
La Petite Sirène de Copenhague : histoire, visite et alentours en 2026
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Elle mesure à peine 1,25 mètre. Régulièrement vandalisée, décapitée, peinte en rouge, noyée sous des slogans politiques, elle a malgré tout voyagé jusqu'à Shanghai pour représenter le Danemark. La petite sirène Copenhague reste pourtant l'attraction que des millions de visiteurs viennent chercher chaque année au bord de l'eau, quitte à repartir surpris par sa discrétion. C'est peut-être la sculpture la plus célèbre du monde à ne pas ressembler à ce qu'on imaginait. Ce guide vous dit tout : son histoire, ses mesures exactes, comment y accéder depuis le centre-ville, les meilleurs angles pour la photographier, et comment organiser une matinée complète dans ce quartier du port danois. Pour explorer le reste de la ville, le parcours audioguidé Ryo La perle scandinave vous emmène sur 8 km à travers les quartiers emblématiques.
Une statue née d'une passion : l'histoire de la Petite Sirène
Tout commence en 1909, à l'Opéra royal de Copenhague. Carl Jacobsen, brasseur fortuné de la dynastie Carlsberg et fondateur du musée Glyptotek, assiste à un ballet inspiré du conte d'Hans Christian Andersen. La danseuse principale, Ellen Price, lui fait une impression si forte qu'il commande immédiatement une œuvre à son image. Il contacte le sculpteur Edvard Eriksen, qui accepte, à une condition : sa femme, Eline, posera pour le corps, car Ellen Price refuse de poser nue.
Eriksen travaille pendant deux ans sur la sculpture. Il fond la sirène dans le bronze, assise sur un rocher granitique à l'entrée du port. Le 23 août 1913, l'œuvre est inaugurée discrètement, sans cérémonie publique. Jacobsen l'offre à la ville de Copenhague, qui en devient propriétaire. La famille Eriksen, elle, conserve les droits d'image, un détail qui aura son importance plus tard.
Dès les premières décennies, la statue attire les foules. Dans les années 1930, elle est déjà identifiée comme le symbole principal de la capitale danoise sur les cartes postales. Ce n'est pourtant pas un monument imposant, rien de spectaculaire au premier regard. Sa force vient d'autre chose : une posture mélancolique, une position au ras de l'eau qui oblige à s'en approcher, une présence intimiste qui tranche avec les statues triomphantes des grandes villes européennes.
Aujourd'hui, la sculpture figure parmi les monuments les plus photographiés du monde. Elle apparaît aussi en bonne place dans les listes des « déceptions touristiques », et pourtant les visiteurs continuent d'affluer. Ce paradoxe dit quelque chose d'essentiel sur la relation entre mythe, attente et réalité dans le tourisme contemporain.
Hans Christian Andersen : le conte qui a tout déclenché
Sans Andersen, pas de statue. Le conte « Den lille Havfrue » (La petite sirène (Langelinie, 2100 Copenhague, noté 4.1/5 sur Google pour 37 098 avis)) est publié en 1837, dans un recueil pour enfants. L'auteur, natif d'Odense mais adopté par Copenhague, y raconte l'histoire d'une sirène qui renonce à son monde marin pour rejoindre celui des humains, par amour pour un prince. La fin n'est pas celle que Disney popularisera 152 ans plus tard : chez Andersen, l'héroïne ne conquiert pas le prince, elle se dissout en écume de mer.
Ce dénouement tragique est essentiel pour comprendre la posture de l'œuvre d'Eriksen. La mélancolie qu'il exprime dans le bronze n'est pas accidentelle, elle traduit fidèlement l'atmosphère du conte original, cette acceptation du sacrifice sans récompense. Andersen s'est inspiré, selon certains biographes, de ses propres expériences amoureuses non partagées.
La ville honore son écrivain partout : sa statue trône sur la place de l'Hôtel de Ville, son ancien appartement de Nyhavn est signalé par une plaque, et son musée natal d'Odense attire chaque année des milliers de visiteurs. La sculpture du port reste cependant son héritage le plus visible à l'échelle internationale.
Symbole, vandalismes et voyages : une statue pas comme les autres
La Petite Sirène a une histoire tourmentée. Le premier acte de vandalisme date d'avril 1964 : la tête est sciée pendant la nuit, et ne sera jamais retrouvée. Eriksen avait heureusement conservé le moulage original ; une nouvelle tête est coulée et refixée la même année. En 1984, c'est le bras droit qui est sectionné, puis récupéré et rescellé. En 1998, nouvelle décapitation. En 2003, l'œuvre est arrachée de son rocher à l'explosif et jetée dans le port.
Ces actes répétés semblent motivés par des raisons très différentes : militantisme politique pour certains, recherche de notoriété pour d'autres, ou simple rejet symbolique du tourisme de masse. Les autorités danoises ont fini par installer des caméras de surveillance, et une barrière submergée dans l'eau rend l'approche nocturne plus difficile.
Au-delà des vandalismes, la statue a aussi « voyagé ». En 2010, pour l'Exposition universelle de Shanghai, le Danemark décide de l'envoyer en Chine, une première : la version visible au port quitte son rocher pendant six mois, remplacée par une installation vidéo de l'artiste Ai Weiwei. La décision provoque un tollé dans la presse danoise. En 2016, une copie est exposée lors de l'Expo de Milan. Ces voyages diplomatiques illustrent le poids symbolique de l'œuvre : elle n'est plus une simple statue locale, elle est devenue un objet de soft power national.
Les droits d'image posent aussi problème. La famille Eriksen a longtemps exigé des redevances pour toute reproduction commerciale. Pendant des décennies, il était interdit de publier des photos de la sirène sans payer. Ce n'est qu'après l'entrée de l'œuvre dans le domaine public, 70 ans après la mort du sculpteur, que la question s'est partiellement résolue, bien que des subtilités juridiques persistent selon les usages.
La statue en chiffres : taille, poids, matériaux
Quelques données concrètes pour calibrer votre visite :
- Hauteur : 1,25 mètre (sans le rocher)
- Poids : 175 kilogrammes
- Matériau : bronze coulé, patiné par le temps et l'air marin
- Rocher : granit naturel, immergé partiellement à marée haute
- Année de création : 1913
- Sculpteur : Edvard Eriksen (1876-1959)
- Propriétaire : ville de Copenhague
La petitesse de l'œuvre est souvent citée comme la principale « déception ». Cette réaction est compréhensible : les photos en contre-plongée la grandissent considérablement. Vue en vrai, depuis la promenade de Langelinie, elle paraît presque fragile. C'est précisément ce contraste entre réputation mondiale et discrétion physique qui en fait un objet touristique fascinant à analyser.
Comment se rendre à la Petite Sirène : accès et localisation
La statue est installée sur la promenade de Langelinie, dans le quartier portuaire nord de Copenhague, à environ 2,5 km du centre-ville. L'adresse exacte est Langelinie, 2100 Copenhague Ø.
En bus : la ligne 26 part de la Mairie (Rådhuspladsen) et s'arrête à « Folke Bernadottes Allé », comptez 20 minutes. De là, 10 minutes à pied le long du port.
À pied : depuis Nyhavn (le canal coloré), la promenade dure 25 à 30 minutes en longeant le front de mer. C'est l'option recommandée : le parcours est agréable, vous longez les fortifications de la Citadelle (Kastellet) et vous arrivez par le côté est, avec la lumière du matin.
En vélo : Copenhague est une ville de vélos. La promenade Langelinie est accessible depuis le centre en moins de 15 minutes. Des stations de vélos en libre-service (Donkey Republic, Bycyklen) sont disponibles près de Nyhavn.
La Citadelle comme point de jonction : si vous avez du temps, entrez dans le Kastellet (l'étoile fortifiée du XVIIe siècle, entrée gratuite) avant d'atteindre le rocher. La sculpture se trouve à quelques centaines de mètres au nord de la citadelle, au bord de l'eau.
Pour organiser votre journée à Copenhague autour de ce quartier, le guide audio Ryo La perle scandinave couvre 29 points d'intérêt sur 8 km, y compris ce secteur du port.
Les meilleures heures pour visiter (et photographier) la statue
La statue est accessible 24h/24, 7j/7, et l'entrée est gratuite. Mais le moment choisi change radicalement l'expérience.
Tôt le matin (7h-9h) : c'est la fenêtre idéale. Peu de monde, lumière rasante sur le bronze, reflets dans l'eau du port. En été, le soleil se lève tôt à Copenhague (avant 5h en juin), ce qui donne des conditions photographiques exceptionnelles dès l'aube. Le visage tourné vers l'est capte bien la lumière du matin.
En semaine : même en haute saison (juillet-août), un mardi ou mercredi matin vous garantit un accès sans foule. Le week-end, des dizaines de personnes se succèdent en permanence pour la photo.
Ce qu'on ne vous dit pas : la sculpture est entourée d'eau sur trois côtés, le rocher n'étant accessible que par l'arrière depuis la promenade. Pour une photo sans touristes, cadrez serré en isolant la figure sur fond de mer : un téléobjectif ou le mode portrait de votre smartphone suffit.
En hiver : la promenade de Langelinie est quasi déserte de novembre à mars. La lumière basse et la brume sur le port donnent des photos d'une qualité différente, plus dramatiques. Habillez-vous chaudement, le vent du nord peut être violent.

Autour de la statue : Langelinie et la promenade du port
La promenade de Langelinie s'étend sur environ 2 km au nord du rocher. C'est l'un des espaces publics les plus agréables de Copenhague, fréquenté par les joggers locaux et les familles le week-end.
Juste au sud, le Kastellet est une forteresse en étoile à cinq branches, construite en 1626 sous Christian IV. Elle est encore partiellement en activité (c'est une base militaire), mais les douves et remparts sont librement accessibles. Une heure suffit pour en faire le tour ; les saules pleureurs qui bordent les douves sont particulièrement beaux au printemps.
Entre les deux se trouve la Fontaine de Gefion (Churchillparken, 1263 Copenhague, noté 4.6/5 sur Google pour 2 883 avis) (Gefionspringvandet), inaugurée en 1908. Elle représente la déesse nordique Gefjun labourant la terre avec des bœufs : selon la légende, elle a ainsi créé l'île de Zélande où se trouve Copenhague. Grande et animée, elle contraste avec la sobriété de la sirène à quelques centaines de mètres.
Un peu plus au sud, le musée de la Résistance danoise (Frihedsmuseet) retrace l'occupation allemande et la résistance entre 1940 et 1945. L'accès est gratuit. En 2013, le bâtiment d'origine a brûlé ; la reconstruction a duré jusqu'en 2020. Le musée actuel, modernisé, est l'un des mieux documentés d'Europe sur la période.
Cet ensemble (statue, Kastellet, Gefion, musée de la Résistance) forme une demi-journée très cohérente, sans transport nécessaire entre les étapes. Pour les activités incontournables au-delà de ce quartier, consultez le top des activités à faire à Copenhague.
Copenhague à pied depuis la Petite Sirène : 5 étapes vers le centre
Depuis le rocher, le centre historique de Copenhague est accessible en 30 à 40 minutes à pied en longeant le front de mer. Voici un itinéraire logique qui enchaîne les sites sans doublons.
Étape 1, Langelinie : point de départ. Prévoyez 20 minutes sur place, davantage si vous photographiez. Ne cherchez pas un accès depuis l'eau : la vue depuis la promenade surélevée est la meilleure.
Étape 2, Fontaine de Gefion et Kastellet : 10 minutes à pied vers le sud. Consacrez 45 minutes à la forteresse si vous entrez, 10 minutes si vous vous contentez du tour extérieur.
Étape 3, Nyhavn : le canal aux maisons colorées est à 25 minutes à pied au sud du Kastellet. C'est le cœur touristique de la ville : terrasses de cafés, bateaux à voile historiques amarrés, façades oranges et ocres. La maison au numéro 20 est celle où Hans Christian Andersen a vécu une partie de sa vie. Évitez l'heure du déjeuner si vous cherchez la tranquillité.
Étape 4, Palais d'Amalienborg : à 5 minutes à pied de Nyhavn, le palais royal d'Amalienborg est la résidence officielle de la famille royale danoise. La cour octogonale est accessible librement. La relève de la garde a lieu chaque jour à midi lorsque le souverain est en résidence.
Étape 5, Marbre-kirken et le quartier Frederiksstaden : entre Amalienborg et Nyhavn, le Marbre-kirken (Frederiks Kirke) est une église baroque imposante dont le dôme rivalise avec celui du Panthéon à Rome. Visite libre, montée au dôme possible en semaine pour une vue panoramique sur le quartier.
Cet itinéraire représente environ 4 km de marche au total, avec des pauses. Il s'intègre parfaitement dans la journée couverte par le Ryocity Copenhague La perle scandinave : 29 points d'intérêt commentés sur 8 km, 3h30 de parcours audioguidé à votre rythme.
Où manger et boire près de la Petite Sirène
Le secteur de Langelinie est essentiellement résidentiel et portuaire, avec peu de restaurants directement sur place. Les bonnes adresses se concentrent autour de Nyhavn, à 20 minutes à pied.
Sur place et à Langelinie : le Langelinie Pavillonen (Langelinie Allé 18, 2100 Copenhague, noté 4.3/5 sur Google pour 281 avis) est un restaurant gastronomique avec terrasse face au port, mais il s'adresse à un budget élevé (repas à partir de 150 DKK pour le déjeuner, soit environ 20 €). Pour un café ou un sandwich rapide, des marchands ambulants sont présents en été le long de la promenade.
À Nyhavn : les terrasses des numéros 17, 19 et 21 sont les plus courues. Les prix reflètent l'emplacement, comptez 120-180 DKK pour un plat principal (16-25 €). Pour un smørrebrød (sandwich ouvert danois traditionnel) plus abordable, tournez-vous vers les boulangeries des rues adjacentes (Toldbodgade, Store Strandstræde).
Autour d'Amalienborg : le café Kafferiet (Esplanaden 44) est une adresse locale appréciée pour le brunch et le café de spécialité. Ambiance plus authentique que Nyhavn, prix raisonnables.
Note pratique : Copenhague est chère. Prévoyez 120-200 DKK par personne pour un repas simple dans ce secteur (hors boissons). Les épiceries (Netto, Aldi) permettent de composer un pique-nique pour la promenade de Langelinie, pratique en été.
FAQ
Où se trouve exactement la Petite Sirène à Copenhague ?
La statue est installée sur la promenade de Langelinie, dans le quartier portuaire nord, à l'adresse Langelinie, 2100 Copenhague Ø. Elle se trouve à environ 2,5 km du centre-ville (Nyhavn), soit 25 à 30 minutes à pied en longeant le front de mer. Le point GPS est : 55.6929° N, 12.5992° E.
Quelle est la taille de la Petite Sirène de Copenhague ?
La sculpture mesure 1,25 mètre de hauteur et pèse 175 kilogrammes. Elle est en bronze, assise sur un rocher de granit partiellement immergé. Sa petite taille surprend souvent les visiteurs habitués aux photos en contre-plongée qui la grandissent visuellement.
Est-ce que la visite de la Petite Sirène est gratuite ?
Oui, l'accès est entièrement gratuit, 24h/24, 365 jours par an. La statue se trouve sur une promenade publique au bord du port, à Langelinie. Il n'y a pas de billet, pas de barrière, pas de réservation nécessaire.
Quelle est l'histoire de la Petite Sirène ?
L'œuvre a été commandée en 1909 par le brasseur Carl Jacobsen, inspiré par un ballet tiré du conte d'Hans Christian Andersen (1837). Sculptée par Edvard Eriksen, elle a été inaugurée le 23 août 1913 et offerte à la ville de Copenhague. Elle a subi plusieurs actes de vandalisme (décapitations en 1964 et 1998, arrachage en 2003) et a voyagé à Shanghai en 2010 pour l'Exposition universelle.
Quelle est la meilleure période pour visiter la Petite Sirène ?
Le matin tôt (entre 7h et 9h) en semaine est la meilleure fenêtre, toute l'année. En été, la lumière du matin est idéale pour les photos. En hiver, la promenade est quasi déserte et l'ambiance portuaire prend un caractère plus mélancolique, fidèle à l'esprit du conte d'Andersen.
Conclusion
La Petite Sirène de Copenhague est une leçon de relativité touristique : plus petite que prévu, plus abîmée qu'on ne le dit, mais plus chargée d'histoire qu'on ne l'imagine. Derrière 1,25 mètre de bronze patiné se cachent une commande passionnée, un conte au dénouement tragique, des décennies de vandalisme symbolique et des tensions diplomatiques autour des droits d'image. Rien de tout cela n'est visible au premier coup d'œil depuis la promenade de Langelinie.
Comme souvent dans la capitale danoise, ce qui compte c'est ce qu'on met dans la visite. Venez tôt, prenez le temps de longer le port depuis Nyhavn, traversez le Kastellet, et laissez le parcours audioguidé Ryo La perle scandinave enrichir chaque étape de votre journée avec les anecdotes que les panneaux ne racontent pas.