

©Zairon BY-SA 4.0
Sur votre droite se dresse le théâtre Minami-za. Fondé au début de l’époque Edo, dans les années 1610, il fait partie des tout premiers théâtres officiellement autorisés par le shogunat pour accueillir le kabuki. À l’époque, les berges de la Kamogawa étaient un vaste quartier de spectacles et de loisirs, où se côtoyaient sept théâtres, dont Minami-za était le « théâtre du sud ». Tous les autres ont disparu au fil du temps, et depuis 1893, Minami-za est le seul survivant de cette époque, ce qui en fait le plus ancien théâtre kabuki du Japon encore en activité au même emplacement. Le bâtiment que l’on voit aujourd’hui date de 1929, avec son style inspiré de l’époque Momoyama, reconnaissable à ses grands pignons et à sa tourelle qui trône sur le toit. Cette petite tour, ornée du blason de la compagnie Shōchiku qui gère le théâtre, est un ancien symbole d’autorisation officielle, visible autrefois sur tous les théâtres kabuki. L’événement le plus célèbre du Minami-za est le Kaomise, chaque mois de décembre, une grande série de représentations qui réunit les vedettes du kabuki venues de Tokyo et de la région du Kansai, et marque traditionnellement la fin de l’année à Kyoto. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, ce rendez-vous n’a jamais été interrompu. Aujourd’hui, avec ses mille places, ses loges traditionnelles sur tatami, ses boutiques de douceurs japonaises et ses bento pour les entractes, le Minami-za reste à la fois un monument historique et un théâtre bien vivant.






