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En passant dans la rue Apotekergata, on pourrait presque passer à côté de ce lieu sans savoir que se cache ici l’un des intérieurs les plus surprenants d’Ålesund. D’ailleurs, le nom de la rue donne déjà un indice : « apotek » signifie pharmacie en norvégien. C’est ici que se trouvait autrefois l’une des pharmacies les plus connues de la ville, la pharmacie du Cygne. En effet, vous ne pouvez pas passer à côté du cygne qui brille au-dessus de la porte. À l’époque médiévale, les pharmacies n’avaient pas de numéro ou d’enseigne comme aujourd’hui. Elles portaient le nom d’un animal ou d’un symbole pour être facilement identifiables par une population souvent peu lettrée. "La Pharmacie de l’Aigle", "de l’Ours" ou "du Lion", ces enseignes avaient un pouvoir évocateur fort. Et en Norvège, le cygne était l’un des symboles les plus prisés. Pourquoi le cygne ? C’est simple, il était perçu au Moyen Âge comme un animal sage et prévoyant, symbolisant l’intelligence. Autant de vertus de sagesse et de propreté qui en faisaient le choix idéal pour identifier une officine de santé digne de confiance. Regardez bien la façade du bâtiment, vous y trouverez des références aux cygnes sur les portes et aux fenêtres. D’ailleurs derrière cette porte se trouve aujourd’hui le Jugendstilsenteret, le musée consacré à l’architecture et à l’histoire d’Ålesund, installé dans l’un des bâtiments reconstruits après le grand incendie de 1904. C’est l’endroit idéal pour comprendre pourquoi la ville a un style si particulier, avec ses façades décorées, ses tours et ses détails inspirés de l’Art nouveau. À l’intérieur, la visite commence par une présentation immersive de l’incendie et de la reconstruction de la ville, avant de plonger dans l’univers architectural du début du XXe siècle. Maquettes, photos anciennes et mises en scène permettent de mieux imaginer à quoi ressemblait Ålesund avant et après la catastrophe. Mais la cerise sur le gâteau c’est que l’ancienne pharmacie du Cygne a été conservée presque telle qu’elle était à l’époque. Avec ses boiseries, ses vitrines et ses tiroirs d’origine, elle donne un aperçu très concret de la vie quotidienne dans les premières années de la nouvelle ville. Le billet donne aussi accès au bâtiment voisin, relié au musée, où l’on trouve des expositions d’architecture et d’art contemporain. Cela permet d’élargir un peu la visite et de faire le lien entre la ville d’hier et celle d’aujourd’hui. La visite est payante, mais si vous aimez comprendre l’histoire des lieux que vous visitez et que vous avez un faible pour les courbes de l’Art nouveau, elle vaut vraiment le détour.






