

©Daderot CC0 1.0
Imaginez un instant : vous êtes au bord de la rivière Kamo, les lanternes commencent à s’allumer, et juste ici se cache l’un des lieux les plus secrets de Kyoto… le Pontochō Kaburenjo. C’est le théâtre du quartier, l’un des cinq quartiers de geiko de la ville, où les maiko et geiko s’entraînent, répètent et montent sur scène depuis plus d’un siècle. Le bâtiment que vous voyez date de 1927. À l’époque, c’était de la haute technologie : béton armé, plusieurs étages, grandes salles, le tout dessiné par Tokusaburo Kimura, un spécialiste des théâtres. On voulait un lieu moderne, mais avec une âme japonaise. Regardez la façade : ces petits carreaux striés, un peu rugueux, étaient ultra-tendance dans les années 20. Et tout en haut, il y a une tuile spéciale avec un masque de danse ancienne, comme un petit esprit protecteur chargé de veiller sur les artistes. Chaque printemps, ce théâtre s’anime avec le Kamogawa Odori : un grand spectacle où les geiko et maiko de Pontochō dansent, jouent des scènes poétiques et célèbrent Kyoto, ses saisons et sa rivière. Ce spectacle existe depuis 1872, ce qui en fait l’un des plus anciens de la ville. Même si vous n’entrez pas aujourd’hui, vous êtes pile à l’endroit où, depuis plus de 150 ans, les arts traditionnels continuent de vivre.






