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Devant vous s’ouvre le barrio de San Juan, l’un des plus anciens quartiers de Mérida, né au XVIe siècle alors que la ville s’arrêtait ici, aux portes du sud. Le parc et l’église se sont développés autour d’un premier ermitage construit en 1552, à la suite d’une invasion particulièrement destructrice de sauterelles qui ravagea les récoltes autour de Mérida. Les habitants, alors peu nombreux et installés hors des murs de la ville, firent le vœu de placer le lieu sous la protection de San Juan Bautista, pour lutter contre le fléau. Selon les chroniques coloniales, les prières furent suivies d’un apaisement rapide de la catastrophe, ce qui renforça la conviction d’un miracle. L’église actuelle, de style baroque colonial, date de 1770 ; regardez ses deux tours et sa façade richement décorée, symbole du quartier. De l’autre côté du parc, l’Arco de San Juan marque l’ancienne limite entre la ville des Espagnols et les quartiers indigènes : c’était aussi le point de départ du Camino Real vers Campeche. Le parc, officiellement appelé Parque Velázquez, est un lieu de vie paisible, apprécié des habitants. En son centre se trouve une surprenante fontaine venue de Paris : surnommée « la Negrita », cette statue en bronze représentant une femme portant une jarre a beaucoup fait parler d’elle à son arrivée au XIXe siècle, jugée trop audacieuse pour l’époque. San Juan est aussi un quartier engagé : c’est ici que se réunissaient les Sanjuanistas, un groupe libéral qui joua un rôle clé dans le mouvement vers l’indépendance du Yucatán. Aujourd’hui encore, le parc s’anime lors des grandes fêtes, notamment le 24 juin pour San Juan Bautista et, fin octobre, lors du spectaculaire Paseo de las Ánimas, une grande procession organisée lors de la Fête des Morts.






