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Randonnée autour de Bayonne : 20 itinéraires du Vieux Bayonne à la Rhune (2026)
Entre l'Adour, la Nive et les premiers contreforts pyrénéens, Bayonne occupe une position que peu de villes françaises peuvent revendiquer : on peut lacer ses chaussures de marche au pied des remparts et rejoindre un sommet basque emblématique en moins d'une heure de route. C'est tout l'intérêt de la randonnée autour de Bayonne, elle enchaîne le pavé du Petit Bayonne, les crêtes frontalières avec l'Espagne et le littoral atlantique sans jamais quitter un rayon de 40 kilomètres. Avant de partir crapahuter, une boucle dans le Vieux Bayonne permet de comprendre la géographie qui a façonné tous les sentiers alentour, et le parcours audioguidé Ryo de Bayonne raconte justement comment remparts et rivières ont dessiné la cité au fil des siècles.
Ici, un petit train à crémaillère grimpe encore une montagne sacrée depuis 1924, une chapelle isolée du XVIIe siècle se mérite par un sentier de crête entre deux villages labellisés parmi les plus beaux de France, et une réserve ornithologique nichée dans les Landes accueille des spatules blanches à quelques encablures des vagues. Vingt itinéraires structurent cette sélection, du parcours familial de 40 minutes accessible aux poussettes tout-terrain jusqu'au sommet frontalier qui regarde l'Espagne, en passant par les crêtes qui dominent la vallée de la Nive et le littoral qui relie Bidart à Saint-Jean-de-Luz.
Le Vieux Bayonne à pied, la mise en jambes avant de prendre le large
La plupart des marcheurs filent directement vers les sommets, ratant l'occasion de comprendre pourquoi Bayonne est le point de départ logique de tous ces itinéraires. La ville s'est construite au confluent de deux rivières, l'Adour et la Nive, et cette géographie explique le tracé de chaque sentier qui rayonne ensuite vers l'intérieur des terres ou vers la côte.
La Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne, gothique et élancée, domine le Petit Bayonne depuis le XIIIe siècle. Son cloître, accessible gratuitement en journée, offre une pause fraîche avant de crapahuter, et ses flèches jumelles servent de repère visuel depuis plusieurs sommets alentour, dont l'Ursuya par temps clair. L'édifice figure aussi sur les listes du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Compostelle, un détail que peu de visiteurs pressés remarquent.
En longeant les remparts vers le sud, le Château Vieux (Rue des Gouverneurs, 64100 Bayonne, noté 4.2/5 sur Google pour 561 avis) rappelle que Bayonne fut anglaise pendant trois siècles avant de redevenir française en 1451. Vous pouvez enchaîner une boucle le long de la Nive, entre pans de fortifications et quais colorés, puis rejoindre l'Adour à hauteur du quartier Saint-Esprit, où les anciens entrepôts témoignent du passé portuaire de la ville.
Les fortifications remaniées par Vauban au XVIIe siècle offrent d'ailleurs un terrain de marche insoupçonné : les glacis engazonnés qui ceinturent le centre ancien se parcourent en continu sur près de deux kilomètres, à l'abri des voitures, et servent de parcours d'entraînement aux Bayonnais qui préparent une sortie en montagne. Depuis les bastions côté Citadelle, la vue porte sur les toits rouges du quartier Saint-Esprit et, les jours de grande transparence, sur la ligne bleue des Pyrénées que vous irez arpenter le lendemain. Comptez une trentaine de marches à monter par endroits, rien de méchant, mais des semelles crantées restent plus confortables que des baskets de ville après une nuit de pluie.
Cette boucle urbaine, environ 5 kilomètres au fil de l'eau, se marche en une heure et demie sans forcer, remparts inclus. Le plus simple est de démarrer place de la Liberté, de suivre les quais de la Nive jusqu'au pont Marengo, puis de remonter vers la cathédrale avant de boucler par les glacis. Pour prolonger la découverte du quartier avant de partir vers les crêtes, notre article Ryo sur le Petit Bayonne détaille les ruelles à ne pas manquer entre deux sorties, dont celles où se concentrent les bars à tapas basques.
La Rhune, la randonnée la plus emblématique du Pays Basque
Impossible d'évoquer les sentiers du Pays Basque sans commencer par la Rhune. À 905 mètres, ce sommet à cheval sur la France et l'Espagne fonctionne comme un phare visuel pour tout le Pays Basque intérieur, et sa silhouette conique se reconnaît depuis la plage de Biarritz par temps dégagé. Les Basques l'appellent Larrun, et la montagne conserve une dimension quasi sacrée dans la culture locale : on y organisait autrefois des rassemblements de sorcières selon la légende, et les pottoks, ces petits chevaux basques semi-sauvages aux crins hirsutes, y paissent toujours en liberté totale, indifférents aux marcheurs qui les croisent.
L'ascension à pied depuis le col de Saint-Ignace

Le départ le plus fréquenté se trouve au col de Saint-Ignace (64310 Ascain, noté 4.5/5 sur Google pour 1,8K avis), à Ascain, à un quart d'heure de route de Bayonne. Comptez entre 1h30 et 2h de montée selon votre rythme, pour une dénivelée de 700 mètres environ répartie sur un peu plus de 4 kilomètres. Le sentier suit une portion du GR10 puis bifurque vers le sommet, offrant des vues qui s'élargissent progressivement sur l'océan d'un côté et sur les premiers sommets pyrénéens de l'autre.
La descente demande autant de prudence que la montée : le sentier est pierreux et glissant par temps humide, en particulier sur le dernier tiers où affleure la roche. Prévoyez de bonnes chaussures même si l'ascension paraît accessible sur le papier, la météo change vite sur ce versant exposé au vent d'ouest. En haute saison, mieux vaut partir tôt le matin pour éviter à la fois la chaleur et l'affluence au sommet, où plusieurs centaines de visiteurs se croisent certains dimanches d'été.
Un détail pratique mérite d'être signalé : le balisage suit des marques jaunes puis blanc et rouge sur la portion GR10, mais plusieurs sentiers secondaires se croisent près du sommet et peuvent semer le doute par temps de brume. Une trace GPS téléchargée à l'avance évite bien des hésitations, la Rhune reste après tout une montagne, pas une simple colline malgré sa réputation familiale.
Si vous cherchez une variante moins courue, le versant de Sare propose un départ depuis le quartier Olhain, plus long d'une bonne demi-heure mais nettement plus calme jusqu'à la jonction avec l'itinéraire principal. Les brebis manech à tête noire y occupent le terrain une bonne partie de l'année, et les bergers rappellent volontiers qu'un chien doit rester tenu en laisse au milieu d'un troupeau, consigne trop souvent oubliée en été.
Grimper la Rhune en petit train à crémaillère

Pour ceux qui préfèrent économiser leurs jambes ou marcher en famille avec de jeunes enfants, le petit train à crémaillère de la Rhune grimpe depuis 1924 le long d'une voie construite à flanc de montagne. Le trajet dure environ 35 minutes à l'aller, à la vitesse d'un homme au pas, et permet de profiter du paysage sans effort ni dénivelé.
Beaucoup de marcheurs combinent les deux approches : montée à pied pour le mérite sportif, descente en train pour préserver les genoux, ou l'inverse selon la météo du jour et la fatigue accumulée. Réserver son billet à l'avance en haute saison évite une attente parfois longue au col de Saint-Ignace, le train affichant complet dès le milieu de matinée en juillet et août. Vérifiez les horaires et la période d'ouverture avant de vous déplacer : l'exploitation s'interrompt une partie de l'hiver et les départs sont suspendus par vent fort, situation fréquente sur ce sommet exposé.
Au sommet, un réseau d'antennes et quelques buvettes rappellent que la Rhune reste une destination touristique autant qu'un site de marche, ce qui n'enlève rien à la qualité du panorama sur la baie de Saint-Jean-de-Luz et, par temps parfaitement dégagé, sur les sommets pyrénéens jusqu'au pic d'Anie. Un parc éolien espagnol, visible côté sud, rappelle que la frontière passe littéralement sur la crête sommitale, un détail qui surprend souvent les visiteurs venus uniquement pour la vue côté océan.
Si vous ne devez retenir qu'un seul itinéraire pour un premier séjour au Pays Basque, la Rhune reste le choix le plus consensuel : accessible à un large public, spectaculaire par tous les temps, et suffisamment identifiable pour servir de repère visuel sur le reste du séjour. Elle sert d'ailleurs souvent de mise en jambes avant de s'attaquer aux itinéraires plus sauvages du Mondarrain ou de la crête d'Iparla, présentés juste après.
Le Pic du Mondarrain et la crête d'Iparla, panoramas sur la vallée de la Nive

Pour fuir la fréquentation de la Rhune tout en restant à moins de quarante minutes de route de la ville, la vallée de la Nive propose deux itinéraires plus sauvages, prisés des marcheurs locaux plutôt que des cars de touristes.
Le Pic du Mondarrain, l'alternative sauvage à la Rhune
Le Pic du Mondarrain, 749 mètres, se gravit depuis le village d'Itxassou. Le sentier traverse des estives où paissent brebis et pottoks, avant d'atteindre un sommet ponctué de rochers où plusieurs dolmens témoignent d'une occupation humaine ancienne, sans doute liée à des rites pastoraux disparus depuis longtemps. La montée, environ 2h30 aller-retour, reste nettement moins fréquentée que la Rhune, ce qui en fait un excellent choix pour un dimanche matin tranquille, loin des files d'attente du petit train.
Depuis le sommet, la vue embrasse toute la vallée de la Nive jusqu'à Bayonne, et par temps clair, on distingue nettement la Rhune et les crêtes frontalières plus au sud. Le terrain, plus rocailleux que sur la Rhune, demande des chaussures à bonne accroche, en particulier sur les derniers mètres avant le sommet où le sentier se faufile entre les blocs. Les vestiges d'un ancien château fort médiéval, réduits à quelques pans de mur noyés dans la fougère, se devinent sur l'épaule sommitale : cherchez-les côté nord, la plupart des marcheurs passent devant sans les voir.
La crête d'Iparla, entre France et Espagne

Un peu plus au sud, la crête d'Iparla (64780 Bidarray, noté 4.8/5 sur Google pour 41 avis) se parcourt depuis le village de Bidarray. Cette ligne de crête culmine à 1 044 mètres au pic d'Iparla et surplombe des falaises impressionnantes côté espagnol, avec des vautours fauves qui tournoient souvent au ras des parois. Le GR10 emprunte une partie de ce tracé, ce qui explique pourquoi vous croiserez parfois des marcheurs au long cours, sac à dos chargé, en pleine traversée des Pyrénées d'un océan à l'autre.
L'itinéraire classique depuis Bidarray tourne autour de 10 kilomètres pour 780 mètres de dénivelé positif, soit environ 5 heures de marche effective, et demande un minimum d'expérience en montagne : le vent y souffle fort et le sentier longe par endroits des à-pics vertigineux. Pour une version plus courte, il est possible de rejoindre les premiers belvédères en 1h30 sans s'engager sur toute la crête, puis de redescendre par le même chemin. Envie de prolonger la découverte des villages qui jalonnent cette vallée ? Notre article Ryo sur les villages autour de Bayonne présente Itxassou et Bidarray plus en détail, deux étapes à ne pas expédier entre deux sorties.
Le Pas de Roland et la Chapelle de l'Aubépine, légendes et patrimoine basque

Deux itinéraires courts et familiaux misent sur la légende plutôt que sur l'effort physique, un bon compromis quand tout le monde ne partage pas la même condition physique dans le groupe.
Sur les pas de la légende, le Pas de Roland à Itxassou
Le Pas de Roland (64250 Itxassou, noté 4.5/5 sur Google pour 353 avis) est une arche rocheuse naturelle enjambant la Nive, à quelques minutes du bourg d'Itxassou. La légende raconte que le neveu de Charlemagne, poursuivi par les troupes basques après la bataille de Roncevaux, aurait fendu le rocher d'un coup de sabot pour permettre à son cheval de franchir la rivière et échapper à ses assaillants.
La balade longe la Nive sur un sentier ombragé et globalement plat, praticable en moins d'une heure aller-retour, poussette classique exclue en raison de quelques racines et marches. C'est l'une des rares sorties du secteur accessible aux enfants en bas âge sans risque, et l'eau claire de la rivière invite souvent à une pause les pieds dans l'eau en été. Un conseil de riverain : la route qui mène au site est étroite et les emplacements de stationnement peu nombreux, garez-vous plutôt au village et rejoignez l'arche à pied par le chemin qui suit la rive, une vingtaine de minutes de marche supplémentaires largement rentabilisées par la tranquillité.
La Chapelle de l'Aubépine, joyau discret d'Ainhoa
À une quinzaine de minutes de route, la Chapelle de l'Aubépine se cache dans la forêt au-dessus du village d'Ainhoa, classé parmi les plus beaux villages de France. Le sentier grimpe en sous-bois pendant 45 minutes environ avant de déboucher sur cette chapelle isolée du XVIIe siècle, toujours utilisée pour un pèlerinage annuel de rentrée qui rassemble les paroisses voisines.
Le silence du lieu, loin de la route, contraste avec l'agitation estivale d'Ainhoa en contrebas. Beaucoup de marcheurs combinent la visite du village, ses maisons à colombages rouge et blanc, avec cette montée courte mais dépaysante. Prolongez de quelques centaines de mètres jusqu'aux stèles discoïdales et à la table d'orientation posée sur la crête : la vue s'ouvre alors sur la vallée espagnole du Baztan, et vous comprenez immédiatement pourquoi ce col servait de passage aux contrebandiers. Pour approfondir la découverte des villages voisins, notre article Ryo sur les plus beaux villages du Pays Basque complète bien cette étape, en particulier si vous prévoyez d'enchaîner plusieurs villages labellisés dans la même journée.
La Plaine d'Ansot et la forêt du Pignada, nature aux portes de Bayonne
Pas besoin de prendre la voiture pour trouver un peu de nature à Bayonne, deux espaces verts se trouvent littéralement aux portes de la ville.
La Plaine d'Ansot, balade bucolique au fil de l'Adour
La Plaine d'Ansot, entre Bayonne et Boucau, s'étend le long de l'Adour sur des prairies humides ponctuées de chevaux en pâture. Le site attire les cyclistes autant que les marcheurs, un sentier plat de 6 kilomètres environ permet une boucle tranquille en une heure et demie, pratique en fin de journée ou avec de jeunes enfants à vélo.
Vous êtes ici dans les barthes, ces zones inondables qui bordent l'Adour et se remplissent au gré des crues et des marées : la Maison des Barthes, à l'entrée du site, explique ce fonctionnement hydraulique et prête parfois des jumelles pour observer hérons et cigognes depuis les platelages en bois. Prévoyez des chaussures fermées après une période pluvieuse, les chemins de terre gardent longtemps l'humidité, et gardez les chiens en laisse : les vaches marines landaises et les poneys qui entretiennent les prairies circulent librement dans plusieurs enclos.
Le calme de cette zone humide, en léger décalage avec l'agitation du centre-ville pourtant tout proche, en fait une échappée rapide pour les habitants qui n'ont pas le temps de partir en montagne un soir de semaine.
La forêt du Pignada, poumon vert entre Bayonne et Anglet
À l'ouest, la forêt du Pignada (64600 Anglet, noté 4.5/5 sur Google pour 417 avis) déroule ses pins maritimes entre Bayonne et Anglet, à deux pas de la plage de la Chambre d'Amour. Ses larges allées sablonneuses conviennent aussi bien à une balade digestive qu'à une séance de course à pied, et plusieurs bancs jalonnent le parcours pour les pauses. Un parcours de santé, des aires de jeux et un plan d'eau complètent l'ensemble, ce qui en fait le terrain de repli idéal quand la météo se gâte sur les crêtes.
L'ombre y est bienvenue en été, quand les sentiers exposés du Pays Basque intérieur deviennent trop chauds pour marcher confortablement l'après-midi. En période de risque incendie, une partie des accès peut être fermée, l'information est affichée aux entrées principales. Le Ryocity de Bayonne évoque d'ailleurs cette proximité entre ville, forêt et océan qui fait le charme de la région, une caractéristique assez rare pour être soulignée.
Le sentier du littoral, de Bidart à Saint-Jean-de-Luz

Direction la côte, avec un itinéraire linéaire qui suit les falaises basques sur une dizaine de kilomètres. Le sentier du littoral relie Bidart (64210 Bidart) à Saint-Jean-de-Luz en longeant l'océan de près, tantôt en surplomb des vagues, tantôt au ras des criques. Comptez environ 3h30 pour l'intégralité du parcours, une bonne option pour alterner avec les sommets et reposer les mollets sur un terrain plus roulant, sans dénivelé notable même si les escaliers succèdent aux escaliers.
De Bidart à Guéthary, falaises et chapelle

Le point de vue depuis la chapelle Sainte-Madeleine, à Bidart, mérite un arrêt photo avant de poursuivre vers le sud. Le sentier bascule ensuite au-dessus de la plage d'Erretegia, puis longe les flyschs, ces strates rocheuses inclinées qui racontent des millions d'années de sédimentation et se lisent à livre ouvert à marée basse.
À mi-parcours, le village de Guéthary (64210 Guéthary) casse le rythme avec son petit port de pêche et ses maisons labourdines. Beaucoup choisissent de s'y arrêter pour déjeuner avant de reprendre la marche vers Saint-Jean-de-Luz, ou d'y terminer leur balade en optant pour un retour en train, la ligne Bayonne-Hendaye desservant directement les gares côtières. C'est d'ailleurs la meilleure façon d'aborder cet itinéraire linéaire : laissez la voiture à Bayonne ou à Bidart, marchez vers le sud, et rentrez en TER depuis la gare la plus proche de votre point d'arrivée.
De Guéthary à Saint-Jean-de-Luz, criques et baie protégée

La seconde moitié du tracé traverse Cenitz et sa crique confidentielle, puis les pentes herbeuses au-dessus de la plage de Lafitenia, spot de surf réputé où les longboards s'alignent dès que la houle rentre. L'arrivée sur la baie de Saint-Jean-de-Luz, fermée par ses digues du XIXe siècle, offre le contraste parfait après des heures de falaises battues par le vent.
Ce sentier se pratique toute l'année, mais évitez les jours de grand vent d'ouest, les embruns rendent certains passages glissants et l'expérience nettement moins agréable qu'un jour calme. Certaines portions ont été reculées à la suite d'effondrements de falaise : respectez scrupuleusement les déviations balisées, l'érosion progresse ici de plusieurs dizaines de centimètres par an sur les secteurs les plus fragiles.
Col d'Ibardin et Jaizkibel, panoramas sur l'Espagne

À la frontière espagnole, deux itinéraires classiques permettent de marcher d'un pays à l'autre en une matinée, sans passeport ni formalité particulière.
Le col d'Ibardin et le lac Xoldokogaina
Le col d'Ibardin, connu pour ses ventas espagnoles où l'on vient traditionnellement faire le plein d'alcool et de charcuterie, sert aussi de point de départ vers le lac d'Ibardin, blotti au pied du sommet du Xoldokogaina (486 mètres). La boucle, environ 6 kilomètres et 2h de marche, traverse une lande où paissent pottoks et brebis, avec le plan d'eau comme récompense à mi-parcours. Rien n'empêche de prolonger jusqu'au sommet du Xoldokogaina pour une vue plongeante sur la baie de Txingudi et l'embouchure de la Bidassoa, en ajoutant une petite heure à l'ensemble.
Le parking gratuit aux abords des ventas se remplit vite le week-end, mieux vaut arriver avant 10h en saison. L'itinéraire convient bien aux familles, le dénivelé reste modéré et les enfants apprécient généralement de croiser les petits chevaux basques en semi-liberté tout au long du parcours. Un rappel utile si vous terminez par les boutiques : les quantités d'alcool et de tabac ramenées d'Espagne restent encadrées par la réglementation douanière, et les contrôles sont fréquents sur la descente.
Gravir le Jaizkibel, entre mer et montagne

Plus à l'ouest, le Jaizkibel (Hondarribia, Espagne, noté 4.7/5 sur Google pour 385 avis) culmine à 547 mètres au-dessus de la baie de Fontarrabie, côté espagnol. La crête, largement dénudée et balayée par le vent marin, offre une vue simultanée sur l'océan Atlantique et sur les sommets basques vers l'intérieur des terres.
L'ascension depuis le parking du sanctuaire de Guadalupe prend environ 1h30 aller-retour, une durée raisonnable pour un sommet qui domine directement la mer. Les tours de guet et les fortins abandonnés qui jalonnent la crête, hérités des guerres carlistes, ajoutent une couche d'histoire à un paysage déjà spectaculaire. C'est l'un des rares points de la sélection où marche de crête et vue océanique se combinent aussi nettement, un argument suffisant pour justifier le petit détour côté espagnol.
Ursuya, Baïgura et Artzamendi, les autres sommets emblématiques du Pays Basque

Trois sommets moins médiatisés que la Rhune complètent la liste des classiques du Pays Basque intérieur, chacun avec un profil de marcheur différent.
L'Ursuya, un sommet familial et accessible
L'Ursuya, 678 mètres, se grimpe depuis Espelette ou Hasparren en une bonne heure trente. Le sentier, large et régulier, traverse des pâturages avant d'atteindre un sommet dégagé d'où l'on aperçoit à la fois la côte basque et les premiers contreforts pyrénéens. C'est souvent la première vraie ascension proposée aux enfants une fois passé l'âge du portage, le dénivelé restant progressif tout du long.
Dernier atout, et non des moindres : depuis le sommet, vous identifiez d'un seul regard la quasi-totalité des montagnes décrites dans ce guide, de la Rhune à l'Artzamendi (64250 Itxassou, noté 4.8/5 sur Google pour 190 avis). Un bon moyen de planifier les sorties des jours suivants, carte à la main, avant de redescendre déjeuner à Espelette entre les guirlandes de piments.
Baïgura, terrain de jeux pour les aventuriers

Le mont Baïgura, 897 mètres, attire une population différente, celle des parapentistes et des amateurs de sensations. Un site de décollage aménagé au sommet permet d'observer régulièrement des voiles colorées tourner au-dessus de la vallée. Pour les marcheurs, la montée depuis le parking d'altitude prend 45 minutes à peine, ce qui en fait un sommet accessible même en fin d'après-midi, entre deux averses par exemple.
Artzamendi, entre estives et légendes basques

Un peu plus au sud, l'Artzamendi culmine à 926 mètres, reconnaissable à ses antennes de télécommunication visibles depuis toute la région. Le sommet abrite aussi un site de rassemblement traditionnel, l'akelarre, associé dans le folklore local aux légendes de sorcellerie basque. La montée depuis Itxassou ou Bidarray demande environ 2h, sur des sentiers pastoraux fréquentés par les troupeaux en estive durant les mois d'été.
Iraty et le GR10, pour pousser plus loin
Deux options s'offrent à qui veut sortir du rayon strict de la ville. La forêt d'Iraty, à environ deux heures de route vers le sud-est, est l'une des plus vastes hêtraies-sapinières d'Europe : sentiers balisés et pistes forestières en été, terrain de balades en raquettes dès les premières neiges, avec des chalets ouverts toute l'année autour des chalets d'Iraty. Le col d'Organbidexka, sur le même massif, est l'un des grands postes d'observation de la migration des oiseaux en automne, palombes en tête.
Le GR10, lui, traverse une bonne partie des sommets cités plus haut avant de filer vers la Méditerranée. Ses premières étapes basques, entre Hendaye, Olhette, Sare, Bidarray et Saint-Étienne-de-Baïgorry, s'enchaînent très bien sur trois ou quatre jours avec des gîtes d'étape à chaque relais, ce qui permet de transformer une série de sorties à la journée en petite traversée. Notre application Ryo peut aussi vous accompagner pour explorer les villages qui jalonnent ces itinéraires entre deux étapes, une manière de ne rien manquer du patrimoine local une fois les chaussures de marche retirées.
Marais d'Orx et étang Noir, sorties nature et observation des oiseaux

Direction les Landes, à une trentaine de minutes de la ville, pour deux réserves souvent ignorées des guides de marche classiques alors qu'elles offrent une expérience très différente des sommets basques.
La réserve naturelle du marais d'Orx
La réserve naturelle nationale du marais d'Orx, ancien polder asséché au XIXe siècle puis remis en eau après son rachat à la fin des années 1980, accueille aujourd'hui des milliers d'oiseaux migrateurs chaque année. Des observatoires en bois jalonnent un sentier plat de 5 kilomètres environ, praticable en 1h30, et permettent d'observer sans déranger spatules blanches, hérons cendrés ou cigognes selon la saison.
Le printemps et l'automne, périodes de migration, offrent les meilleures chances d'observation. Prévoyez des jumelles si vous en possédez, le site s'y prête particulièrement bien. L'accès au sentier et aux observatoires est libre, tandis que les visites guidées et les animations proposées par l'équipe de la réserve sont payantes et se réservent à l'avance ; les horaires d'ouverture varient selon la saison, un coup d'œil au site officiel avant de partir évite la porte close. Marchez lentement et parlez bas près des observatoires, c'est la seule vraie règle qui conditionne ce que vous verrez.
L'étang Noir, entre Landes et Pays Basque

Plus au nord, la réserve naturelle de l'étang Noir (40510 Seignosse, noté 4.4/5 sur Google pour 1 016 avis), à Seignosse, protège une forêt marécageuse traversée par des passerelles en bois surélevées. L'ambiance, presque tropicale avec ses fougères et ses eaux sombres, tranche radicalement avec les crêtes minérales du Pays Basque décrites plus haut.
La balade, très courte, environ 45 minutes, convient à toute la famille et complète agréablement un week-end qui aurait déjà inclus une sortie plus sportive la veille. Le platelage est accessible aux poussettes et aux fauteuils sur la majeure partie du parcours, une rareté dans le secteur.
Pour qui dispose d'une journée supplémentaire, les lacs de Soustons prolongent cette parenthèse nature : le tour du grand lac se parcourt en boucle sur une dizaine de kilomètres, entre pinède et roselières, avec un passage par le courant de Soustons. Juste à côté, l'étang de Moïsan, plus confidentiel, se contourne en une petite heure sur un chemin ombragé apprécié des pêcheurs à l'aube. Ces trois sites se combinent facilement dans la même journée, à condition de partir tôt pour profiter de la lumière rasante du matin sur l'eau.
Informations pratiques pour randonner autour de Bayonne
Quelques repères avant de vous lancer, du choix de l'itinéraire au stationnement au départ des sentiers.
Choisir son itinéraire selon le niveau et la saison
La difficulté varie fortement d'un tracé à l'autre, entre la boucle plate de la Plaine d'Ansot et la traversée engagée de la crête d'Iparla, mieux vaut choisir en fonction de la forme du groupe plutôt que de l'ambition affichée en début de journée. Trois familles se dégagent : les balades plates de moins de deux heures (Ansot, Pignada, Pas de Roland, étang Noir), les sommets à moins de 700 mètres de dénivelé qui se font en demi-journée (Ursuya, Mondarrain, Rhune, Jaizkibel), et les traversées de crête qui demandent une journée complète et un vrai pied montagnard (Iparla, étapes du GR10).
Côté saison, le printemps et l'automne restent les meilleures fenêtres pour marcher au Pays Basque, l'été apporte chaleur et affluence sur les sentiers les plus connus, tandis que l'hiver noie parfois les sommets dans le brouillard pendant plusieurs jours d'affilée. Gardez aussi en tête la période de la chasse à la palombe, en octobre et novembre, très présente sur les cols basques : les palombières sont signalées et il suffit de rester sur les sentiers balisés pour ne gêner personne.
Matériel, balisage et sécurité

Les applications Komoot et Visorando restent les références locales pour télécharger les traces GPS avant de partir, une précaution utile sur les sentiers de crête où le balisage se fait parfois discret par mauvais temps. Retenez le code des marques : jaune pour les boucles locales, blanc et rouge pour le GR10, jaune et rouge pour les liaisons.
Deux litres d'eau par personne en été, un coupe-vent même par grand beau temps, une frontale si vous partez en fin d'après-midi et de la crème solaire y compris sous les nuages : la liste tient dans un petit sac, et le climat océanique justifie chaque ligne. Les orages de fin de journée se forment vite sur les crêtes en été, et un sommet dégarni comme le Jaizkibel ou la Rhune n'offre aucun abri. Enfin, la plupart de ces montagnes sont des estives privées : refermez les barrières derrière vous, contournez les troupeaux et tenez les chiens en laisse, les patous accompagnant les brebis sur plusieurs massifs.
Stationnement et accès aux départs
Le stationnement se fait généralement dans de petits parkings gratuits au départ des sentiers, col de Saint-Ignace, ventas du col d'Ibardin, centres des villages d'Itxassou et d'Ainhoa, mais ils saturent vite le week-end en saison, prévoyez d'arriver avant 10h pour être sûr d'avoir une place. Sans voiture, le réseau de cars régional dessert Espelette, Itxassou et Ainhoa depuis Bayonne, et le TER Bayonne-Hendaye ouvre l'accès à tout le littoral ainsi qu'au départ de plusieurs boucles côtières.
Randonner à vélo, la variante roulante

Pour ceux qui préfèrent le vélo à la marche, deux itinéraires cyclables complètent utilement cette sélection. La voie verte de Bayonne à Ustaritz, aménagée sur une ancienne voie ferrée entre Nive et coteaux, déroule une quinzaine de kilomètres presque plats, à l'écart des voitures, idéale avec des enfants ou une remorque. La Vélodyssée, elle, longe l'océan entre Bayonne et Biarritz sur une piste sécurisée, puis file vers le nord des Landes pour qui veut enchaîner les étapes. Les loueurs de vélos ne manquent pas dans le centre-ville, pratique si vous n'avez pas emporté le vôtre pour ce type de cyclotourisme léger. Le guide audio Ryo de Bayonne et notre article Ryo pour visiter Bayonne en 2 jours aident à organiser un séjour qui combine ville et nature sans perdre de temps sur la logistique.
FAQ
Quelle est la randonnée la plus facile à faire près de Bayonne ?
Le Pas de Roland à Itxassou et la Plaine d'Ansot arrivent en tête, deux boucles plates de moins d'une heure et demie, praticables avec des enfants dès 4 ou 5 ans sans dénivelé notable ni difficulté technique particulière.
Combien de temps faut-il pour grimper la Rhune à pied ?
Comptez 1h30 à 2h pour la montée depuis le col de Saint-Ignace, et autant pour la descente si vous ne prenez pas le petit train à crémaillère. Prévoyez une demi-journée complète en comptant les pauses et le temps au sommet.
Peut-on faire ces randonnées en famille avec des enfants ?
Oui, plusieurs itinéraires s'y prêtent bien : le Pas de Roland, la Plaine d'Ansot, la forêt du Pignada et l'Ursuya restent accessibles aux plus jeunes marcheurs. Les crêtes comme Iparla ou les sommets comme le Baïgura demandent en revanche davantage d'autonomie et d'endurance.
Quelle est la meilleure période pour marcher au Pays Basque ?
Le printemps et l'automne offrent les meilleures conditions, avec des températures douces et une visibilité dégagée sur les sommets. L'été reste praticable tôt le matin pour éviter la chaleur, l'hiver expose davantage au brouillard en altitude sur les crêtes.
Où se garer pour partir en randonnée autour de Bayonne ?
La plupart des départs disposent de parkings gratuits mais limités en places : col de Saint-Ignace pour la Rhune, ventas du col d'Ibardin, centres des villages d'Itxassou et d'Ainhoa. Arriver avant 10h le week-end permet d'éviter la saturation constatée en haute saison.
Faut-il un guide pour partir seul sur ces sentiers ?
La plupart des itinéraires se parcourent seul avec une application comme Komoot ou Visorando pour suivre la trace GPS. Un accompagnement devient utile pour les traversées engagées comme la crête d'Iparla ou pour une première sortie sur le GR10 en autonomie.
Entre sommets frontaliers, légendes basques et réserves ornithologiques, marcher au départ de Bayonne se prête à toutes les envies, qu'on cherche l'effort d'une crête ventée ou la tranquillité d'un sentier plat au bord de l'Adour. La ville elle-même, avec ses remparts et sa cathédrale, reste le point de départ logique pour organiser ces sorties, quel que soit le sommet visé ensuite dans la journée.
Pour prolonger l'exploration entre deux étapes, le parcours audioguidé Ryo de Bayonne permet de redécouvrir la ville à pied, à son rythme, avant ou après avoir crapahuté sur les crêtes et les sentiers du Pays Basque.
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