

©Enric, CC BY-SA 4.0.
Petit point minute art contemporain ! Si vous regardez autour de vous, vous allez peut-être remarquer deux œuvres surprenantes. L’une est monumentale et recouvre tout un bâtiment, l’autre se dresse tranquillement au milieu de la place. Ensemble, elles racontent une facette plus contemporaine de Bari, bien différente des églises et des palais historiques. Commençons par le bâtiment à votre droite, le Palazzo dell’Economia. Impossible de le manquer : sa façade est recouverte d’un immense motif noir et blanc en zigzag qui s’étend sur plusieurs étages. Beaucoup de visiteurs pensent qu’il s’agit d’un revêtement architectural d’origine… mais pas du tout. Cette façade est en réalité une œuvre de street art réalisée en 2013 par le duo d’artistes italiens Sten & Lex. Leur technique est assez spectaculaire. Ils ont d’abord collé sur toute la façade de grandes affiches imprimées avec un motif géométrique. Ensuite, ils ont découpé les lignes du dessin, puis arraché le papier. Le résultat : ce motif optique hypnotique qui transforme complètement le bâtiment. Les habitants de Bari ont même donné un surnom à l’immeuble : “lo Spigato Gigante”, autrement dit le grand chevron. Ce choix n’est pas un hasard. Dans les années 2000, le bâtiment avait été entièrement rénové, mais cette transformation avait été très critiquée à Bari. Plusieurs éléments de l’architecture originale avaient disparu et beaucoup estimaient que l’immeuble avait été défiguré. Le duo d’artistes s’est donc emparé de cette façade jugée ratée pour lui donner une nouvelle identité visuelle, transformant un bâtiment controversé en œuvre d’art monumentale. Maintenant, regardez en face de vous. Vous voyez cette statue de cheval ? Elle aussi mérite un petit arrêt. Cette sculpture s’appelle Cavallo con gualdrappa et elle a été réalisée en 1985 par l’artiste italien Mario Ceroli. Le cheval est recouvert d’une gualdrappa, une grande couverture décorative que l’on utilisait autrefois lors des cérémonies ou des parades. Mais il y a un détail qui intrigue toujours les visiteurs : où est le cavalier ? Dans les statues équestres traditionnelles, on voit presque toujours un roi, un général ou un héros. Ici, le cheval est seul. L’artiste s’amuse justement avec cette idée : il reprend la forme classique du monument équestre… mais enlève le personnage principal. On se retrouve donc face à un cheval prêt pour une cérémonie, comme s’il attendait quelqu’un qui ne viendra jamais. Finalement, Bari ce n’est pas que des églises et des façades impressionnantes, c’est aussi de l’art contemporain qui s’invite directement dans la rue.






