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Le Musée de la Chanson yucatèque attire d’abord le regard par la couleur singulière de sa façade, peinte dans un bleu turquoise lumineux typique. Installé dans un bâtiment colonial de 1909, construit à l’origine comme école, le musée a ouvert ses portes en 1978 grâce à Rosario Cáceres Baqueiro de Manzanilla, petite-fille de Ricardo Palmerín, figure fondatrice de la trova yucatèque. La trova yucatèque est un genre musical né à la fin du XIXe siècle dans la péninsule du Yucatán, mêlant influences locales, musique romantique européenne et rythmes venus de Cuba. Elle se caractérise par des chansons intimistes, souvent interprétées par des trios de guitares, aux paroles poétiques parlant d’amour, de nostalgie et de sentiments profonds. Héritière des sérénades et des soirées musicales populaires à Mérida, la trova est devenue l’un des symboles culturels les plus forts de la région, portée par des compositeurs comme Ricardo Palmerín, Guty Cárdenas ou plus tard Armando Manzanero. Mais revenons-en à notre musée. À l’intérieur, le parcours retrace l’histoire de la chanson yucatèque, depuis les instruments préhispaniques et coloniaux jusqu’aux grands compositeurs des XIXe et XXe siècles. Huit salles présentent portraits, instruments, partitions originales, objets personnels et documents rares, offrant une plongée sensible dans une musique profondément liée à l’identité locale. Plus qu’un simple musée, le lieu est aussi un espace vivant, avec concerts, récitals, conférences et rencontres, perpétuant une tradition musicale encore très présente dans la vie culturelle de Mérida.






