Les gratte-ciel les plus hauts du monde : classement et records en 2026
Emilie

Créé par Emilie, le 4 juil. 2026

Votre guide Ryo

Les gratte-ciel les plus hauts du monde : classement et records en 2026

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Depuis 2010, le Burj Khalifa de Dubaï est le gratte-ciel plus haut du monde avec ses 828 mètres, soit plus de deux fois la hauteur de la Tour Eiffel. Mais cette suprématie est contestée : la Jeddah Tower en Arabie saoudite vise les 1 000 mètres, et plusieurs projets titanesques avancent dans les bureaux d'architectes de Shanghai, Séoul ou Mumbai. En à peine un siècle, l'humanité a appris à construire des bâtiments qui dépassent les nuages.

Ce guide vous emmène dans les coulisses de ces tours hors-normes : comment les ingénieurs ont résolu le problème des vents à 600 mètres d'altitude, pourquoi Kuala Lumpur a décidé de dépasser Paris et Londres en hauteur, quel sera le futur numéro un, et où monter au sommet du monde sans dépenser une fortune. Pour ceux qui veulent explorer en profondeur une ville célèbre pour son rapport singulier à la verticalité, le guide audio Ryo Des gratte-ciels aux fortune cookies raconte San Francisco comme peu de guides le font, de la Transamerica Pyramid aux ruelles de Chinatown.

Comment mesure-t-on un gratte-ciel ?

La question paraît simple, mais elle divise depuis des décennies. Le Council on Tall Buildings and Urban Habitat (CTBUH), basé à Chicago, est l'organisme de référence mondial pour le classement des gratte-ciel. Il distingue trois hauteurs pour chaque tour : la hauteur architecturale (jusqu'à la flèche ou l'antenne fixe intégrée au design), la hauteur jusqu'au toit occupable et la hauteur jusqu'au sommet absolu de toute antenne.

Le classement officiel retient la hauteur architecturale. Cette règle a des conséquences surprenantes : le One World Trade Center à New York (541 m) devance la Willis Tower de Chicago (442 m) en intégrant sa flèche architecturale de 124 mètres, alors qu'il serait derrière si l'on ne mesurait que les toits occupables. La méthode distingue aussi les gratte-ciel des autres structures verticales : la Tour Eiffel (330 m jusqu'à l'antenne) et la tour CN de Toronto (553 m) ne figurent pas dans le classement des gratte-ciel, car elles ne contiennent pas de surface habitable ou de bureaux dans la majorité de leur hauteur.

Ce critère compte. Le Burj Khalifa, la Shanghai Tower et la Merdeka 118 sont des gratte-ciel au sens plein, ils accueillent des appartements, des hôtels et des bureaux sur des dizaines d'étages chacun. Ce ne sont pas des pylônes déguisés en tours. C'est précisément ce qui les sépare des structures de télécommunication qui dominent souvent les paysages urbains tout en restant absentes du classement.

Le Burj Khalifa (828 m) : l'indestructible règne de Dubaï

Inauguré le 4 janvier 2010, le Burj Khalifa cumule désormais plus de seize ans au sommet du classement mondial, un record de longévité dans un domaine où les ambitions se succèdent rapidement. Avec ses 828 mètres de hauteur architecturale, la tour conçue par le cabinet américain Skidmore, Owings & Merrill dépasse de 196 mètres le deuxième du classement actuel. Pour visualiser cet écart : c'est approximativement la hauteur de la Tour Eiffel du sol à la flèche.

Le chantier a mobilisé jusqu'à 12 000 travailleurs simultanément, issus de plus de 100 pays. Au total, 330 000 m³ de béton et 55 000 tonnes d'acier ont été nécessaires. Pour résoudre le problème des vents extrêmes à cette altitude, qui soumettaient la structure à des forces latérales susceptibles de provoquer des oscillations ressenties par les occupants, les ingénieurs ont conçu une section en Y à 120°, inspirée de la fleur Hymenocallis, une plante du désert arabique. Cette forme triangulaire décompose les tourbillons de vent et réduit les vibrations de façon spectaculaire.

La construction a duré six ans (2004-2010), pour un coût estimé à 1,5 milliard de dollars. Pendant les phases de bétonnage des étages supérieurs, la structure montait d'environ un étage tous les trois jours. Pour acheminer le béton à plus de 600 mètres de hauteur, les ingénieurs ont développé un système de pompage sous haute pression qui constituait à lui seul un record technique à l'époque.

La tour abrite 163 étages habitables, dont un hôtel Armani dans les 39 premiers étages, des appartements Armani Residences, des bureaux du 45e au 108e étage, et deux observatoires publics : le « At the Top » au 124e étage (452 m) et le « At the Top Sky » au 148e étage (555 m). Depuis l'observatoire du 124e étage, le regard porte jusqu'à 95 kilomètres. Par temps clair, les côtes iraniennes de l'autre côté du golfe Persique deviennent perceptibles à l'horizon.

Une anecdote moins connue : pendant les travaux, les équipes de béton alternaient entre deux systèmes de coffrage glissant, l'un pour le noyau central, l'autre pour les ailes extérieures, en les faisant progresser simultanément pour maintenir l'équilibre de la structure en cours d'élévation. Un ballet logistique à ciel ouvert, géré depuis des salles de contrôle installées à même les étages en construction.

Son illumination nocturne, reprogrammée selon les occasions (fêtes nationales, Nouvel An), constitue un spectacle visible depuis des dizaines de kilomètres sur le désert plat qui entoure Dubaï. Certains soirs de réveillon, plus d'un million de personnes se rassemblent au pied de la tour pour assister au feu d'artifice lancé depuis la façade elle-même.

Merdeka 118
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La Merdeka 118 (678,9 m) : le géant de Kuala Lumpur

Pendant six ans, les Petronas Towers (452 m) avaient été les gratte-ciel les plus hauts du monde entre 1998 et 2004, avant d'être dépassées par la Taipei 101. Puis, fin 2023, Kuala Lumpur a achevé une tour encore plus ambitieuse : la Merdeka 118 (Jalan Hang Jebat, 50460 Kuala Lumpur, noté 4.6/5 sur Google pour 2 537 avis), qui s'élève à 678,9 mètres et s'impose aujourd'hui comme le deuxième gratte-ciel le plus haut du monde.

Le nom « Merdeka » signifie « indépendance » en malais. La tour célèbre le 118e anniversaire du premier cri d'indépendance de la Malaisie, prononcé lors du rassemblement historique du 31 août 1957 dans le stade adjacent, le stade Merdeka, qui existe toujours, encadré désormais par cette tour monumentale qui le domine de plusieurs centaines de mètres.

Conçue par le cabinet australien Fender Katsalidis, la Merdeka 118 s'inspire des arts décoratifs islamiques traditionnels malaisiens. Sa façade, composée de 16 facettes triangulaires qui se croisent et se répètent, reflète les motifs géométriques des mashrabiya (treillis d'ombre arabesque) et les tissus batik de la région. Ce n'est pas une tour générique : l'architecture raconte une identité culturelle.

La structure repose sur 110 niveaux habitables répartis entre un hôtel Park Hyatt dans les premiers étages, des appartements de luxe, des bureaux et un observatoire public au sommet. Le chantier a duré près de sept ans (2015-2022), la structure a été achevée fin 2023 et l'inauguration officielle a eu lieu en janvier 2024. Le coût total dépasse les 1,5 milliard de dollars.

Un défi technique particulier : Kuala Lumpur repose sur des couches d'argile peu stables. Les fondations de la Merdeka 118 plongent à 75 mètres de profondeur, avec des pieux en béton atteignant le substratum rocheux sous les couches alluviales. Le chantier a nécessité la déviation temporaire de plusieurs voies de circulation adjacentes pendant toute la durée des travaux souterrains, une contrainte logistique majeure dans une ville aussi dense.

La Shanghai Tower (632 m) : la spirale qui défie le vent

À Pudong, le quartier financier de Shanghai, trois tours se font face dans un dialogue architectural saisissant : la Jin Mao Tower (421 m), le Shanghai World Financial Center (492 m, avec son ouverture rectangulaire au sommet surnommée « l'ouvre-bouteille » par les Shanghaiiens), et la Shanghai Tower (501 Yincheng Middle Road, Pudong, Shanghai, noté 4.6/5 sur Google pour 3 170 avis) (632 m), inaugurée en 2015. Ces trois bâtiments coexistent à moins de 300 mètres les uns des autres, une concentration de gratte-ciel parmi les plus spectaculaires du monde.

Ce qui distingue la Shanghai Tower de toutes les autres tours de ce classement, c'est sa forme spiralée. La tour tourne sur elle-même de 120° entre la base et le sommet, avec une façade externe en verre qui s'enroule progressivement. Cette géométrie n'est pas décorative : elle réduit de 24 % les forces latérales dues au vent par rapport à une tour rectangulaire de mêmes dimensions, générant une économie estimée à 58 millions de dollars sur les matériaux structurels. Une décision financièrement rationnelle, habillée en esthétique.

La tour est organisée en 9 zones verticales séparées par des atriums intérieurs qui fonctionnent comme des micro-quartiers suspendus : jardins, restaurants, espaces de co-working, passages couverts. Le concept est celui d'une ville verticale qui reproduit la vie urbaine à 200, 300, 400 mètres de hauteur, plutôt que d'en couper les occupants.

L'observatoire se trouve au 118e étage (546 m). Les ascenseurs qui y mènent atteignent 20,5 mètres par seconde (73 km/h), couvrant la distance du rez-de-chaussée au 118e étage en moins de 60 secondes, les plus rapides du monde à l'ouverture de la tour.

La Abraj Al-Bait Clock Tower (601 m) : la tour de La Mecque

La Abraj Al-Bait Clock Tower (Ajyad Street, Mecca 24231, Saudi Arabia, noté 4.7/5 sur Google pour 66 665 avis) est la moins connue des cinq premières tours du classement mondial, et certainement la plus chargée symboliquement. Construite entre 2004 et 2012 à La Mecque, en Arabie saoudite, elle s'élève à 601 mètres et surplombe directement la Grande Mosquée Al-Masjid Al-Haram.

La tour est le bâtiment central d'un complexe hôtelier de sept tours capable d'accueillir plus de 100 000 personnes simultanément, une capacité pensée pour gérer les flux de pèlerins lors du Hajj, qui attire entre 2 et 3 millions de fidèles chaque année. Avec une superficie totale de 1,5 million de mètres carrés au sol, c'est l'un des complexes immobiliers les plus vastes jamais construits.

L'horloge géante qui couronne la tour possède quatre cadrans d'un diamètre de 43 mètres chacun, la plus grande horloge du monde, éclairée par 2 millions de LED. À l'heure des cinq prières quotidiennes, la tour s'illumine en vert (couleur de l'islam) et un texte en arabe apparaît sur les cadrans, visible à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Ce projet a fait l'objet de controverses dès ses débuts : la construction a impliqué la démolition d'une forteresse ottomane du XVIIIe siècle. Des architectes et historiens ont protesté contre cette perte patrimoniale. La tension entre développement des villes saintes et préservation de leur histoire reste vive dans les milieux académiques.

Abraj Al-Bait Clock Tower
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Ping An Finance Centre
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Le Ping An Finance Centre (599 m) : Shenzhen contre le ciel

Quatrième ville de Chine par la population, Shenzhen était encore un village de pêcheurs de 30 000 habitants en 1979. Quatre décennies plus tard, elle compte 18 millions d'habitants et son skyline rivalise avec celui de Dubaï ou Singapour. Le Ping An Finance Centre (Fuhua 3rd Road, Futian District, Shenzhen, noté 4.6/5 sur Google pour 646 avis), inauguré en 2017, en est le symbole le plus visible.

Avec 599 mètres et 115 étages, le Ping An Finance Centre est le siège social du groupe Ping An Insurance, l'une des plus grandes compagnies d'assurance du monde. La tour était initialement conçue pour atteindre 660 mètres, mais les autorités aéronautiques ont exigé un balisage lumineux clignotant au-dessus de 600 mètres, une contrainte que le promoteur a jugée incompatible avec l'esthétique du projet. La hauteur finale a donc été ajustée en cours de conception.

Sa façade en verre réfléchissant crée un effet saisissant par temps couvert : la partie supérieure disparaît dans les nuages, rendant la tour impossible à photographier en entier depuis le sol. Une tour qui joue visuellement avec ses propres limites de visibilité.

Les places 6 à 10 du classement mondial

Les cinq premières tours concentrent l'attention médiatique, mais les places 6 à 10 révèlent une géographie fascinante : la domination quasi totale de l'Asie du Pacifique et de la péninsule arabique dans la course à la hauteur.

6e : Lotte World Tower (555 m), Séoul, Corée du Sud

Inauguré en 2017, la Lotte World Tower domine le quartier de Jamsil avec ses 123 étages. Sa silhouette effilée s'inspire des pinceaux de calligraphie coréens et des céladons de l'ère Goryeo. Au 123e étage, l'observatoire « Seoul Sky » à 500 mètres propose un plancher de verre transparent permettant de regarder à la verticale jusqu'au sol.

Les fondations ont posé un problème inhabituel : le parc d'attractions Lotte World Adventure se trouve juste en dessous du bâtiment. Les ingénieurs ont conçu un système de fondations isolées pour éviter que les vibrations de la tour, causées par le vent ou les ascenseurs, ne se transmettent aux attractions situées sous ses pieds. Une contrainte qui n'avait probablement jamais été rencontrée dans l'histoire de la construction de gratte-ciel.

7e : One World Trade Center (541 m), New York, États-Unis

Le One World Trade Center est le gratte-ciel le plus chargé symboliquement de ce classement. Construit sur le site des attentats du 11 septembre 2001, inauguré en 2014 après huit ans de chantier, il s'élève à 541 mètres, soit exactement 1 776 pieds, référence délibérée à l'année de la Déclaration d'Indépendance américaine. Cette hauteur n'est pas un hasard : c'est une date inscrite dans le béton et le verre, une façon de répondre à la destruction par un symbole. Le coût de construction a atteint environ 4 milliards de dollars.

8e et 9e : Guangzhou CTF (530 m) et Tianjin CTF (530 m), Chine

À égalité de hauteur avec leurs 530 mètres chacun, le Guangzhou CTF Finance Centre (2016) et le Tianjin CTF Finance Centre (2019) sont des tours architecturalement jumelles, conçues par le même cabinet Kohn Pedersen Fox pour le même promoteur Chow Tai Fook. La première abrite un hôtel Ritz-Carlton au sommet ; la seconde, un St. Regis avec vue sur la mer de Bohai.

10e : CITIC Tower (528 m), Pékin, Chine (Chaoyang District, Beijing, noté 4/5 sur Google pour 2 avis)

Le CITIC Tower, surnommé « China Zun » en référence à un vase sacrificiel en bronze de l'époque Shang (XVIIe-XIe siècle av. J.-C.), est la tour la plus haute de la capitale chinoise depuis son inauguration en 2018. Sa forme en S, qui évoque effectivement la silhouette d'un vase ancien, lui confère une personnalité visuelle rare dans un paysage de gratte-ciel souvent dominé par les façades de verre rectangulaires.

Une observation géographique s'impose : sur ces dix tours, sept sont situées en Chine ou dans le Golfe arabo-persique. L'Europe et les Amériques ne figurent qu'avec une tour chacune (The Shard/Varso Tower pour l'Europe, One World Trade Center pour l'Amérique). Ce n'est pas une coïncidence, c'est le reflet d'une décennie de croissance économique concentrée dans ces deux zones et d'une volonté de matérialiser cette puissance dans le béton.

gratte-ciel Asie Pacifique
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Jeddah Tower
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La Jeddah Tower : vers le premier kilomètre

Voilà plusieurs années que l'on parle d'elle, et son histoire ressemble à celle d'un grand roman : un projet pharaonique, des retards, des financements incertains, des reprises de chantier. La Jeddah Tower (King Abdulaziz Road, Al Maasarah, Jeddah, noté 4.5/5 sur Google pour 111 avis) (anciennement connue sous le nom de Kingdom Tower) devrait, une fois achevée, devenir le premier bâtiment de l'histoire à dépasser les 1 000 mètres, plus précisément 1 007 mètres selon les plans officiels.

Conçue par Adrian Smith, l'architecte qui avait déjà dessiné le Burj Khalifa pour Skidmore, Owings & Merrill avant de fonder son propre cabinet Adrian Smith + Gordon Gill Architecture, la tour a été lancée en 2013. Le chantier a été interrompu en 2017, officiellement pour des problèmes techniques liés à des couches de sable liquéfiable dans le sous-sol, imposant une révision complète des fondations. Le contexte politique interne à l'Arabie saoudite, notamment l'arrestation du prince Al-Walid ben Talal lors de la purge anticorruption de 2017, a également pesé sur le calendrier.

Le chantier a repris en 2023, avec une livraison visée entre 2028 et 2030. Si ce calendrier est tenu, le Burj Khalifa perdra son titre après vingt ans de règne.

Les défis techniques sont considérables. À 1 000 mètres, les rafales de vent peuvent dépasser 200 km/h. La pression atmosphérique au sommet sera inférieure de 12 % à celle du pied de la tour, imposant des systèmes de pressurisation adaptés pour les étages les plus élevés. Les ascenseurs devront parcourir plus de 660 mètres en cabines uniques, un record absolu pour les câbles porteurs. Et la différence de température entre le rez-de-chaussée et le sommet peut atteindre 7 °C en journée chaude.

Pour mettre ces altitudes en perspective : notre article Ryo sur les 10 plus hauts sommets du monde rappelle que l'Everest culmine à 8 849 mètres, soit huit fois la future Jeddah Tower. Pourtant, construire 1 000 mètres en acier et béton dans un désert arabique reste une prouesse d'ingénierie sans équivalent dans l'histoire de la construction civile.

D'autres projets à surveiller

La Dubai Creek Tower avait été annoncée pour 928 mètres, mais le projet est officiellement en suspens depuis 2020. En Chine, une directive gouvernementale de 2021 a limité la construction de bâtiments de plus de 500 mètres dans les villes de taille intermédiaire, une réaction aux excès spéculatifs des années 2010, qui avaient vu plusieurs tours commandées puis abandonnées en cours de chantier. La prochaine génération de gratte-ciel géants se jouera donc probablement entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, avec quelques mégapoles asiatiques sélectionnées dans leur sillage.

Le plus haut gratte-ciel d'Europe

L'Europe ne figure pas dans le top 20 mondial des gratte-ciel, un fait qui surprend souvent les voyageurs. La raison tient à un faisceau de facteurs : centres historiques classés, restrictions de hauteur pour préserver les skylines patrimoniales, culture architecturale qui valorise la densité horizontale, et marchés immobiliers moins portés sur la spéculation verticale à grande échelle qu'en Chine ou dans le Golfe.

Si l'on adopte le périmètre géographique du CTBUH, qui inclut la Russie dans l'Europe, le titre revient au Lakhta Center de Saint-Pétersbourg, siège social de Gazprom, avec ses 462 mètres (118 étages). Inauguré en 2019, il domine les rives du golfe de Finlande et a profondément modifié la silhouette d'une ville qui avait longtemps préservé son horizon néoclassique.

À Moscou, le complexe Moscow-City regroupe plusieurs tours entre 240 et 374 mètres. La Federation Tower East (374 m, 2017) en est le point culminant : 95 étages, façade de verre blanc et or, bureaux de prestige et appartements au-dessus de la ligne des gratte-ciel voisins.

Dans l'Union européenne, c'est la Varso Tower à Varsovie, inaugurée en 2022, qui détient le record avec 310 mètres de hauteur architecturale (flèche incluse, 230 m jusqu'au toit). Conçue par le cabinet britannique Foster + Partners, elle abrite des bureaux et un hôtel.

Jusqu'à son inauguration, ce titre dans l'UE revenait à The Shard à Londres (309,6 m), dessiné par Renzo Piano et inauguré en 2012. Sa silhouette en éclat de verre effilé est devenue l'un des symboles de la capitale britannique.

En France, la Tour Montparnasse (210 m) reste la tour la plus haute de Paris, malgré plusieurs projets de nouvelles tours à La Défense qui n'ont jamais vu le jour. Depuis son observatoire, la vue à 360° sur Paris n'est concurrencée que par la Tour Eiffel, avec un avantage : depuis Montparnasse, on voit la Tour Eiffel dans le panorama. Pour Anvers, dont les marchands ont toujours revendiqué une certaine grandeur bien avant l'ère des gratte-ciel, le parcours audioguidé Ryo Une prestance au plus haut niveau raconte comment une ville portuaire a construit sa réputation sur des siècles de commerce international.

Gratte-ciel Europe
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skyline urbaine
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Ces skylines qui ont tout transformé

Un gratte-ciel isolé ne fait pas une skyline. Ce qui fascine dans les grandes silhouettes urbaines, c'est l'accumulation, la façon dont des dizaines de tours créent un paysage entièrement artificiel, lisible depuis des dizaines de kilomètres.

Hong Kong est peut-être la skyline la plus spectaculaire du monde en termes de densité brute. La ville compte plus de 9 000 bâtiments de plus de 100 mètres, davantage que n'importe quelle autre ville sur Terre. Sa silhouette, visible depuis les bateaux entrant dans le port Victoria ou depuis les hauteurs de Kowloon, est composée de centaines de tours pressées sur un terrain étroit entre les montagnes et la mer. Ici, la verticalité n'est pas un luxe mais une nécessité géographique.

Manhattan a, de son côté, inventé le concept même de skyline. Sa densité tient à une contrainte géologique : l'île de New York repose sur un socle de granit solide, idéal pour ancrer des fondations profondes sur un sol réduit. Les quartiers installés sur des terrains moins stables n'ont jamais connu la même concentration verticale. La silhouette de Midtown, Empire State Building, Chrysler Building, One World Trade Center, a été reproduite sur des milliards de cartes postales depuis un siècle.

San Francisco offre une leçon d'architecture verticale toute différente. Contrainte par le risque sismique (la faille de San Andreas traverse la région), la ville n'a pas développé des tours de 800 mètres mais une collection de gratte-ciel moyens et hauts qui composent une silhouette reconnaissable entre toutes, Salesforce Tower (260 m), Transamerica Pyramid, 181 Fremont Street. Le parcours audioguidé Ryo Des gratte-ciels aux fortune cookies explore comment Chinatown a survécu au séisme de 1906 pendant que le Financial District brûlait, et comment les promoteurs ont rebâti plus haut que jamais sur un sol incertain.

Hambourg propose une leçon en sens inverse : ville portuaire qui a longtemps résisté à la verticalité, elle a choisi la densité horizontale et l'architecture de brique rouge de ses entrepôts. La Elbphilharmonie, posée sur un entrepôt de cacao reconverti, ou le complexe HafenCity montrent qu'une grande métropole peut marquer son histoire sans viser les nuages. Une philosophie urbaine que le guide audio Ryo de Hambourg La porte du monde documente sur 24 audios et 8 kilomètres de promenade dans la ville portuaire.

Les observatoires au sommet du monde

Monter au sommet d'un gratte-ciel, c'est comprendre physiquement la ville, percevoir sa densité, ses flux, sa géographie à une échelle impossible depuis la rue. Depuis 400 mètres de hauteur, les voitures deviennent des points lumineux, les parcs des taches vertes, les rivières des rubans brillants.

Voici les principaux observatoires accessibles au public en 2026, par hauteur :

At the Top Sky (555 m), Burj Khalifa, Dubaï

L'observatoire du 148e étage du Burj Khalifa est le plus haut plancher vitré accessible au public dans le monde. La formule VIP comprend un accueil personnalisé, des télescopes et un panneau vitré en encorbellement depuis lequel on regarde le sol 555 mètres plus bas. Tarif : à partir de 300 AED (environ 75 €) pour la version standard, jusqu'à 500 AED pour le VIP. À réserver plusieurs semaines à l'avance entre novembre et mars, haute saison à Dubaï.

Seoul Sky (500 m), Lotte World Tower, Séoul

Au 123e étage de la Lotte World Tower, cet observatoire propose un plancher de verre transparent permettant de regarder 500 mètres en contrebas à la verticale. Tarif : 27 000 KRW environ (18 €). Le coucher du soleil, avec les méandres de la rivière Han en contrebas, compte parmi les moments les plus photographiés de Corée du Sud.

Ciel de Paris (196 m), Tour Montparnasse, Paris

Le toit-terrasse de la Tour Montparnasse offre une vue à 360° sans aucune vitre interposée, avantage décisif pour la photographie par rapport à d'autres plateformes couvertes. Tarif : 20 à 23 € selon les horaires. Ouvert jusqu'à 23h en été, ce qui en fait l'un des meilleurs spots parisiens pour la ville illuminée.

The View from The Shard (244 m), The Shard, Londres

L'observatoire du 72e étage est le point de vue le plus haut accessible au public en Grande-Bretagne. Tarif : 28 à 35 £ selon les tranches horaires. Attention aux brumes londoniennes : la visibilité peut s'effondrer à quelques dizaines de mètres. Le matin, avant les brumes de chaleur, est souvent le meilleur créneau.

CN Tower EdgeWalk (356 m), Toronto, Canada (290 Bremner Blvd, Toronto, ON M5V 3L9, noté 4.8/5 sur Google pour 796 avis)

Techniquement une tour de télécommunications (hors classement gratte-ciel), la CN Tower propose l'expérience la plus adrénalinique des observatoires du monde : une marche à l'extérieur de la tour à 356 mètres de hauteur, simplement attaché à un harnais, sur une passerelle circulaire qui fait le tour complet de la structure. Tarif : environ 225 CAD (150 €). Réservation obligatoire, conditions météo requises.

Une alternative moins connue mais saisissante : le Sky Bridge 138 à Kuala Lumpur, la passerelle reliant les deux Petronas Towers au 41e et 42e étages (170 m). L'accès est gratuit, mais les places sont limitées à 1 800 visiteurs par jour et ne se distribuent que le matin même sur place, présentez-vous à l'ouverture pour être sûr d'obtenir un billet.

Visiter les plus hautes tours : ce qu'il faut savoir

Quelques données pratiques à intégrer avant de planifier votre visite :

Réservez en avance. L'observatoire du Burj Khalifa affiche complet jusqu'à trois semaines en haute saison (novembre-mars). La Lotte World Tower se remplit en quelques jours. La réservation en ligne permet presque toujours d'éviter les files et d'obtenir un tarif réduit, entre 10 et 30 % moins cher qu'à guichet.

Choisissez votre heure. Pour la photographie, le lever du soleil (lumière rasante, peu de monde) ou la golden hour du soir (coucher de soleil + début d'illumination nocturne) sont les moments les plus intéressants. Pour une vue nocturne pure, vérifiez les horaires d'ouverture : le Burj Khalifa est ouvert jusqu'à minuit, la Tour Montparnasse jusqu'à 23h en été.

Surveillez la météo. À 400-500 mètres, les nuages bas réduisent la visibilité à quelques mètres. Vérifiez la base des nuages sur une application météo locale avant de partir. En dessous de 10 km de visibilité annoncée, envisagez de reporter.

Habillez-vous chaud. Même à Dubaï en hiver, les plateformes extérieures à 500 mètres exposent à des vents soutenus. À Séoul en janvier, les températures sur les plateformes peuvent descendre bien en dessous de zéro, même si les espaces intérieurs sont chauffés.

tours gratte-ciel observation
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FAQ

Quelle est la tour la plus haute du monde en 2026 ?

En 2026, la tour la plus haute du monde est le Burj Khalifa à Dubaï, avec 828 mètres de hauteur architecturale. Inauguré le 4 janvier 2010, il conserve ce titre depuis plus de seize ans, une longévité exceptionnelle dans un domaine où les records changent régulièrement. Le deuxième est la Merdeka 118 à Kuala Lumpur (678,9 m), inaugurée en novembre 2023. Ces deux tours dominent très largement le reste du classement : la troisième, la Shanghai Tower, est à 632 mètres.

Quel sera le futur gratte-ciel le plus haut du monde ?

La Jeddah Tower en Arabie saoudite est le projet le plus avancé visant à détrôner le Burj Khalifa. Sa hauteur prévue est de 1 007 mètres, le premier bâtiment à dépasser le kilomètre. Le chantier, interrompu en 2017 pour des raisons techniques et politiques, a repris en 2023. L'achèvement est visé entre 2028 et 2030, avec les incertitudes habituelles sur ce type de chantier pharaonique. Architecte : Adrian Smith (Adrian Smith + Gordon Gill Architecture), qui avait déjà conçu le Burj Khalifa.

Quel est le plus haut gratte-ciel d'Europe ?

Cela dépend du périmètre retenu. Si l'on inclut la Russie (périmètre CTBUH) : le Lakhta Center à Saint-Pétersbourg, avec 462 mètres, est le plus haut bâtiment d'Europe (2019). Dans l'Union européenne, c'est la Varso Tower à Varsovie (310 mètres, 2022). En France, la tour la plus haute reste la Tour Montparnasse à Paris (210 m), malgré plusieurs projets de nouvelles tours à La Défense qui ne sont pas sortis de terre.

Quels sont les 10 gratte-ciel les plus hauts du monde ?

Le classement 2026 selon la hauteur architecturale (méthode CTBUH) :

  1. Burj Khalifa, Dubaï, 828 m (2010)
  2. Merdeka 118, Kuala Lumpur, 678,9 m (2023)
  3. Shanghai Tower, Shanghai, 632 m (2015)
  4. Abraj Al-Bait Clock Tower, La Mecque, 601 m (2012)
  5. Ping An Finance Centre, Shenzhen, 599 m (2017)
  6. Lotte World Tower, Séoul, 555 m (2017)
  7. One World Trade Center, New York, 541 m (2014)
  8. Guangzhou CTF Finance Centre, Canton, 530 m (2016)
  9. Tianjin CTF Finance Centre, Tianjin, 530 m (2019)
  10. CITIC Tower (China Zun), Pékin, 528 m (2018)

Peut-on visiter le sommet du Burj Khalifa ?

Oui. Le Burj Khalifa dispose de deux observatoires ouverts au public : le « At the Top » au 124e étage (452 m) et le « At the Top Sky » au 148e étage (555 m). Les billets sont disponibles en ligne sur le site officiel. Tarifs : entre 50 et 75 € pour le 124e étage, jusqu'à 150 € pour la version VIP du 148e étage. La réservation à l'avance est vivement conseillée entre novembre et mars. Les créneaux du coucher et du lever du soleil s'épuisent en premier.

La Tour Eiffel est-elle un gratte-ciel ?

Non, au sens strict du terme. La Tour Eiffel (330 mètres jusqu'à l'antenne) est une structure métallique sans surface habitable significative, comparable dans sa conception à la CN Tower de Toronto. Selon les critères du CTBUH, elle ne satisfait pas aux conditions d'un gratte-ciel, qui doit comporter des étages occupables dans la grande majorité de sa hauteur. Ce n'est pas une critique architecturale, c'est simplement une question de définition. Si elle entrait dans le classement des gratte-ciel, elle se retrouverait à la 5e place en Europe, derrière le Lakhta Center et plusieurs tours de Moscou.

Conclusion

Les gratte-ciel les plus hauts du monde sont plus que des records dans un tableau. Ils reflètent des ambitions économiques, culturelles et politiques : Dubaï qui s'affiche sur la scène mondiale, la Malaisie qui célèbre son indépendance en visant les sommets, la Chine qui signe sa modernité tour après tour, l'Arabie saoudite qui vise le premier kilomètre. Chaque bâtiment de ce classement est le produit d'une décision politique autant que d'un calcul d'ingénieur.

Pour explorer concrètement les villes qui ont construit ces skylines, les parcours audioguidés Ryo offrent une plongée au niveau de la rue, dans les quartiers qui ont grandi autour de ces tours, dans les histoires que les guides habituels ne racontent pas. Et pour une perspective toute différente sur la verticalité, la Ryocity de Chamonix Là où la terre touche le ciel rappelle que la course à la hauteur n'appartient pas qu'aux architectes : les montagnes jouent le même jeu depuis bien plus longtemps.