L'Odon disparu

Je profite du fait que nous arrivons rue du moulin pour faire un court aparté sur la place de l’eau à Caen au fil du temps. Vous ne vous en rendez pas compte aujourd’hui, mais la ville, qui était parsemée de bras de rivière, était surnommée en son temps : la Venise normande. Si je vous en parle ici même c’est pour deux raisons. La première, pour vous dire qu’ici, coulait autrefois le Grand Odon, et ensuite pour le nom de la rue, qui nous rappelle la présence des moulins à Caen, qui vont fournir de l’énergie à la ville entre le XIe et le XIXe siècle. Derrière l’image romantique que vous pouvez facilement associer au surnom de Venise normande, il faut bien comprendre que la réalité était tout autre. Les canaux principaux, sillonnés par les barques, servaient aux lavandières qui y lavaient le linge, autant que d’abreuvoirs pour les chevaux. Mais ils étaient surtout des égouts à ciel ouvert et Caen avait la triste réputation d’être l’une des villes les plus sales de France ! Après deux épidémies de choléra au XIXe siècle, la ville commence à organiser l’assainissement des rivières et à installer des canalisations. Les besoins d’hygiène, doublés de l’arrivée de l’urbanisme moderne et de la croissance de la ville vont faire disparaitre sous le béton les différents canaux de la ville. D’ici environ 300 mètres, vous arriverez à l’arrière de la belle église Saint Pierre, qui était autrefois baignée par les eaux de la rivière et où se trouvait le pont du même nom. Quelques recherches rapides sur internet suffisent à trouver des images de cette époque, qui nous racontent les autres visages de la ville et nous rappelle que celle que nous découvrons aujourd’hui a eu bien d’autres vies.

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