, mais dès le Xe siècle, elle repart et les vignobles se développent progressivement. Narbonne commence à forger la réputation de son vin, notamment au niveau local et régional. Mais c’est au XIXe siècle que le vin narbonnais connaît son véritable essor, exporté un peu partout en France et de plus en plus réputé grâce aux techniques utilisées. Les seuls départements de l’Aude, du Gard, de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales fournissaient 40% de la production française de vin. Cependant, le manque de réglementations encadrant ce commerce et la grosse épidémie qui détruit une grande partie des vignobles à ce moment-là entraîneront l'importation de vins étrangers, mais aussi le début de la vente de nombreux vins falsifiés. Ceci débouche sur une surproduction qui entraîne la chute des prix, une grande difficulté pour les producteurs à écouler leurs stocks et une fraude toujours plus grandissante. Dès 1903, les Languedociens demandent alors de l’aide au Président du Conseil, Georges Clémenceau à ce moment-là. Mais celui-ci refuse. En 1907, plusieurs grèves et manifestations se mettent en place pour protester contre l’inaction du gouvernement, face à la misère dans laquelle commencent à plonger de nombreux producteurs. On compte à Montpellier plus de 500 000 manifestants le 9 juin. L'armée est alors envoyée pour réprimer le mouvement. Les 19 et 20 juin 1907, les soldats tirent sur la foule et font 6 morts. Les dirigeants de la révolte sont arrêtés et emprisonnés. Face à tant de violence, une mutinerie éclate au sein du régiment d’infanterie de Béziers, qui n’est pas d’accord avec les actes de l’armée. Il faut attendre les 29 juin et 15 juillet pour que des mesures soient finalement mises en place pour encadrer et réglementer la production de vin et sanctionner la fraude, ce qui met fin à la révolte. C’est ainsi que l’on voit se créer la Confédération générale des vignerons du Midi, la toute première organisation créée pour un secteur agricole. Elle sera fondée le 22 septembre 1907 à Narbonne. Cette révolte représente un important tournant dans le secteur viticole, puisqu’il permet d’encadrer la production. C’est aussi un bel exemple d’un combat mené par la population pour faire valoir ses droits auprès du gouvernement, qui inspirera d’autres mouvements futurs. Depuis 1982, le vin narbonnais est une IGP, appelée Coteaux de Narbonne. Il est produit dans 11 communes situées autour de la ville. Vous en trouverez très facilement si vous souhaitez en ramener dans vos valises.






