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Vous vous trouvez devant le palais Al Alam, le palais cérémoniel officiel du sultan d’Oman. Son nom signifie « palais du drapeau » et il occupe un emplacement hautement symbolique, au cœur du vieux Mascate, entre les forts portugais Al Mirani à l’ouest et Al Jalali à l’est, face au Musée national. Le palais actuel a été construit en 1972 sur l’emplacement d’un palais plus ancien du début du XIXe siècle, appelé Bayt al-‘Alam, qui servit pendant plus de deux cents ans à la famille régnante avant d’être démoli après l’arrivée au pouvoir du sultan Qaboos en 1970. Qaboos ben Saïd a régné sur Oman pendant près de cinquante ans, jusqu’à sa mort en 2020. Il est arrivé au pouvoir en renversant son propre père, le sultan Saïd ben Taimur, lors d’un changement de régime sans affrontement, motivé par la volonté de mettre fin à l’isolement extrême dans lequel le pays était maintenu. Il est considéré comme le fondateur de l’Oman moderne : à son arrivée au pouvoir, le pays disposait de très peu d’infrastructures, d’écoles ou d’hôpitaux. Sous son règne, Oman s’est profondément transformé, avec le développement des routes, de l’éducation, de la santé, de l’administration et une ouverture progressive vers l’extérieur, tout en conservant une identité culturelle forte et une politique étrangère réputée pour sa neutralité. Aujourd’hui, c’est son cousin qui lui a succédé, conformément à la constitution omanaise, et il s’est engagé à poursuivre les politiques de son prédécesseur. Le bâtiment que vous voyez aujourd’hui incarne la modernisation du pays lancée à cette période. Son architecture est volontairement spectaculaire : une composition symétrique, un corps central massif, des ailes latérales étirées, et surtout une façade aux couleurs or et bleu très vives, soutenue par de grandes colonnes effilées. Ce style islamique contemporain tranche nettement avec la pierre sobre des forts voisins, créant un contraste visuel fort entre héritage militaire ancien et pouvoir royal moderne. Le palais n’est pas une résidence : il est exclusivement réservé aux fonctions cérémonielles, aux réceptions officielles et à l’accueil des chefs d’État étrangers. L’accès à l’intérieur est strictement interdit, mais l’esplanade, les grilles et les perspectives depuis le port permettent d’en apprécier l’architecture et la mise en scène du pouvoir.






