Chapelles de Médicis et Basilique San Lorenzo

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San Lorenzo n'est pas une église comme les autres. C'est le cœur spirituel et funéraire de la famille Médicis — la dynastie qui a façonné Florence pendant plus de trois siècles. Une première église est consacrée ici dès 393, par saint Ambroise de Milan. Pendant des siècles, elle reste un lieu de culte ordinaire. Tout change au XVe siècle, quand les Médicis prennent Florence en main. Les Médicis sont d'abord des banquiers. Giovanni di Bicci de Médicis fonde la banque familiale et bâtit une fortune colossale. C'est lui qui commande, en 1419, la reconstruction complète de San Lorenzo à Filippo Brunelleschi — le plus grand architecte de la Renaissance florentine, celui-là même qui a bâti le dôme de la cathédrale. Brunelleschi dessine une église sobre et rigoureuse. Un chef-d'œuvre de la première Renaissance. Mais la façade que vous avez devant vous ne sera jamais terminée. En 1518, le pape Léon X — lui-même un Médicis — confie le projet à Michel-Ange. Le chantier est abandonné trois ans plus tard, faute de moyens. Ce que vous voyez, c'est une façade en brique nue, inachevée depuis cinq siècles. Dans la partie arrière du complexe, accessible par une entrée séparée, se trouve le véritable monument funéraire : les Chapelles des Médicis. La première, l'Ancienne Sacristie, est construite par Brunelleschi dès 1419. Giovanni di Bicci y est enterré avec son épouse. C'est le point de départ d'une longue tradition. Au fil des décennies, les Médicis deviennent les maîtres absolus de Florence, puis grands-ducs de Toscane. Ils veulent un mausolée à la hauteur. En 1519, deux papes Médicis confient à Michel-Ange la construction d'une Nouvelle Sacristie. Il y sculpte quatre figures allongées sur les tombeaux : le Jour et la Nuit, l'Aurore et le Crépuscule. La dernière chapelle est la Chapelle des Princes. Commandée en 1568, construite à partir de 1604 par Matteo Nigetti, elle devait incarner la toute-puissance des grands-ducs. Son intérieur est entièrement revêtu de marbres précieux aux couleurs vives. Six sarcophages y sont alignés. Le chantier a duré plus de trois cents ans : la coupole est ornée de fresques achevées au XIXe siècle, et le chantier n'est officiellement terminé que le siècle suivant. Les Médicis s'éteignent au XVIIIe siècle, sans héritiers directs. Ils laissent derrière eux une ville transformée, des œuvres d'art inestimables, et ce complexe unique, à la fois église, musée, et tombeau dynastique.

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