

Shutterstock
La Puerta de Granada, sous laquelle vous allez passer, est l’une des portes les mieux conservées de la muraille d’Úbeda. Elle remonte au Xe siècle, à l’époque arabe, quand la ville était protégée par un puissant système défensif comptant deux enceintes et neuf portes principales. Ici, l’arc en plein cintre que vous voyez est simple, sans tour avancée : une entrée modeste mais authentique, restée presque telle quelle depuis plus de mille ans. À côté, les traces d’une ancienne porte murée rappellent que l’accès était autrefois défendu depuis le chemin de ronde par un mâchicoulis. La porte doit son nom au fait qu’elle ouvrait vers le Camino Real de Granada, la grande route qui reliait Úbeda au royaume nasride. Une tradition raconte d’ailleurs que la reine Isabel la Católica franchit cette porte en 1489 en route vers la conquête de Baza. Et c’est ici, dit-on, qu’elle aurait juré pour la première fois de ne pas changer de chemise avant la chute de Grenade… Une autre légende, plus malicieuse, parle d’un trésor caché par les Maures lors de leur fuite ; il ne serait révélé qu’à celui qui parviendrait à manger une grenade entière, sous le linteau de la porte, sans laisser tomber un seul grain. Ce ne sont évidemment que des récits populaires sans fondement historique, mais ils se transmettent ici depuis des siècles et font partie du charme du lieu. Aujourd’hui parfaitement restaurée, la Puerta de Granada est l’une des trois portes médiévales encore debout à Úbeda et un témoignage rare de son passé arabe. En la traversant, vous marchez littéralement sur les traces de mille ans d’histoire.






