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Avec la Croisette et le Palais des Festivals et des Congrès tout proches, il est vrai que l’église Notre-Dame-de-Bon-Voyage peut difficilement occuper les devants de la scène cannoise. Pour autant, en sa présence, c’est l’occasion de connaître le plaisir inhabituel d’une Cannes au naturel, et rien qu’au naturel. Consacrée en 1879, l’église Notre-Dame-de-Bon-Voyage est l’œuvre de l’architecte Laurent Vianney. Tout du moins si on s’arrête sur cette dernière version aux inspirations romanes. Au XVe siècle, soit au tout tout début, le lieu de culte était une petite chapelle répondant au nom de Notre-Dame des Sables. Puis, celui de Notre-Dame de Bon Port. Autant de références à sa position au bord de la “Grande bleue” et à son lien avec les marins. Pour certains, c’était la dernière halte avant de prendre la mer ; pour d’autres, la première au retour. Les marins s’y rendaient pour prier la Vierge Marie, avant leur départ ou pour la remercier d’un voyage sans encombre. Et s’il n’est pas certain que Napoléon soit entré dans l’église pour y prier, il a bel et bien installé son bivouac juste en face, dans la nuit du 1er au 2 mars 1815. De retour d’exil sur l’île d’Elbe, il venait de débarquer à Golfe-Juan, déterminé à reconquérir le pouvoir. Ce passage à Cannes marque le tout début de ce qu’on appelle aujourd’hui la Route Napoléon — un itinéraire historique qu’il emprunta à travers les Alpes jusqu’à Grenoble, puis Paris, dans l’espoir de restaurer son empire. Une plaque, rue Bivouac-Napoléon, rappelle encore aujourd’hui ce bref mais célèbre moment.






