Torre della Santissima Annunziata

© Sailko, CC BY 3.0.

Cette haute tour est en réalité le campanile baroque d’un ancien couvent de sœurs dominicaines qui a traversé plusieurs siècles sans bouger contrairement à ce qui l’entourait auparavant. Ce grand couvent financé par les habitants de la ville accueillait des orphelines que l'on appelait les Oblates. Elles y étaient cloîtrées à vie et formées à la broderie et à la couture. En 1824, le couvent s'était enrichi au point de racheter l'immeuble voisin. Les sœurs ont alors fait construire un passage aérien étroit, le camminatoio, qui enjambe la ruelle pour relier les deux bâtiments. Elles pouvaient alors se déplacer sans jamais poser le pied dans la rue, au-dessus des têtes des Barèses. En 1899, les lois italiennes de suppression des congrégations religieuses chassent les sœurs du jour au lendemain. Le couvent devient aussitôt une maison de retraite pour femmes invalides. Et ce jusqu’en 1945. Un mois avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le cargo américain Charles Henderson, amarré au port, explose en fin de matinée. À son bord, près de sept mille tonnes de bombes et de munitions. La colonne de fumée monte à trois cents mètres. Les débris de fer atteignent quinze kilomètres à la ronde et les vitres de tout Bari Vecchia explosent. Trois cent dix-sept personnes meurent, peut-être davantage. Le couvent est dévasté. Les Alliés imposent le silence et pendant quatre jours, aucun journal ne peut en parler. La cause exacte de l'explosion n'a jamais été officiellement établie. Et quand finalement en 1955 la mairie rase les ruines, seule la tour est épargnée. Aujourd'hui, dans ce qui reste du bâtiment, des associations accueillent toujours des enfants en difficulté, comme un hommage aux fonctions premières de l’édifice.

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