Les 6 noms de La Canée

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L’histoire de La Canée est tout sauf un long fleuve tranquille. Il suffit de reprendre l’historique de ses noms pour le comprendre. Ici, tout commence vers 3650 avant notre ère sur la colline de Kastelli, où s’élève la puissante cité minoenne de Kydonia. Cette ville antique était si célèbre pour la qualité de ses vergers qu'elle a donné son propre nom au fruit que nous mangeons encore aujourd'hui : le coing, que les Anciens appelaient littéralement "la pomme de Kydonie. En 828, des corsaires arabes s'emparent de l'île, détruisent la cité et la rebaptisent Al-Khān, ce qui signifie « l'auberge » ou « la caravansérail ». Un siècle plus tard, en 961, les Byzantins reprennent le contrôle. Ils hellénisent le nom arabe donnant naissance à Chania. Au XIIIe siècle, les Vénitiens s'installent à leur tour. Ils latinisent le nom grec qui devient La Canea, l'origine directe de notre « La Canée » en français. Sous leur règne, la ville se fortifie et devient la splendide « Venise de l'Orient ». Le destin de la cité bascule de nouveau en 1645 avec l'arrivée des Ottomans, qui la nomment Hanya et en font plus tard la capitale de l'île. Les églises se coiffent alors de minarets et la place Splantzia devient le cœur du pouvoir turc. Ce n'est qu'en 1913, lors du rattachement de la Crète à la Grèce, que la ville scelle son histoire en retrouvant définitivement son nom grec officiel : Chania. Que d’identités pour une ville d’environ 50 000 personnes !

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