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Ici se trouve un étonnant bunker souterrain transformé en musée, en plein cœur de Tirana, juste en face du ministère de l’Intérieur. S’il est appelé Bunk’Art 2, c’est qu’il en existe un autre, Bunk’Art 1, installé dans un vaste bunker antinucléaire situé à la périphérie de la capitale. Construit dans les années 1980 à la fin du régime d’Enver Hoxha, l’abri que vous avez devant vous était destiné à protéger le ministre de l’Intérieur, ses services et la police secrète albanaise, la Sigurimi. Longtemps tenu secret et jamais utilisé pour sa fonction initiale, il a été ouvert au public en 2016 sous le nom de Bunk’Art 2, dans le cadre d’un projet visant à transformer les bunkers du régime en lieux de mémoire. Le parcours se concentre sur l’histoire du ministère de l’Intérieur et sur le fonctionnement de la Sigurimi, l’un des appareils de surveillance et de répression les plus redoutés d’Europe de l’Est. À travers des salles étroites, des cellules reconstituées, des documents d’archives, des vidéos et des œuvres contemporaines, le musée raconte la surveillance généralisée, les interrogatoires, les camps de travail et le destin des milliers de victimes du régime. Plus court et plus concentré que Bunk’Art 1, Bunk’Art 2 offre une immersion directe dans les mécanismes du pouvoir et de la peur. En ressortant à la lumière, au milieu des institutions officielles de Tirana, la visite rappelle concrètement ce que signifiait vivre sous contrôle permanent et l’importance de préserver cette mémoire.






