

©Zairon CC BY-SA 4.0. https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/
La place Jean Jaurès est bien agréable avec ses belles maisons à pans de bois bien rénovées, et ses nombreuses terrasses de cafés. Elle portait autrefois le nom de place du marché au blé. Cet important commerce de céréales explique la présence, dès le Moyen-Âge, de plusieurs auberges autour de la place. À l’époque, c’est également ici que l’on trouvait le pilori où l’on attachait les condamnés pour les exposer aux yeux de tous, ainsi que la potence où étaient pendus les criminels. À la Révolution, on remplace la potence par la guillotine, qui promet une mort rapide et moins cruelle. C’est ici que fut exécuté un homme qui inspira à Victor Hugo son court roman Claude Gueux, où il dénonce la peine de mort et appelle la société à cultiver les têtes plutôt qu’à les faire tomber. Revenons au présent. Le bâtiment que vous avez en face de vous a été conçu en 1837 pour être la Halle de la Bonneterie, où les tisserands de toute la région venaient vendre leurs pièces. Il abrita ensuite des syndicats avant d’être transformé en Bourse du Travail. Ces institutions existaient partout en France et défendaient les intérêts des ouvriers, tout en les aidant à trouver du travail. Aujourd’hui, l’ancienne Bourse du Travail est au cœur d’une importante restructuration, qui va la transformer en un centre commercial. Autre édifice notable sur la place : la maison au numéro 28, qui a vu naitre Edouard Herriot, figure importante de la Troisième République. Maire de Lyon pendant 45 ans, plusieurs fois ministre et président de l’Assemblée nationale, il lutta pour la laïcité, la séparation de l’Église et de l’État, et s’engagea pour la paix internationale. Depuis 1919, la place rend hommage à un autre grand homme de la politique française: Jean Jaurès. Orateur hors pair, il fut l’une des figures les plus emblématiques du socialisme, de la justice sociale, et du pacifisme. C’est justement son combat pour la paix qui mènera à son assassinat alors qu’il faisait tout son possible pour empêcher la Première Guerre mondiale. Sa mort fut un terrible choc et fit s’envoler tous les espoirs de paix. Aujourd’hui, il est honoré partout en France… y compris peut-être dans votre ville, où se trouve certainement une avenue ou une rue Jean Jaurès. Sur ce, je vous laisse vous faufiler dans le Cour Doué, un de ces beaux petits passages dont Troyes a le secret. On raconte que c’était un véritable coupe-gorge autrefois. Levez les yeux en passant, et observez les sculptures de lézards et de grappes de raisins cachés dans les poutres en bois.






