Cathédrale de San Sabino

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Vous vous trouvez sur la Piazza dell'Odegitria, devant la majestueuse Cathédrale San Sabino, l'un des monuments religieux les plus significatifs de Bari, bien que souvent éclipsée par sa voisine, la Basilique Saint-Nicolas qui attire l'attention des visiteurs depuis plus de neuf siècles. Pourtant, cette cathédrale mérite toute votre attention. Regardez d'abord la façade composée de pierre calcaire blanc-grise. Ici le style est sobre, pas d'or, pas d'ornement superflu. Trois portes du XIe siècle s'ouvrent au rez-de-chaussée, encadrées par des colonnes fines aux chapiteaux sculptés. Au-dessus, une grande rosace projette à l'intérieur un cercle de lumière sur les dalles. Mais le véritable détail caché, souvent ignoré par les visiteurs, se trouve juste au-dessus de la rosace : un linteau sculpté représentant des monstres et des créatures fantastiques, mi-lions, mi-serpents, entremêlés dans la pierre. Ce site est habité depuis le IVe siècle. Une première cathédrale normande fut érigée ici au XIe siècle, mais elle fut rasée par Guillaume le Mauvais en 1156, en même temps que la ville. L'archevêque Rainaldo la fit reconstruire pierre par pierre à la fin du XIIe siècle, en réutilisant les matériaux de l’édifice précédent. Consacrée en 1292, la cathédrale prend alors un aspect roman apulien, similaire à celui du Castello Svevo que vous avez peut-être visité. Sous la cathédrale, vous pouvez accéder à une impressionnante série de fouilles archéologiques, qui dévoilent une véritable ville cachée à six mètres de profondeur. Au niveau le plus bas, des mosaïques romaines en noir et blanc, aux motifs géométriques encore bien dessinés, révèlent une rue antique qui passait ici bien avant que l’on envisage la construction de l’église. Un étage plus haut, on découvre les vestiges d’une basilique paléochrétienne du VIe siècle, légèrement décalée par rapport à l’édifice actuel, comme en témoigne l’angle des murs. Dans l’une des mosaïques du pavage, les archéologues ont même retrouvé le nom de l’évêque Andrea, qui officia entre 758 et 761. Plus de mille deux cent soixante ans plus tard, son nom est encore visible sous vos pieds. Dans le musée voisin, un autre trésor vous attend : l'Exultet, un parchemin enluminé d'origine byzantine, daté du XIe siècle. Cet hymne, chanté en latin lors de la messe de Pâques, est unique par ses miniatures inversées. Ce n’est pas une erreur, mais bien une ingéniosité médiévale : lorsqu'un prêtre déroulait le rouleau pendant la lecture du texte en latin, les images étaient visibles à l'endroit pour les fidèles, qui ne comprenaient pas toujours le latin. Une manière astucieuse de rendre la lecture accessible tout en captivant l’attention des croyants. Mais le soin apporté au peuple ne s'arrêtait pas aux portes de l'église. En sortant, si vous continuez la visite et que vous vous écartez un peu du chemin pour voir l’arrière de la cathédrale, vous apercevrez un puits discret en pierre au pied du clocher. C'est la Cisterna Bona Sforza, la dernière survivante des douze citernes que fit construire au XVIe siècle Bona Sforza, duchesse de Bari et reine de Pologne, pour répondre à la pénurie d'eau chronique qui frappait les habitants. Sur sa façade était gravée cette inscription en latin : « Pauvres assoiffés, venez avec joie et sans argent : buvez l'eau que Bona, Reine de Pologne, a préparée pour vous. » Pendant plus de quatre siècles, les Baresi y ont puisé leur eau. Restaurée en 2023, cette citerne est aujourd'hui l'un des témoignages de ce que fut l'administration généreuse et éclairée de cette femme extraordinaire.

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