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Connaissez-vous l’histoire de la porcelaine de Limoges ? On le sait, cette ville est réputée pour ses objets en porcelaine, bien avant même ses monuments historiques. Mais savez-vous pourquoi ? La porcelaine est un art qui été inventé en Chine, 200 ans av. J.-C. Pendant de longs siècles, le peuple chinois protège minutieusement le secret du procédé de fabrication, gardant le monopole de la production. Mais au début du XVIIIe siècle, un père jésuite limougeaud, François-Xavier d’Entrecolles, apprend et rapporte la recette de la porcelaine après un séjour en Chine. C’est lui qui expliquera que le matériau indispensable pour en fabriquer est le kaolin, une substance que l’on ne connaît pas encore en France à ce moment-là. La pâte qui permet d’obtenir de la porcelaine se compose en effet de 50% de kaolin, de 40% de pegmatite orthose et de 10% de quartz. En 1767, soit une trentaine d’années plus tard, un homme, Jean-Baptiste Darnet, découvre enfin un gisement de kaolin à côté de la ville de Limoges, à Saint-Yrieix-la-Perche. Intéressé par cette nouvelle opportunité, le roi Louis XV l’achète. Il fonde la première manufacture de porcelaine limousine en 1771, et c’est ainsi que débute l’industrie porcelainière qui fera la réputation de la ville. Au début du XXe siècle, François Alluaud, un archéologue, géologue, homme politique et fabricant de porcelaine de Limoges, contribue au développement de l’industrie en améliorant les procédés de fabrication et la qualité tout en réduisant les coûts. Quelques années plus tard, c’est l’Américain David Haviland, également fabricant, qui donne encore un nouveau souffle à l’histoire de la porcelaine en l’exportant aux Etats-Unis. Les retombées économiques florissantes permettent d’améliorer encore un peu la qualité des produits et des décorations. En 1878, un nouveau four industriel est créé, permettant de faire deux cuissons à différentes températures dans un seul four. L’arrivée du chemin de fer facilite encore plus le transport des marchandises. La porcelaine de Limoges est à son apogée. La ville comptait à ce moment-là une trentaine de fabriques, et une centaine de fours avaient été construits. Le kaolin était exporté dans plusieurs pays à l’étranger, au même titre que les différentes réalisations, qui étaient de plus en plus uniques et recherchées. Au début du XXe siècle cependant, les premières révoltes d’ouvriers éclatent. Ils dénoncent, entre autres, les conditions de travail de plus en plus difficiles dans les carrières de kaolin. Ceci commence à fragiliser la production, qui baisse de manière significative tout au long du XXe siècle, à cause des guerres mondiales et de la crise de 1929. Depuis les années 80, la concurrence des fabricants asiatiques est de plus en plus féroce, obligeant beaucoup d’entreprises à fermer leurs portes après tant d’années de succès. Malgré tout, la réputation de la porcelaine de Limoges est faite depuis bien longtemps maintenant, ce qui lui a permis d’être inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France en 2008. Aujourd’hui, il reste une vingtaine d’entreprises en activité, dont certaines exportent encore leur production à l’étranger. Ils perpétuent ainsi la tradition de cet art de feu qui a pris une si grande importance dans l’histoire de la ville.






