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Le quartier que vous traversez, la place où vous vous trouvez, l’église que vous approchez… ici, tout tourne autour d’un seul nom : Saint-Roch. Originaire de Montpellier, il est le saint patron des pèlerins et le guérisseur des pestiférés. Invoqué dans le monde entier, c’est pourtant ici que son culte prend racine. Il fallait donc un lieu de culte à sa hauteur. L’église Saint-Roch est construite au XIXe siècle, à l’emplacement de l’ancienne église Saint-Paul, détruite pendant les guerres de Religion. À cette époque, le maire de Montpellier rêve d’une grande transformation urbaine, inspirée des travaux haussmanniens menés à Paris. Il imagine boulevards, squares, églises monumentales… mais son ambition se heurte à une dette municipale trop lourde. Même une loterie organisée par un abbé ne suffit pas à combler le budget. Résultat : l’église Saint-Roch reste inachevée. Pas de flèches, pas de clocher, pas de statues sur la façade. À l’intérieur aussi, on fait avec les moyens du bord, en réutilisant le mobilier sauvé de l’église Saint-Paul. Malgré tout, l’ensemble impressionne. On y découvre notamment plusieurs œuvres du peintre Alexandre Cabanel, enfant du pays et figure du Second Empire, ainsi qu’une précieuse relique : un fragment du tibia de Saint-Roch, ramené de Venise. Et si vous levez les yeux, vous verrez le trompe-l’œil sur la façade opposée, clin d’œil artistique à une église qui, malgré ses manques, ne passe jamais inaperçue.






