Histoire de Kyoto

Profitons de ce moment où nous avançons dans la rue Kinoshitacho pour faire un bond dans le passé, et découvrir l’histoire de l’ancienne capitale japonaise. Kyoto, fondée en 794 sous le nom de Heian-kyō, Capitale de la Paix, par l'empereur Kanmu, fut la capitale impériale du Japon pendant plus de 1000 ans, jusqu'en 1868. Elle a été construite selon un plan inspiré des anciennes capitales chinoises, avec des rues en quadrillage et un palais central, pour organiser la ville de façon harmonieuse. Elle a connu son apogée durant la période Heian, entre le VIIIe et le XIIe siècle, quand la culture japonaise a commencé à se développer de manière unique. Avant cette époque, les Japonais ne disposaient pas encore de leur propre système d’écriture. Ils utilisaient donc les caractères chinois, et le chinois classique pour rédiger les textes officiels et savants, surtout dans les milieux masculins de la cour. Peu à peu, un système plus simple apparaît : les hiragana, une écriture phonétique dérivée des caractères chinois, qui permet de transcrire plus facilement la langue parlée. Elle est notamment utilisée par les femmes, qui n'avaient généralement pas accès à l’enseignement du chinois classique et écrivaient davantage en japonais. C'est à cette période qu'est apparu le célèbre roman Le Dit du Genn jee, considéré comme le premier roman du monde. ll a été écrit par Murasaki Shikibu, une dame de cour de l’époque, qui le rédige justement en hiragana, avec une attention nouvelle portée aux émotions, aux relations et à la vie quotidienne. Dans le même esprit apparaissent aussi à ce moment-là les premières peintures Yamato-e, qui représentaient des paysages, des saisons et des scènes de la vie japonaise. C’est donc le moment où le Japon a vraiment commencé à créer sa propre culture, avec sa littérature, son écriture et son art. A la fin du XIIe siècle, le pouvoir politique commence à quitter Kyoto. Un gouvernement militaire, appelé shogunat, s'installe à Kamakura. L’empereur reste à Kyoto, mais le vrai pouvoir passe désormais entre les mains des chefs militaires. L'ancienne capitale demeura cependant le cœur culturel et spirituel du pays. Entre le XIVe et le XVIIe siècle, Kyoto connut un essor artistique remarquable. Le bouddhisme zen s’y développe fortement et inspire la création des jardins secs, les karesansui, où quelques pierres et du sable suffisent à évoquer des paysages entiers. C’est aussi à cette époque que la cérémonie du thé prend forme et devient peu à peu un symbole du raffinement japonais. De grands monuments datent de ces périodes, comme le Kinkaku-ji, le Pavillon d’Or, et le Ginkaku-ji, le Pavillon d’Argent. Mais cette dynamique est brutalement interrompue par la guerre d’Ōnin, entre 1467 et 1477, qui opposa les forces rivales de deux grandes familles samouraïs de Kyoto, les Hosokawa et les Yamana. Ce conflit interne majeur dévasta la ville, détruisant temples, palais et quartiers résidentiels, et marqua le début d’une longue période d’instabilité connue sous le nom de Sengoku, l’ère des provinces en guerre. Celle-ci s’est progressivement terminée grâce à l’ascension de chefs de guerre puissants qui ont réussi à unifier le Japon. D’abord Oda Nobunaga, puis Toyotomi Hideyoshi, et enfin Tokugawa Ieyasu, après sa victoire en 1600. Ce dernier établit le shogunat Tokugawa, une période de paix et de stabilité politique qui dura plus de 250 ans, mais durant laquelle le Japon choisit aussi de se fermer largement au monde extérieur. Au milieu du XIXe siècle, le Japon est contraint de s’ouvrir sous la pression des États-Unis. Cette ouverture forcée fragilise le shogunat et crée de fortes tensions internes. Quelques années plus tard, en 1868, cela mène à la restauration de Meiji : le pouvoir est rendu à l’empereur et le Japon entre dans une période de modernisation rapide pour rattraper les puissances occidentales et éviter de subir le même sort que d’autres pays d’Asie colonisés. Miraculeusement épargnée des bombardements de la Seconde Guerre mondiale grâce à sa valeur patrimoniale inestimable, Kyoto est aujourd'hui la seule grande ville japonaise à avoir préservé intégralement son architecture traditionnelle, abritant plus de 2 000 temples et sanctuaires dont 17 sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, faisant d'elle l'incarnation vivante de mille ans de civilisation japonaise.

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