

©Prayitno CC BY 2.0.
Bienvenue à Little Tokyo, un petit morceau de Japon au cœur de Downtown Los Angeles. Ici, on vient aujourd’hui surtout pour la culture, les commerces et la mémoire, même si la population japonaise résidente y est désormais relativement faible. L’histoire commence en 1885 quand un marin japonais, Hamanosuke Shigeta, ouvre le Kame Restaurant et attire autour de lui d’autres arrivants, pensions, petits commerces et premières institutions. Très vite, le quartier se dote de repères durables : il voit naître une première mission religieuse, puis deux noms deviennent emblématiques, le journal Rafu Shimpo et la pâtisserie Fugetsu-do, encore active aujourd’hui. Après le séisme de San Francisco au début du XXe siècle, de nombreux Japonais rejoignent Los Angeles et Little Tokyo grandit, s’organise avec ses associations d’entraide, ses écoles, ses temples et ses églises. En 1941, le quartier atteint son apogée avec environ 30 000 Japonais-Américains. Puis vient le choc : après Pearl Harbor, l’Executive Order 9066, ordonné par Franklin D. Roosevelt le 19 février 1942, entraîne l’évacuation forcée et l’incarcération de plus de 100 000 personnes d’ascendance japonaise sur la côte Ouest ; Little Tokyo se vide brutalement. Pendant la guerre, le quartier change de visage et abrite des Afro-Américains venus travailler dans l’industrie de défense, ainsi que d’autres communautés, dans un contexte de ségrégation et de pénurie de logements qui provoque une surpopulation extrême. A la fin de la guerre, les Japonais-Américains reviennent progressivement, mais beaucoup ont tout perdu et la population ne remonte qu’à environ un tiers de l’avant-guerre. Dans les années 50, l’aménagement du Civic Center grignote encore le quartier, notamment avec la construction du Parker Center qui réduit la zone commerciale et déplace des habitants. 20 ans après, Little Tokyo se réinvente : nouveaux centres commerciaux, hôtels, places, mais aussi débats internes sur la préservation. Les mobilisations aboutissent à une reconnaissance patrimoniale majeure : inscription au National Register of Historic Places, puis classement en National Historic Landmark District.






