

©Сергей Алексеев, CC BY 3.0
Le Musée de l’Occupation de Lettonie, fondé en 1993, a pour mission de raconter ce que le pays et sa population ont vécu sous les régimes totalitaires entre 1940 et 1991. En raison de la position stratégique de la Lettonie sur la mer Baltique, l’URSS l’envahit sans déclaration de guerre en juin 1940 pour des “raisons de sécurité”. S'ensuivent des arrestations massives et la déportation de plus de 15 000 personnes en juin 1941 vers la Sibérie et le Kazakhstan. Le 22 juin de l’année 1941, l'Allemagne nazie envahit l'URSS, occupant rapidement la Lettonie. Cette période est tragiquement marquée par la Shoah en Lettonie, où près de 70 000 Juifs sont tués, notamment dans des exécutions de masse comme en 1941 à Rumbula, à proximité de Riga. La population juive est presque complètement anéantie, et des ghettos sont établis à Riga, Dvinsk et Liepāja. Après la défaite nazie, l'Armée rouge reprend la Lettonie en 1944, et le pays devient à nouveau une République soviétique. Durant cette période, la Lettonie subit des répressions supplémentaires, avec la déportation de 43 000 personnes en 1949. La russification forcée et la résistance armée de la guérilla lettonne des « Frères de la forêt » défendant l’indépendance marquent cette occupation. Le mouvement pour l'indépendance gagne en force dans les années 1980, culminant avec la restauration de l'indépendance en 1991. Le musée, aujourd’hui installé dans un bâtiment construit à l’origine par les Soviétiques comme lieu de propagande, présente des dizaines de milliers d’objets, d’archives et de témoignages filmés de déportés, de résistants et de survivants. Juste à côté se trouve le mémorial des victimes des déportations soviétiques, inauguré en 2021. Il prend la forme d’un mur symbolique à deux faces. La devanture en face de vous est décorée de motifs inspirés des couvertures traditionnelles lettones. Passez maintenant de l’autre côté pour découvrir la reproduction du mouchoir brodé de Mērija Stakle, une déportée lettone envoyée en Sibérie. Durant sa captivité, elle a brodé clandestinement les noms et signatures de 88 de ses compagnons de misère. Elle utilisait des fils tirés de ses propres vêtements pour résister face à un système qui cherchait à effacer l'existence des déportés. Vous pourrez observer l’original du mouchoir exposé au Musée de l'Occupation de Lettonie.






