Histoire de la Martinique

Installez- vous confortablement sur l’un des bancs de la rue, pour découvrir comment l'histoire fascinante de la Martinique a débuté. Avant l’arrivée des Européens, l’île était habitée par le peuple autochtone Arawak, installé depuis plus de 2000 ans autour de la montagne Pelée, profitant de la fertilité de cette zone volcanique et des eaux poissonneuses de la mer. Vous pouvez d'ailleurs admirer leurs poteries finement décorées au musée d'archéologie précolombienne que nous avons croisé. Un millénaire plus tard, le peuple Caraïbe s'installa également sur l'île. Contrairement aux récits des premiers chroniqueurs européens qui les décrivaient comme des cannibales ayant exterminé les Arawaks, les recherches modernes ont démontré que cette vision était une invention coloniale pour justifier la conquête. En 1502, Christophe Colomb accoste sur l’île, mais elle figure déjà sur une carte espagnole de 1500 sous le nom de "l'île aux Iguanes". Son nom actuel "Martinique" viendrait de "Matinino", signifiant soit "l'île aux fleurs" en langue autochtone, soit "petite Saint-Martin" en espagnol. L’Histoire de la Martinique s’inscrit dans la tourmente de la découverte du Nouveau Monde et de la course aux richesses dont il recèle. Au départ, seuls les Espagnols et les Portugais se partagent les territoires du Nouveau Monde, grâce à la bulle papale du traité de Tordesillas. Mais dès le XVIe siècle, Français, Anglais et Hollandais entrent à leur tour dans la course aux richesses. À la fin du siècle, le monopole espagnol est rompu. En 1635, Belain d'Esnambuc débarque sur la côte ouest de la Martinique avec une centaine d’hommes mandatés par le colonel Richelieu. Les peuples autochtones, malgré leur résistance, sont progressivement repoussés vers la presqu'île de la Caravelle avant d'être presque entièrement exterminés. La compagnie des îles d'Amérique comprend vite que le succès de l’exploitation de l’île passera par la canne à sucre, une denrée très recherchée en Europe. Le problème, c’est qu’il faut des bras et que le sucre demande beaucoup de travail. Face à ce besoin massif de main-d'œuvre, commence alors le tristement célèbre commerce triangulaire. En moins d'un siècle, plus de 100 000 Africains sont déportés vers la Martinique. Les plantations, aussi connues sous le nom d’habitations, sont confiées à des aristocrates ayant des envies d’aventure. En 1664, Louis XIV confie la gestion des Antilles à une nouvelle entreprise privée : la Compagnie des Indes orientales, et rédige le fameux “Code Noir”, pour établir des règles entre colons et esclaves. Tandis que les planteurs s’enrichissent, les esclaves subissent violences, privations et mortalité élevée. On estime que sous Louis XIV, environ 400000 personnes vivent en France grâce à la traite des noirs et du commerce fructueux avec les Antilles. La Martinique devient l’une des possessions les plus précieuses de la France, ce qui explique que les Anglais ont essayé de lui piquer si souvent ! La vie quotidienne est marquée par les révoltes d'esclaves, les guerres coloniales et les conflits entre planteurs.En 1848, l’esclavage est finalement aboli, et l’Europe découvre qu’elle peut tirer du sucre à partir de la betterave. Les planteurs tentent de faire venir des travailleurs libres, venus d’Inde ou d’Asie, mais beaucoup font faillite. De nombreuses habitations se reconvertissent et se tournent vers un marché beaucoup plus rentable : le rhum. Au XXe siècle, la Martinique devient le premier exportateur de rhum du monde. Mais la transition vers la liberté ne se fait pas du jour au lendemain et ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, autrefois réduits au travail forcé, doivent se réinventer, reconstruire leur identité et faire face aux discriminations. Aujourd’hui, la période de l’esclavage en Martinique est profondément commémorée et largement enseignée, pour sensibiliser les nouvelles générations au sort de leurs ainés. L’abolition de l’esclavage joue un grand rôle dans le métissage actuel de la Martinique, puisqu’il entraina de grandes vagues d’immigration, pour pallier le manque de main-d’œuvre. Différentes communautés venues d’Inde, de Chine, de Syrie ou des Caraïbes, ont rejoint les côtes de l’île aux fleurs, apportant avec eux leurs richesses, leurs coutumes et leurs saveurs, offrant à la Martinique la complexité culturelle qu’on lui connait aujourd’hui. Voilà pour la longue parenthèse historique.

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