

La porte aux rats
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En empruntant le pont en bois qui relie le sanctuaire Oyama au château de Kanazawa, vous tombez nez à nez avec la Nezumita-mon, la « porte aux rats ». Bon, vous allez dire que je ne vous fais certainement pas passer par la grande porte, mais derrière ce nom insolite se cachent plusieurs histoires qui valent le coup. La légende locale raconte que les rongeurs du jardin voisin s'y promenaient un peu trop librement, mais la version la plus probable vient de son apparence. Regardez attentivement sa façade : contrairement à toutes les autres portes du château, les joints du bardage ne sont pas blancs, mais recouverts d'un plâtre noir bien particulier. Vu de loin, ce quadrillage sombre percé de cavités évoque un réseau de nids de rats. Construite à l'époque féodale pour permettre aux seigneurs et aux dames de cour de circuler discrètement entre leurs appartements et l'annexe du château, cette porte-tourelle à deux niveaux cache un secret militaire sous ses fondations : une sortie de secours dérobée, la porte uchimon, creusée juste au ras du fossé. Elle offrait aux samouraïs un accès furtif pour lancer des attaques surprises. Son toit est lui aussi unique, recouvert de tuiles en plomb coulé, une signature technique du clan Maeda. D’ailleurs, la porte que vous contemplez sous vos yeux est une miraculée du patrimoine. Brûlée en 1884 sous l'ère Meiji, elle a totalement disparu du paysage pendant plus de cent quarante ans, ne subsistant que sur de rares photographies d'époque. Ce n'est qu'en 2020 qu'elle a été entièrement reconstruite à l'identique en bois traditionnel, offrant désormais un passage majestueux aux promeneurs.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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