

©rene boulay — CC BY-SA 3.0.
Vous voilà devant l'un des monuments les plus anciens d'Aix-les-Bains… et sans doute l'un des plus mystérieux. L'Arc de Campanus se dresse ici depuis près de deux mille ans. Il a été construit par un notable local, Lucius Pompeius Campanus, vers la fin du Ier siècle. Ce n'était pas un arc de triomphe, ni un tombeau au sens strict, mais sans doute une porte monumentale marquant l'entrée des anciens thermes romains. Campanus y a inscrit toute une généalogie familiale, gravée sur les différentes parties du monument : parents, grands-parents, frère, sœur… comme un arbre généalogique en pierre. Bien que ces inscriptions soient aujourd'hui très difficiles à lire en raison de l'usure du temps, les archéologues ont minutieusement déchiffré ces cartouches latins, permettant de reconstituer l'histoire de cette famille romaine influente de l'époque. Haut de plus de neuf mètres mais extrêmement mince, avec à peine 75 centimètres d'épaisseur, il surprend aussi par sa construction : de grandes pierres taillées, ajustées sans mortier, un vrai chef-d'œuvre de savoir-faire antique. Pendant des siècles, l'arc a été malmené, intégré à une écurie, à une grange, partiellement enterré… Il a même failli disparaître au XIXe siècle. Mais il a été sauvé et classé monument historique en 1890. Aujourd'hui, il forme avec le temple de Diane et la mairie un ensemble patrimonial exceptionnel. Discret, mais fascinant, cet arc est un lien direct avec l'Aix gallo-romaine et une mémoire de pierre qui traverse les siècles.






