Quartier de Higashi Chaya

Shutterstock

Le quartier des maisons de thé de l'est vous ouvre ses portes. Vous voici arrivé au cœur de l'un des trois quartiers de geishas historiques de Kanazawa, classé au patrimoine national. Avec ses cent quarante bâtiments traditionnels préservés, ce paysage urbain séculaire est l’occasion d’un véritable voyage dans le temps. Pour comprendre la naissance de ce quartier en 1820, il faut remonter aux décisions du clan Maeda. Avant cette date, les maisons de thé, appelées chaya, étaient éparpillées un peu partout autour du château. Mais les seigneurs trouvaient que toute cette agitation manquait cruellement de tenue. Pour des raisons de morale, de fiscalité et surtout de contrôle, le douzième seigneur de Kaga a donc regroupé et enfermé ces établissements dans des périmètres sous haute surveillance : Higashi à l'est, Nishi à l'ouest, puis plus tard Kazue-machi. Mais on est loin d’une censure, le clan Maeda a largement financé ces lieux pour transformer la fête en art majeur. Sur place, oubliez le mot geisha si vous voulez briller auprès des locaux : cette appellation vaut pour Tokyo. À Kanazawa, on leur préfère le titre de geiko. Autre différence majeure avec Kyoto : zéro maiko, ces adolescentes apprenties aux chignons spectaculaires. À Kanazawa, pas de stage d'observation ! Les geiko commencent directement à travailler une fois leur apprentissage terminé, ne vivent pas dans les chayas et rentrent sagement chez elles le matin venu. D’ailleurs, vous devez vous demander ce qu’est une chaya exactement ? Ce n'est ni un simple salon de thé pour commander un gâteau, ni un restaurant classique. C'est un club ultra-privé où la geiko reçoit ses invités pour un spectacle intimiste de musique, de danse et de poésie. Heureusement, pour repérer les chayas depuis la rue, l'architecture est de notre côté. Remarquez d'abord que ces maisons possèdent deux étages. À l'époque d'Edo, construire en hauteur était un privilège strictement réservé aux élites. Mais pour que ces messieurs puissent faire la fête à l'abri des regards, les maisons de thé ont obtenu un passe-droit exceptionnel afin d'installer leurs salons de réception au premier étage. Observez ensuite les fenêtres du rez-de-chaussée, elles sont couvertes d'un treillis de bois appelé kimusuko, dont les lattes sont tellement serrées qu'on les surnomme les « cages à insectes ». Taillées en biseau, elles créent un véritable miroir sans tain version féodale : depuis la rue, impossible de deviner ce qui se passe à l'intérieur, mais depuis le salon, les clients voient parfaitement les passants. Enfin, le haut des façades arbore un rouge-brun caractéristique, le bengara. Ce pigment naturel à base d'oxyde de fer ne servait pas qu'à faire joli, il protégeait aussi efficacement le bois contre les champignons, l'humidité et les insectes. Si la plupart des maisons verrouillent encore leurs portes pour leurs réceptions privées du soir, vous pouvez découvrir les coulisses d’une soirée avec les geikos dans la maison Shima.

+1 million de voyages avec Ryo

Visitez les villes avec nos guides audios. Parcourez les plus belles rues, savourez chaque anecdote.

Google Play

Vos commentaires, idées et suggestions

Aucun avis pour le moment

Votre tempo, nos guides audio

Google Play