

La rue de la Citadelle, en plus d’être une voie historique, abrite l’une des grandes fresques de Béziers, consacrée à Raimond-Roger Trencavel. Pour la découvrir, retournez-vous et admirez le mur qui se tient devant vous. Avec le trompe-l’œil de l’artiste Patrick Commecy, les fenêtres semblent s’ouvrir, les balcons sont en relief, et le Moyen Âge semble littéralement ressortir du mur. Au premier étage, le chevalier en armure qui se détache, épée à la main, c’est Raimond-Roger Trencavel. À la fin du XIIe siècle, il est le puissant vicomte d’Albi, de Carcassonne et de Béziers. Jeune, catholique, mais tolérant envers les cathares qui vivent sur ses terres, il se retrouve en première ligne lorsque le pape Innocent III lance la croisade contre les Albigeois. En 1209, l’armée des croisés descend du Nord : Béziers est prise et mise à sac le 22 juillet, dans un massacre resté célèbre. Trencavel, lui, se replie sur Carcassonne, tente de négocier, mais après un siège de deux semaines, il est fait prisonnier et meurt en captivité à seulement 24 ans. C’est cette figure à la fois puissante et tragique que la fresque met en scène : un seigneur qui ouvre symboliquement les portes de la ville, mais qui ne pourra pas la sauver.






