

Le château de Kanazawa
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Le château de Kanazawa s’étire du long de ses 90 mètres face à vous, couronné tout à gauche par la tourelle Hishi-yagura. Inutile de vous tordre le cou, ne cherchez pas une grande tour dominante du regard car ce site a la particularité unique d'être un château sans donjon. Pour comprendre cette curiosité, il faut remonter à l'époque féodale. Le clan Maeda régnait sur le domaine de Kaga, le plus riche du Japon après celui du Shogun, le dirigeant suprême du pays. Sa fortune vertigineuse provenait d'une production annuelle dépassant le million de koku de riz. Et oui, à l'époque, oubliez les pièces d'or ou les billets verts : la vraie monnaie de la puissance, c'était le riz ! Le koku mesurait la quantité exacte de riz pour nourrir un samouraï pendant un an, soit environ 180 litres bien tassés, servant à évaluer la richesse d'un seigneur et la taille de l'armée qu'il pouvait lever. On surnommait d'ailleurs le coin le « Kaga au million de koku ». Autant vous dire que cette montagne de riz, couplée à une position géographique ultra-stratégique, donnait des sueurs froides au Shogun à Edo, qui surveillait le clan Maeda comme le lait sur le feu. Alors lorsque le donjon s'effondre lors d'un gigantesque incendie en 1759, le clan Maeda fait un choix politique brillant : renoncer à le rebâtir. Ériger une nouvelle tour militaire aurait été perçu comme une provocation. Les Maeda adoptèrent alors une « doctrine de modestie stratégique », réorientant leurs richesses vers les arts, l'artisanat de la feuille d'or, la céramique Kutani et la création du splendide jardin Kenrokuen tout proche. Néanmoins, ce que vous observez aujourd'hui est le fruit d'un projet de reconstruction d'une précision folle lancé en 2001. Le corps du château et ses tourelles ont été réédifiés à l'ancienne, en bois massif et sans le moindre clou. Regardez bien la tourelle Hishi-yagura : sa forme bizarre en losange n'est pas une coquetterie d’architecte, elle permettait aux gardes de balayer les angles morts pour qu'aucun intrus ne vienne jouer les troubles-fêtes. Si vous êtes friands de reconstruction, ouvrez l’œil en vous promenant dans le parc : les remparts forment un véritable musée de la maçonnerie. Vous y trouverez de tout : des rochers bruts empilés à la va-vite, des blocs taillés qui s'emboîtent au millimètre près, et ces superbes pierres volcaniques du mont Toshimuro voisin. Le tout est sublimé par le motif namako-kabe, ce bardage en relief qui ressemble à des croisillons et qui protège les façades contre les intempéries locales. L'accès aux espaces extérieurs du parc est entièrement libre. Comptez simplement 320 yens si vous souhaitez visiter l'intérieur des tourelles et du château, ouvert de 9 h à 16 h 30.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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