Statue d'Izumo-no-Okuni

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La statue qui se trouve ici rend hommage à la femme qui a donné naissance au kabuki, l’un des grands arts du Japon. Izumo-no-Okuni, prêtresse d’un sanctuaire shinto née vers la fin du XVIe siècle, arrive à Kyoto vers 1600 et commence à y présenter des spectacles totalement nouveaux, mêlant danse rituelle, chant, humour et jeu théâtral, souvent en costume masculin, ce qui choque autant que cela fascine. C’est ce style audacieux, appelé plus tard Okuni kabuki, qui marque la naissance officielle du kabuki en 1603, une forme de théâtre où se mêlent danse, musique et comédie. La statue la représente en pleine pose de danse, un sabre posé sur l’épaule et un éventail ouvert à la main, deux symboles du kabuki qui combinent l’élégance du geste et la force du drame, tandis que le chapelet chrétien autour de son cou rappelle l’influence européenne, dite nanban, très présente au Japon à son époque. Okuni connut un succès immense, jouant à Kyoto, puis à Edo devant le shogun, avant de disparaître mystérieusement des sources historiques après 1607. Elle serait, selon la tradition, devenue nonne sous le nom de Chigetsuni. Ironie de l’histoire, quelques décennies après sa mort, le shogunat interdit les femmes sur scène, et le kabuki devient un art exclusivement masculin, même si ce sont des hommes qui y jouent désormais les rôles féminins, appelés onnagata. La statue actuelle, installée en 1994 pour commémorer les 400 ans du kabuki, rappelle que tout est né ici, sur les rives de la Kamogawa et autour de Shijō, dans ce quartier populaire où se mêlaient déjà spectacles, foules et plaisirs urbains. Elle incarne l’esprit libre et créatif qui a transformé une danse de rue en un art reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

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