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Ici, la place de l’Hôtel de Ville a de quoi vous en mettre plein la vue. Et le palais des Archevêques, qui se trouve devant vous, n’y est pas pour rien ! Placez-vous au centre pour mieux l’admirer. Vous remarquez tout de suite qu’il est composé de plusieurs parties aux architectures différentes. Il porte ainsi les traces de sa longue histoire. Reprenons tout ça. La partie la plus ancienne, que l’on appelle d’ailleurs le palais Vieux, est l’imposante tour qui se trouve tout à gauche. Il s’agit en fait d’un donjon qui a été construit au XIIIe siècle par Gilles Aycelin. Ce dernier était l’archevêque de Narbonne, et est très connu pour avoir été l’un des conseillers les plus influents du roi. A cette époque-là, les archevêques étaient les gouverneurs de la ville, et les donjons étaient souvent leur lieu de résidence. Il érige alors cette tour de 42 mètres pour montrer à la fois sa puissance en tant qu’archevêque, mais aussi pour défendre la cité. A partir du XIVe siècle, le palais est agrandi, avec la construction notamment de la tour Saint-Martial, qui se trouve tout à droite, et qui est reliée au cloître de la cathédrale, constituant un ensemble monumental. C’est le style gothique qui est choisi pour embellir ce palais, qui devenait ainsi une véritable forteresse. Il peut également accueillir dès lors les assemblées politiques et les hauts dignitaires. Au cours du XVIe siècle, on y ajoute des éléments Renaissance, notamment à l’intérieur, pour suivre les tendances de l’époque. Il reste un symbole de puissance et un imposant ouvrage défensif, mais perd progressivement son aspect religieux, à mesure que l’influence des archevêques diminue au profit du roi. La Révolution entraîne la suppression définitive de ses fonctions religieuses, et plusieurs services administratifs commencent à s’installer à la place. En 1834, un musée est ouvert à l’intérieur, et en 1845, l’architecte Viollet-le-Duc aménage une partie du palais pour l’Hôtel de Ville. Aujourd’hui, le Palais Vieux abrite l’ancienne chapelle de la Madeleine, la salle romane au plafond peint, datant du XIIIe siècle et un parcours qui permet aux visiteurs d’admirer des collections d’archéologie, médiévales et d’art. Il est malheureusement actuellement fermé au public pour travaux. Lorsqu’il est ouvert, il permet également de monter à son sommet pour apprécier une superbe vue sur la ville. Le Palais Neuf, lui, est toujours ouvert à la visite et dévoile les anciens appartements des archevêques, richement décorés, et de remarquables collections d’art. Un véritable témoignage de la grandeur, de la richesse et de l’importance qu’avaient les archevêques dans la ville de Narbonne ! Je ne peux que vous conseiller de le visiter pour découvrir tout ceci. Même si vous ne souhaitez pas découvrir le palais, vous pouvez entrer librement dans la cour de l’Hôtel de Ville pour en voir davantage. Ce magnifique ouvrage est bien évidemment classé parmi les Monuments historiques dès 1840.






