Randonnée autour d'Amiens : itinéraires et sentiers nature en 2026
Emilie

Créé par Emilie, le 15 août 2026

Votre guide Ryo

Randonnée autour d'Amiens : itinéraires et sentiers nature en 2026

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Amiens n'a pas la réputation d'un point de départ de randonnée. Sa cathédrale gothique, la plus vaste de France, attire tous les regards vers le ciel, rarement vers les chemins qui partent de ses quais. Pourtant, toute randonnée autour de la capitale picarde commence à moins de dix minutes à pied du parvis : la Somme s'y fragmente en dizaines de bras d'eau et dessine l'un des paysages de marais les plus singuliers du pays. Vous démarrez dans les Hortillonnages, ces jardins flottants cultivés depuis le Moyen Âge, avant de filer vers les marais de Boves, de Daours ou de Blangy-Tronville, puis vers la vallée de la Somme jusqu'à Corbie. Le parcours audioguidé Ryo d'Amiens complète utilement ces sorties nature pour la partie patrimoniale du centre historique.

Une douzaine d'itinéraires composent la suite de cet article, du sentier de 3 kilomètres accessible en famille jusqu'à l'excursion d'une journée vers la baie de Somme. On y croise des roselières où nichent les phragmites, un parc archéologique remontant à 600 000 ans, une abbaye carolingienne posée au bord de l'eau, un château féodal en ruine et des kilomètres de chemin de halage ombragés. Amiens et ses environs immédiats offrent un réseau de sentiers balisés assez dense pour occuper un week-end entier sans reprendre la voiture.

Hortillonnages d'Amiens
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Les Hortillonnages, une randonnée entre jardins flottants et venelles d'eau

Le point de départ logique se trouve à l'est du centre-ville, entre les quartiers de Saint-Maurice et de Camon. Les Hortillonnages d'Amiens forment un maillage d'environ 300 hectares de jardins maraîchers et d'aires cultivées séparés par des centaines de petits canaux, les rieux, creusés et entretenus à la main depuis le Moyen Âge sur les terres alluviales de la Somme. On les visite traditionnellement en barque à cornet, mais un sentier pédestre longe une partie du site et permet une approche différente, plus lente, au ras de l'eau.

La boucle la plus praticable à pied démarre au niveau du quai Bélu, longe la plaine Saint-Pierre puis rejoint le village de Camon, l'un des trois hameaux historiquement rattachés aux hortillonnages avec Rivery et Saint-Maurice. Comptez environ 5 kilomètres et 1h30 de marche tranquille, ponctuée de passerelles en bois et de jardins privés où poussent encore poireaux, artichauts et fleurs coupées. Les hortillons, ces maraîchers qui cultivent la parcelle familiale depuis plusieurs générations, vendent une partie de leur récolte au marché sur l'eau de la place Parmentier, en plein cœur du quartier Saint-Leu : il se tient chaque samedi matin, et prend une tout autre ampleur lors de la grande fête annuelle du marché sur l'eau, en juin, où les producteurs arrivent en barque comme autrefois.

Le meilleur moment pour marcher ici reste tôt le matin, quand la brume stagne encore sur les canaux et que les hérons cendrés pêchent sans être dérangés. Évitez le week-end en pleine saison touristique : les groupes en barque se croisent alors toutes les cinq minutes sur les rieux principaux, et l'ambiance change du tout au tout. Pour prolonger la balade, un crochet par le quartier Saint-Leu, avec ses maisons colorées au bord de l'eau et ses venelles pavées, complète naturellement cette première étape avant de rejoindre le reste de la ville.

Si vous disposez d'une heure supplémentaire, embarquez malgré tout sur une barque à cornet traditionnelle : certaines parcelles ne sont accessibles que par l'eau, et le silence propre à ces embarcations à fond plat change la perception du site. Les cornets, longues perches utilisées pour propulser la barque plutôt que ramer, ont donné leur nom à l'embarcation. Les sorties guidées de l'association qui gère les hortillonnages fonctionnent du 1er avril au 31 octobre 2026, à raison de 45 minutes de navigation environ. Le programme complet des animations saisonnières figure dans le calendrier Ryo des événements à Amiens, pratique pour caler sa visite sur un week-end particulier.

Marais de la Somme
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Le marais de la Queue à Blangy-Tronville, immersion dans les zones humides de la Somme

À une dizaine de minutes en voiture au sud-est d'Amiens, le marais de la Queue (Rue du Marais, 80440 Blangy-Tronville, noté 4.8/5 sur Google pour 10 avis) s'étend sur la commune de Blangy-Tronville, dans le prolongement direct de la vallée de la Somme. Contrairement aux hortillonnages, ici pas de jardins cultivés : la zone humide a été laissée à la nature depuis l'abandon progressif des activités de tourbage au XXe siècle, et elle abrite aujourd'hui une belle population de busards des roseaux, espèce protégée qui chasse en vol lent au-dessus des roselières.

Le sentier balisé qui traverse le site fait un peu plus de 6 kilomètres aller-retour, sur un terrain plat mais parfois humide après les pluies : prévoyez des chaussures qui tolèrent la boue plutôt que des baskets de ville. Le tracé alterne entre passerelles en bois surélevées au-dessus des roselières et portions de chemin engazonné en lisière de peupleraie. Des observatoires ornithologiques discrets, installés par endroits, permettent de patienter sans déranger la faune.

Le printemps reste la période la plus intéressante pour cette randonnée : les migrateurs font halte dans les roselières entre mars et mai, et les hérons pourprés, plus discrets que leurs cousins cendrés des hortillonnages, s'y observent parfois en petit nombre. En été, la végétation dense referme une partie des perspectives, mais la fraîcheur du sous-bois compense largement la chaleur du plateau picard. Beaucoup de randonneurs enchaînent ce marais avec celui de Daours, un peu plus à l'est, pour former une boucle d'une demi-journée complète.

Ce secteur de la vallée fait aussi partie des zones que les habitants d'Amiens connaissent mal, malgré sa proximité immédiate avec la ville. Le contraste avec le centre historique, à peine 6 kilomètres à vol d'oiseau, surprend souvent les visiteurs venus de plus loin : ici, aucun bruit de circulation, seulement le vent dans les roseaux et, parfois, le cri sec d'un martin-pêcheur qui plonge.

Le sentier des marais de Daours, une boucle courte au fil de la rivière

Daours, petit village posé sur la rive droite de la Somme à environ 12 kilomètres d'Amiens, propose une randonnée plus courte et plus accessible que celle de Blangy-Tronville, idéale pour une sortie de fin d'après-midi. Le sentier des marais de Daours (Chemin des Marais, 80800 Daours) forme une boucle d'environ 4 kilomètres, praticable en 1h à 1h15 sans difficulté technique.

Le départ se fait depuis le petit parking communal, près du cimetière militaire britannique de Daours, où reposent des soldats du Commonwealth tombés lors des combats de la Somme : un rappel discret que toute la vallée a servi de ligne de front en 1916 et 1918. Le sentier longe ensuite un plan d'eau né d'anciennes extractions de tourbe, aujourd'hui reconverti en zone de pêche et d'observation, avant de rejoindre la rivière elle-même sur son dernier tiers.

Ce parcours convient particulièrement bien aux familles avec de jeunes enfants ou aux marcheurs qui découvrent la région pour la première fois : le balisage est clair, le dénivelé nul, et plusieurs bancs jalonnent le tracé pour faire une pause. Beaucoup l'associent à une visite du village lui-même, avec son église reconstruite après-guerre et ses quelques commerces de proximité.

La réserve naturelle de l'étang Saint-Ladre, à l'ombre du château de Boves

À Boves, à une quinzaine de minutes au sud-est d'Amiens, deux patrimoines se superposent sur un même site : une zone humide strictement protégée et les ruines d'un château féodal du XIe siècle. La réserve naturelle nationale de l'étang Saint-Ladre, créée en 1979, ne couvre que 13,4 hectares, mais cette petite surface concentre une mosaïque de roselières, de bas-marais alcalins et de boisements humides devenue rare dans le nord de la France : deux douzaines d'espèces végétales y sont considérées comme rares à exceptionnelles à l'échelle picarde.

Le sentier de découverte qui dessert la réserve est aménagé en stabilisé et jalonné de bornes explicatives sur la formation du marais, la tourbe et la gestion par pâturage et fauche. Vous en faites le tour en une petite heure, jumelles autour du cou. La randonnée se prolonge naturellement vers la butte du château de Boves (Rue du Château, 80440 Boves, noté 3.6/5 sur Google pour 10 avis), motte féodale en ruine qui domine la vallée de l'Avre (Cagny, 80330 Cagny, noté 4.3/5 sur Google pour 266 avis) et offre l'un des seuls points de vue en hauteur de tout le secteur : les fouilles archéologiques menées sur le site pendant plus de vingt ans ont mis au jour les traces successives du castrum, de l'église et du village médiéval.

Comptez environ 2 heures pour l'ensemble étang plus château, montée comprise. La vue depuis la ruine embrasse toute la vallée de l'Avre, qui rejoint la Somme un peu plus au nord : un bon aperçu, avant d'attaquer l'itinéraire suivant, de la manière dont les deux rivières structurent la géographie du sud amiénois.

Vallée de la Somme
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La vallée de la Somme entre Amiens et Corbie, une randonnée au fil de l'eau

C'est sans doute l'itinéraire le plus complet pour qui veut comprendre la vallée de la Somme en une seule sortie. Le chemin de halage qui longe la rivière relie Amiens à Corbie sur environ 15 kilomètres, un tracé plat, entièrement praticable à pied ou à vélo, qui traverse Camon, Lamotte-Brebière et Daours avant d'atteindre l'abbatiale.

La plupart des randonneurs ne font pas l'intégralité du tracé en une fois : beaucoup choisissent un tronçon de 6 à 8 kilomètres entre Amiens et Lamotte-Brebière, quitte à revenir en train ou en covoiturage. Le chemin alterne entre portions ombragées de peupliers et passages plus ouverts en bord de prairie humide, où paissent parfois des chevaux de trait. Les hérons cendrés, encore eux, ponctuent le trajet à intervalles réguliers, postés immobiles sur les bancs de sable de la rivière.

Corbie, à l'arrivée, mérite qu'on s'y attarde. La ville s'est développée autour d'une abbaye bénédictine fondée entre 657 et 661 par la reine Bathilde, veuve de Clovis II. De l'immense abbatiale Saint-Pierre reconstruite à partir de 1501 en gothique flamboyant, il ne subsiste qu'un tronçon : la nef, longue de 117 mètres à l'origine, a été ramenée à 36 mètres après les destructions révolutionnaires, mais la façade et ses deux tours de 55 mètres de haut restent impressionnantes quand on débouche du chemin de halage.

Le bourg garde aussi la mémoire de la Première Guerre mondiale : c'est près de Corbie que le baron rouge, l'aviateur allemand Manfred von Richthofen, a été abattu en avril 1918. Pour les marcheurs qui veulent pousser plus loin, une variante permet de rejoindre le mémorial national australien (Route de Villers-Bretonneux, 80800 Fouilloy, noté 4.8/5 sur Google pour 1 294 avis) de Villers-Bretonneux, implanté sur la commune de Fouilloy à 3 kilomètres à peine de Corbie. L'accès au mémorial, au cimetière militaire et au centre Sir John Monash qui le jouxte est entièrement gratuit, et l'escalier de la tour offre un panorama à 360 degrés sur la vallée, accessible aux heures d'ouverture du centre (9h30 à 18h de mars à octobre). Cette extension transforme la sortie en une véritable randonnée d'une journée, avec un retour organisé en bus ou en taxi vers Amiens si les jambes commencent à fatiguer.

Côté pratique, le chemin de halage ne comporte quasiment aucun dénivelé, ce qui en fait un itinéraire accessible même aux marcheurs peu entraînés, à condition de prévoir de quoi boire : les points d'eau sont rares entre Amiens et Corbie, et les commerces se limitent aux villages traversés.

La vallée de l'Avre, l'autre rivière qui façonne le sud d'Amiens

Moins connue que la Somme, l'Avre mérite pourtant sa propre randonnée. Cette rivière, qui prend sa source dans l'Oise avant de traverser le sud du département, rejoint le fleuve principal juste au sud d'Amiens, près de Longueau. La boucle qui suit ses berges entre Boves et Cagny couvre environ 8 kilomètres et permet de découvrir un paysage plus vallonné que celui de la vallée principale.

Le sentier traverse d'abord des prairies de fauche, où le foin est encore ramassé en petites bottes rondes à l'ancienne dans certaines exploitations, avant de longer un moment la voie ferrée puis de replonger vers la rivière au niveau d'un ancien moulin à eau reconverti en habitation. La faible fréquentation de cet itinéraire, comparée aux hortillonnages ou au marais de la Queue, en fait un bon choix pour les randonneurs en quête de calme.

Cagny, le village d'arrivée, garde quelques maisons anciennes et une église qui vaut un rapide détour avant de reprendre la route vers Amiens. Pour les amateurs de patrimoine rural, cette vallée complète bien la sélection Ryo des plus beaux villages autour d'Amiens, qui détaille plusieurs bourgs à ne pas manquer dans un rayon de 30 kilomètres.

Les bois et coteaux aux portes de la ville, une bouffée d'air sans quitter Amiens

Toutes les randonnées ne nécessitent pas de sortir de l'agglomération. Les coteaux qui bordent la vallée côté sud offrent un dénivelé inhabituel pour la région et quelques points de vue insoupçonnés sur les toits de la ville et sa flèche gothique.

Le parc Saint-Pierre et le jardin de la Hotoie (Chaussée Jules Ferry, 80000 Amiens, noté 4.3/5 sur Google pour 2 016 avis), reliés par une promenade continue le long de la Somme, forment une base agréable pour une boucle urbaine d'1h30 environ, avant de grimper vers les hauteurs du sud de la ville. Peu de visiteurs pensent à combiner marche et patrimoine bâti à Amiens, alors que la ville s'y prête particulièrement bien grâce à la densité de son réseau de venelles et de berges aménagées : le parcours audioguidé Ryo d'Amiens, 27 audios pour 7,4 kilomètres de marche, suit d'ailleurs une bonne partie de ce fil.

Cette option convient bien aux jours de pluie ou aux fins de séjour, quand on n'a plus le temps de s'éloigner en voiture mais qu'on veut malgré tout marcher un peu avant de reprendre la route.

Le parc de Samara, randonner dans 600 000 ans d'histoire

À environ 12 kilomètres au nord-ouest d'Amiens, sur la commune de La Chaussée-Tirancourt, le parc archéologique de Samara (Route de Long, 80310 La Chaussée-Tirancourt, noté 4.3/5 sur Google pour 2 607 avis) occupe un site rare : un éperon dominant un méandre de la Somme, fréquenté depuis le Paléolithique jusqu'à l'époque gauloise. Le nom même du parc reprend celui donné par les Romains à la ville d'Amiens, Samarobriva, le pont sur la Samara.

Le site combine un arboretum organisé par grandes périodes de l'histoire végétale, des reconstitutions d'habitats préhistoriques et gaulois grandeur nature, et surtout un réseau de sentiers qui serpentent entre marais et boisements sur une trentaine d'hectares. Comptez une demi-journée pour parcourir l'ensemble à pied, en incluant la montée vers le belvédère qui domine la vallée : la vue depuis ce point haut, rare dans une région plutôt plate, permet de saisir d'un coup d'œil la géographie que l'on a arpentée depuis Amiens.

Les chemins du parc traversent une roselière et longent des étangs nés d'anciennes tourbières, sur des tracés stabilisés praticables même après la pluie, un vrai avantage dans une vallée aussi humide. Les familles apprécient particulièrement les ateliers de démonstration proposés au fil de la saison, tir au propulseur préhistorique, taille de silex ou poterie, qui transforment la randonnée en sortie pédagogique pour les enfants.

Seule contrainte notable par rapport aux autres sentiers de cet article, tous en accès libre : Samara est un site payant et saisonnier. Le parc rouvre le 11 avril 2026 et reste ouvert tous les jours jusqu'au 1er novembre, avec une entrée à 11 euros pour un adulte en basse saison et 12,50 euros en juillet et août, autour de 10 euros pour un enfant de 4 à 12 ans. Le forfait famille, entre 32 et 35 euros selon la période, reste l'option la plus économique à quatre.

Picquigny, un château féodal et un balcon sur la vallée en aval d'Amiens

À 13 kilomètres au nord-ouest d'Amiens, sur la route de Samara et d'Abbeville, Picquigny offre une combinaison inattendue : une ruine médiévale monumentale, une collégiale d'exception et des sentiers de coteau qui grimpent au-dessus des étangs de la vallée.

Le château de Picquigny (Rue du Château, 80310 Picquigny, noté 4.4/5 sur Google pour 92 avis), propriété des vidames d'Amiens jusqu'au XVIIIe siècle, remonte au XIe siècle, avant d'être reconstruit au XIVe puis complété aux XVIe et XVIIe siècles. C'est ici, sur un pont aménagé au-dessus de la Somme, que Louis XI et Édouard IV d'Angleterre signèrent en 1475 le traité de Picquigny, qui mit fin aux hostilités entre les deux royaumes. Dans l'enceinte, la collégiale Saint-Martin, bâtie du XIIe au XVIe siècle avec la pierre calcaire extraite des carrières voisines de La Chaussée-Tirancourt, se visite chaque après-midi en juillet et en août.

Les circuits balisés au départ du village font de 5 à 12 kilomètres selon la variante choisie. Le plus intéressant grimpe sur le coteau, traverse une lisière de bois puis redescend vers les étangs, avec un panorama qui porte loin sur les méandres et les peupleraies. Le dénivelé reste modeste, mais suffisant pour donner l'impression d'un vrai relief après les tracés plats du fond de vallée. Le retour en train depuis la gare de Picquigny, sur la ligne Amiens-Abbeville, permet d'éviter l'aller-retour en voiture.

Château de Picquigny
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Baie de Somme
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Une excursion à la baie de Somme, la randonnée à marée basse

Aucun tour d'horizon des sentiers de la Somme ne serait complet sans la baie, à environ 70 kilomètres au nord-ouest, accessible en un peu plus d'une heure de route ou en train jusqu'à Noyelles-sur-Mer. Ce n'est plus, à proprement parler, une sortie aux portes d'Amiens, mais l'excursion s'impose naturellement pour qui veut prolonger son séjour d'une journée.

Saint-Valery-sur-Somme (Quai du Romerel, 80230 Saint-Valery-sur-Somme, noté 4.6/5 sur Google pour 5,2K avis), cité médiévale fortifiée d'où serait parti Guillaume le Conquérant en 1066, constitue un excellent point de départ. De là, un sentier côtier longe la baie jusqu'au Crotoy, sur environ 12 kilomètres, en suivant tantôt la digue-promenade, tantôt le rivage à marée basse quand le sable et les vasières se découvrent sur plusieurs kilomètres.

La traversée de la baie à marée basse, encadrée par un guide agréé, reste l'expérience la plus recherchée : les sables mouvants et la vitesse de la marée montante rendent cette traversée dangereuse en autonomie, et les guides locaux, souvent d'anciens bergers de moutons de prés-salés, connaissent les chenaux à éviter. Comptez environ 3 heures pour une traversée guidée classique, phoques compris : la colonie de phoques veaux-marins qui se repose sur les bancs de sable au large est la plus importante de France.

Cette excursion se prête bien à une organisation en deux temps : matinée consacrée à Saint-Valery et à son quartier des Courtines, après-midi réservée à la baie proprement dite. Beaucoup de visiteurs venus d'Amiens pour la journée regrettent ensuite de ne pas avoir prévu une nuit sur place tant le programme se révèle dense.

La citadelle et les quais d'Amiens, une balade urbaine entre patrimoine et nature

Avant ou après une sortie dans les marais environnants, la ville elle-même mérite une marche à part entière. La citadelle d'Amiens domine un coude de la Somme au nord du centre historique. Sa construction commence en 1598, après la reprise de la ville aux Espagnols par Henri IV : l'ingénieur Jean Errard de Bar-le-Duc, considéré comme le père de la fortification bastionnée française, y dessine une enceinte pentagonale à cinq bastions qui préfigure les systèmes de Vauban. Le site, réaménagé en campus universitaire, se parcourt aujourd'hui librement.

Depuis les remparts, un chemin descend vers les quais et longe la rivière jusqu'au pied de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens (Place Notre-Dame, 80000 Amiens, noté 4.8/5 sur Google pour 17 544 avis), inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1981 et réputée pour être la plus vaste cathédrale gothique de France. Ce tronçon urbain, d'environ 4 kilomètres aller simple, traverse successivement le quartier Saint-Leu, ses canaux et ses maisons colorées, puis la place du Don et le parvis de la cathédrale.

Cette portion se combine idéalement avec le parcours audioguidé Ryo d'Amiens, qui détaille l'histoire de chaque quartier traversé et permet d'alterner marche et pauses commentées sans avoir à consulter un plan en permanence. Pour les visiteurs pressés, cette boucle urbaine reste la façon la plus efficace de comprendre en une demi-journée pourquoi Amiens mérite qu'on lui consacre plus qu'une simple étape.

Citadelle d'Amiens
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Le GR 800, le sentier de grande randonnée qui suit toute la vallée de la Somme

Au-delà des boucles courtes détaillées plus haut, un itinéraire de grande randonnée balisé blanc et rouge suit le fleuve d'un bout à l'autre. Le GR 800, entretenu par les comités de la Fédération française de la randonnée pédestre, relie Fonsomme, dans l'Aisne, où la Somme prend sa source, à Saint-Valery-sur-Somme : 227 kilomètres que les marcheurs entraînés bouclent en une dizaine de jours, avec très peu de dénivelé.

Le tronçon Amiens-Corbie, déjà présenté plus haut, correspond à un segment logique de ce grand tracé. Vient ensuite une portion moins fréquentée en aval, qui traverse une mosaïque de villages agricoles et de petits bois, passe par le secteur de Picquigny et de Samara, puis rejoint Abbeville et les monts de Caubert avant de plonger vers la baie. Peu de marcheurs parcourent l'intégralité du GR en une seule fois : la plupart le découpent en week-ends successifs, en s'appuyant sur les gares de la ligne Amiens-Abbeville pour organiser les retours.

Les comités de randonnée et les offices de tourisme de la vallée éditent des topo-guides détaillés, avec profils d'étape et hébergements. Pour une première approche, mieux vaut se limiter à un ou deux tronçons plutôt que de viser l'ensemble : la vallée se prête davantage à une découverte fractionnée qu'à un trek continu.

randonnée famille enfants nature
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Randonner en famille, les boucles accessibles aux enfants

Parmi tous les itinéraires cités, trois se distinguent pour une sortie avec de jeunes enfants : le sentier des marais de Daours, la boucle de l'étang Saint-Ladre à Boves et les chemins stabilisés du parc de Samara. Tous trois combinent un dénivelé nul, une distance courte et des éléments concrets pour capter l'attention des plus petits, reconstitutions préhistoriques à Samara, observatoires et panneaux nature à Boves, plan d'eau et pêcheurs à Daours.

Les hortillonnages fonctionnent également très bien en famille, à condition de privilégier la balade en barque plutôt que la marche : les enfants apprécient généralement davantage l'expérience de navigation que la boucle pédestre, plus longue et moins spectaculaire à leurs yeux. Pour les familles qui cherchent d'autres idées de sorties dans la région, le guide Ryo sur que faire à Amiens et aux alentours complète utilement cette sélection avec des activités non liées à la marche.

Un dernier conseil pratique : prévoyez toujours plus d'eau et de collations que nécessaire. Les villages traversés, souvent petits, ne comptent parfois aucun commerce ouvert en semaine.

Quel itinéraire choisir selon le temps dont vous disposez

Une heure devant vous ? La boucle de l'étang Saint-Ladre ou le sentier des marais de Daours suffisent. Une demi-journée ? Visez Samara, le marais de la Queue ou la boucle urbaine citadelle-Saint-Leu-cathédrale. Une journée entière ? Le chemin de halage jusqu'à Corbie, prolongé vers le mémorial de Fouilloy, ou l'excursion en baie de Somme. Un week-end complet ? Enchaînez deux tronçons du GR 800 en dormant à Picquigny ou à Corbie.

Marais d'Amiens
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Marais Amiens
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Quand partir et comment préparer sa sortie

Le climat picard, océanique et souvent humide, impose quelques précautions simples. Le printemps, entre avril et juin, reste la saison la plus intéressante pour observer la faune des marais et profiter d'une lumière encore douce, avant la chaleur de l'été qui assèche partiellement certains sentiers.

L'automne offre une alternative valable, avec des couleurs qui transforment les peupleraies du chemin de halage, mais les journées raccourcissent vite et certains sentiers deviennent boueux dès les premières pluies soutenues. L'hiver reste praticable sur les tronçons stabilisés, comme ceux de la citadelle ou des berges urbaines, mais déconseillé dans les marais de la Queue et de Blangy-Tronville, régulièrement inondés entre novembre et février. Vérifiez aussi les périodes de chasse dans les secteurs de plaine avant de vous engager sur les chemins ruraux en automne.

Côté équipement, des chaussures de randonnée imperméables suffisent pour la quasi-totalité des itinéraires listés ici, aucun ne nécessitant de matériel technique. Prévoyez simplement des jumelles si l'observation ornithologique vous intéresse, la vallée de la Somme comptant parmi les zones les plus riches du nord de la France pour cette pratique. Un fond de carte hors ligne rend également service : le réseau mobile devient capricieux dans certains fonds de vallée.

Où faire une pause après la marche

Amiens compte suffisamment d'adresses pour clore une journée de marche sans avoir à chercher longtemps. Le quartier Saint-Leu concentre l'essentiel des terrasses en bord de canal, pratiques pour un verre ou une gaufre après une boucle dans les hortillonnages. Plus près du centre, les rues piétonnes autour de la cathédrale regroupent boulangeries et petits restaurants ouverts en continu l'après-midi.

Pour les randonneurs curieux des spécialités locales, trois valeurs sûres : le macaron d'Amiens, biscuit moelleux aux amandes dont la recette remonte au XVIe siècle et qui n'a rien à voir avec son cousin parisien à la coque lisse, la ficelle picarde, crêpe fourrée au jambon et aux champignons gratinée à la crème, et le gâteau battu, brioche haute et légère en forme de toque. Le guide Ryo des spécialités culinaires d'Amiens détaille ces produits ainsi que les adresses où les trouver en centre-ville.

quartier Saint-Leu Amiens
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FAQ

Quelle est la plus belle randonnée autour d'Amiens ?

La boucle des Hortillonnages reste la plus emblématique, mais le chemin de halage entre Amiens et Corbie offre le meilleur équilibre entre distance, patrimoine et diversité de paysages sur une seule sortie.

Peut-on marcher dans les Hortillonnages d'Amiens ?

Oui, un sentier pédestre longe une partie du site autour de Camon et de la plaine Saint-Pierre, même si la visite en barque à cornet, proposée du 1er avril au 31 octobre, reste le moyen le plus complet d'explorer l'ensemble des parcelles.

Combien de temps prévoir pour visiter le parc de Samara ?

Comptez une demi-journée pour parcourir les sentiers, l'arboretum et le belvédère. Les familles qui souhaitent assister aux ateliers de démonstration peuvent prévoir une journée complète. Le parc est ouvert du 11 avril au 1er novembre 2026.

Quelle distance sépare Amiens de la baie de Somme ?

Environ 70 kilomètres séparent Amiens de Saint-Valery-sur-Somme, soit un peu plus d'une heure de route. La liaison en train jusqu'à Noyelles-sur-Mer constitue une alternative pratique sans voiture.

Existe-t-il des randonnées faciles pour les enfants autour d'Amiens ?

Le sentier des marais de Daours, la boucle de l'étang Saint-Ladre à Boves et les chemins stabilisés du parc de Samara conviennent tous aux familles, avec un dénivelé nul et des distances courtes.

Quel GR passe par Amiens ?

Le GR 800, sentier de la vallée de la Somme, traverse Amiens sur son parcours de 227 kilomètres entre Fonsomme, dans l'Aisne, et Saint-Valery-sur-Somme. Il est balisé en blanc et rouge et se prête bien à une découverte par tronçons.

Quelle est la meilleure période pour randonner autour d'Amiens ?

Le printemps, entre avril et juin, reste la période la plus favorable pour observer la faune des marais. L'automne offre de belles couleurs mais des sentiers plus humides, tandis que l'hiver limite l'accès aux zones les plus inondables.

Amiens se révèle finalement comme un point de départ bien plus riche qu'il n'y paraît pour qui aime marcher : marais protégés, vallées de rivières, forteresse d'Henri IV et parc préhistorique se succèdent dans un rayon restreint autour de la ville, sans jamais nécessiter de longs trajets. La diversité des paysages, de l'eau stagnante des roselières aux vasières mouvantes de la baie, permet de renouveler l'expérience à chaque saison.

Pour relier tout cela au cœur historique, le parcours audioguidé Ryo d'Amiens reste la meilleure manière de terminer le séjour : 27 audios et 7,4 kilomètres à pied qui enchaînent la citadelle, le quartier Saint-Leu et la cathédrale, avec un commentaire qui remet chaque lieu dans son contexte historique.