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Ce petit parc fait partie du tracé urbain original de la ville coloniale : dès les premiers plans, il apparaît comme un espace public destiné à structurer la vie quotidienne autour du centre. Au fil du temps, il a changé de nom et de fonction. Longtemps, on l’a appelé la Plazuela del Jesús, en lien avec l’église voisine. Puis, au XIXᵉ siècle, il devient progressivement “Parque Hidalgo”, un nom officialisé en 1877, même si beaucoup de Méridanos continuent à l’appeler Parque Cepeda Peraza, à cause du monument central dédié au général Manuel Cepeda Peraza. Ce militaire et homme politique est une figure importante de l’histoire régionale : un républicain célébré pour son rôle lors des conflits du XIXᵉ siècle, et honoré ici depuis 1896, au cœur du parc. Aujourd’hui, son nom fait référence à deux interprétations possibles. Officiellement, le parc rend hommage à Miguel Hidalgo y Costilla, le prêtre considéré comme le père de l’indépendance du Mexique, à l’origine du soulèvement de 1810 contre la domination espagnole. Mais selon plusieurs historiens locaux, il pourrait aussi évoquer les « Hidalgos » du Yucatán, des Mayas enrôlés par le gouvernement pendant la Guerre des Castes, qui se réunissaient probablement par ici. Ces « Hidalgos » n’étaient pas des nobles au sens classique, mais des Mayas auxquels le gouvernement yucatèque attribua ce titre à partir de 1848, pour les encourager à combattre les insurgés mayas. On estime qu'entre 9 000 et 10 000 Hidalgos furent recrutés, formant une force militaire considérable. Malgré leur titre et leur loyauté au gouvernement, beaucoup furent tout de même victimes d'abus, emprisonnés, et même vendus comme esclave à Cuba. Cette page d’histoire rappelle que derrière le nom tranquille de ce parc se cache un épisode complexe et douloureux du Yucatán. Aujourd’hui, en tout cas, on s’y installe volontiers sur les célèbres chaises confidentes, devenues emblématiques de Mérida. Disposées par paires, peintes en blanc, elles sont conçues pour que deux personnes puissent s’asseoir face à face tout en restant côte à côte, une position idéale pour discuter tranquillement à l’ombre. Apparues à la fin du XIXᵉ siècle, à une époque où la ville s’inspire des modes européennes, ces chaises favorisent les échanges et les conversations du soir, lorsque la chaleur retombe. De quoi faire une paisible pause dans votre visite !






