

Musée de Tokuda Shusei
©金沢市, CC BY 2.1 JP httpscreativecommons.orglicensesby2.1jpdeed.en, via Wikimedia Commons
Regardez un instant le petit pont de bois Umeno-hashi et les cerisiers au bord de la rivière Asano. Ce décor d'une grande sérénité, c'est le cadre de vie où a grandi Tokuda Shūsei, né en 1871 et considéré aujourd'hui comme l'un des trois plus grands écrivains de Kanazawa. Le musée contemporain érigé à votre gauche lui rend hommage. Pourtant, ses débuts littéraires frôlent le vaudeville. En 1892, le jeune Shūsei part à Tokyo tenter sa chance auprès du plus grand maître de l'époque, Ozaki Kōyō. Lorsqu'il frappe à sa porte, c'est un autre jeune apprenti qui lui ouvre et lui claque poliment la porte au nez : un certain Izumi Kyōka ! Ironie du sort, ce rival impromptu, originaire lui aussi de Kanazawa, finira par se prendre d'amitié pour lui et le recommandera au maître trois ans plus tard. Shūsei n'est pas un romantique en quête de héros extraordinaires. C'est l’une des grandes figures du naturalisme japonais. Son sujet d'étude ? Les gens ordinaires, les problèmes d'argent, les petits compromis du quotidien et surtout des portraits de femmes d'une modernité stupéfiante pour l'époque, en quête d'indépendance dans une société ultra-conservatrice. Sa plume est si brillante que Kawabata Yasunari, le futur prix Nobel, le qualifiera de « maître du roman ». L'homme avait aussi un passe-temps plus inattendu : à soixante ans passés, il s'est passionné pour les cours de danse de salon, tirant de cette expérience un roman à succès qui a relancé sa carrière ! Si vous ne deviez en lire qu’un, plongez-vous dans Arakure sans hésitation, aussi adapté en film sous le nom de “Une femme indomptable”.
Ce point d'intérêt est présent dans les parcours ...
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