Basilique Saint-Nicolas

Shutterstock

Voici l’emblème de Bari et l’un des monuments les plus importants du christianisme méditerranéen : la Basilique Saint-Nicolas. Avant d'entrer, regardez le portail principal. De chaque côté, les colonnes ne reposent pas sur le sol, mais sur le dos de bœufs sculptés dans la pierre. Selon la légende populaire, lorsque les marins de Bari ramenèrent les reliques de Saint-Nicolas au port en 1087, on chargea les ossements sur un chariot tiré par des bœufs pour les conduire en ville. Les bêtes avancèrent d'elles-mêmes, sans qu'on les guide, et s'arrêtèrent spontanément devant la petite église des Bénédictins, là où se dresse aujourd'hui cette basilique. On interpréta ce geste comme la volonté du saint lui-même de choisir son lieu de repos. En mémoire, les bœufs furent sculptés pour l'éternité à l'entrée du sanctuaire qu'ils avaient eux-mêmes désigné. Mais comment ces reliques sont-elles arrivées à Bari ? Lorsque Myra, ville de la Turquie actuelle, tomba aux mains des Turcs seldjoukides, soixante-deux marins barisiens profitèrent du chaos pour y forcer le tombeau du saint. En 1087, ils brisèrent le tombeau et s'emparèrent de ses ossements. Le 9 mai, les reliques entrèrent dans la rade de Bari sous les acclamations de toute la ville. Le pape Urbain II consacra la crypte deux ans plus tard. Quant aux représailles turques : il n'y en a eu aucune. Les moines gardiens furent ligotés mais libérés sains et saufs, et les Turcs seldjoukides, à peine installés, n'avaient ni la capacité ni l'intérêt de poursuivre des marins chrétiens en mer Adriatique. C’est dans la crypte que vous pourrez observer les reliques du saint, sous un autel d'argent. Ici, un mystère intrigue les visiteurs depuis des siècles. En effet, chaque année, une petite quantité d'eau limpide s’écoule du tombeau. C'est la manna, que les fidèles considèrent comme miraculeuse. En 1925, l'Université de Bari analysa ce liquide : une eau quasi pure, sans aucune trace d'infiltration extérieure, le sarcophage étant étanche. L'explication la plus vraisemblable est une condensation biologique : les os anciens, dans leur caveau scellé, libéreraient très lentement les dernières traces d'humidité organique qu'ils contiennent encore. Un phénomène rarissime, que vous pourrez observer chaque 9 mai. Et bonne nouvelle pour votre visite : l'entrée est entièrement gratuite, tous les jours de 7h à 20h30. D’ailleurs, en sortant de la Basilique, n’oubliez pas d’observer la grande silhouette en bronze à droite, c’est Saint-Nicolas le Thaumaturge. Réalisée par le sculpteur géorgien Zurab Tsereteli, elle fut offerte à Bari par la Russie en 2003, sur décision du patriarche orthodoxe Alexis II. Le saint tient le livre des Évangiles et trois sphères d'or, comme le veut sa représentation traditionnelle de saint. Il représente l’importance de ce lieu pour les pèlerins tant catholiques qu’orthodoxes qui viennent en grand nombre rendre culte aux restes de celui qui a donné naissance au Père Noël.

+1 million de voyages avec Ryo

Visitez les villes avec nos guides audios. Parcourez les plus belles rues, savourez chaque anecdote.

Google Play

Votre tempo, nos guides audio

Google Play