

©Daniele Pugliesi, CC BY-SA 4.0.
Devant vous s’élève le Palazzo d’Amelj, un palais baroque dont la façade en pierre claire s’étend sur plus de trente mètres. Il se distingue par sa grande balustrade en fer forgé, aux lignes courbes uniques dans la vieille ville. Ce palais est le résultat de la fusion de plusieurs maisons médiévales, rachetées et réunies au fil des siècles. La famille d’Amelj, d’origine française, s’installe à Bari au Moyen Âge et transforme ce bâtiment au XVIIIe siècle, lui donnant l’apparence baroque que l’on voit aujourd’hui. Derrière la façade, des vestiges médiévaux subsistent : arcs, colonnes et plafonds peints rappellent l’histoire du lieu, tandis qu’une petite chapelle privée et des fresques témoignent encore de la vie seigneuriale d’autrefois. Mais sa particularité réside à côté de son entrée, à seulement quelques mètres devant vous. En effet, incrustée dans cette façade, l’edicola de la Madonna del Lume, la Vierge de la Lumière, attire immédiatement le regard. Le tableau raconte une scène où tout se joue en même temps : en bas, un démon surgit des flammes, menaçant un jeune homme que la Vierge tire hors des ténèbres de la main droite. L’Enfant Jésus est sur son bras gauche, tandis qu’un ange, à droite, lui tend un panier rempli de cœurs enflammés, symbole des âmes des fidèles. Au sommet, des chérubins s’apprêtent à couronner la Vierge. L’histoire de cette image est fascinante : elle naît à Palerme en 1722, lorsqu’une femme pieuse décrit en extase une apparition de la Vierge au père jésuite Giovanni Antonio Genovesi. Celui-ci valide la vision et confie la réalisation du tableau à Nicola De Filippis, prêtre et peintre de Triggiano, près de Bari, qui le peint entre 1731 et 1740 en suivant fidèlement la description. Initialement placé dans l’église des Jésuites un peu plus loin dans la même rue, il est transféré ici sur la façade du palais lorsque l’église est transformée en caserne après la suppression de la Compagnie de Jésus en 1773. Depuis plus de deux siècles et demi, le tableau veille sur la rue, encore une preuve que le patrimoine de Bari s’expose directement dans ses ruelles.






