15 plus beaux villages à découvrir autour de Blois en 2026
Emilie

Créé par Emilie, le 15 juil. 2026

Votre guide Ryo

15 plus beaux villages à découvrir autour de Blois en 2026

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La Loire s'étire silencieuse à quelques pas du château royal, mais c'est dans l'arrière-pays que le Val de Loire révèle ses secrets les mieux gardés. Les plus beaux villages autour de Blois forment une constellation de tuffeau blanc, de ruelles fleuries et de donjons en ruine qui surpassent souvent les grandes attractions en matière d'authenticité. On y trouve Lavardin, classé officiellement parmi les Plus Beaux Villages de France, et Chédigny, dont les quelque 1 000 rosiers anciens en fleurs transforment chaque façade en tableau vivant de juin à juillet. Avant de rayonner vers ces villages, posez vos bases dans la ville avec le parcours audioguidé Ryo de Blois, qui couvre 22 points d'intérêt sur 4 kilomètres en 1h45.

De l'ancien port royal de Chambord aux grottes troglodytiques de Montrichard, en passant par un zoo qui héberge l'une des plus importantes populations de rhinocéros blancs du sud de France, les quinze étapes de cet article donnent de quoi construire plusieurs week-ends au départ de Blois.

Château de Ménars
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1. Ménars, le château de Madame de Pompadour

Le château de Ménars (Rue du Château, 41500 Ménars, noté 4.2/5 sur Google pour 350 avis) s'impose dès la sortie de Blois, à dix kilomètres au nord-est, perché sur un coteau qui domine la Loire. Madame de Pompadour l'acquit en 1760 et confia l'aménagement des jardins à Gabriel, puis à Soufflot, l'architecte du Panthéon de Paris. Elle mourut quatre ans après l'achat, laissant un domaine inachevé qui passa aux mains du comte de Provence, futur Louis XVIII.

Le domaine reste propriété privée et l'intérieur n'est pas visitable, mais les jardins à la française, avec leurs perspectives sur le fleuve, s'admirent depuis la route et depuis le chemin de halage en contrebas. Le village de Ménars lui-même vaut dix minutes de flânerie : ses maisons basses en tuffeau et les vues sur la Loire au coucher de soleil constituent une entrée en matière idéale pour un séjour dans la région.

2. Saint-Dyé-sur-Loire, l'ancien port royal de Chambord

La Sologne commence à se deviner sur les bords de la Loire à Saint-Dyé-sur-Loire (Quai de Loire, 41500 Saint-Dyé-sur-Loire, noté 4.5/5 sur Google pour 180 avis), à seize kilomètres de Blois. Ce village de moins de 900 habitants fut, pendant toute la durée du chantier de Chambord (1519-1547), le principal port d'approvisionnement du château le plus ambitieux de François Ier : les blocs de tuffeau descendaient la Loire depuis les carrières de Touraine, puis remontaient par charrette jusqu'au plateau de Sologne où s'élevait le château.

Cette histoire portuaire se lit encore dans le tissu du village. La maison de l'Île et les quais restaurés du XVIIIe siècle longent le fleuve ; une stèle rappelle l'activité débordante qui animait ces berges quand plusieurs centaines d'ouvriers travaillaient à ériger les salamandres sculptées de François. Les marchands italiens, les carriers tourangeaux et les bûcherons solognots se côtoyaient ici dans une ville-chantier qui n'avait alors rien à envier aux plus grandes cités de la région.

Aujourd'hui, le quai de Saint-Dyé est l'un des points de passage les plus agréables de la Loire à Vélo (EuroVelo 6) : la piste cyclable traverse le village au ras du fleuve, idéale pour une sortie de deux heures depuis Blois. L'église Saint-Dyé cache un détail inattendu : sa crypte romane, antérieure au château royal, abrite les reliques du saint irlandais Deicola, disciple de Colomban, qui s'établit ici au VIIe siècle et donna son nom au village.

Conseil : venez en fin d'après-midi. La lumière rasante sur la Loire depuis les quais produit des reflets dorés sur le sable blanc des bancs de gravier qui ne ressemblent à rien d'autre dans le Val de Loire.

Saint-Dyé-sur-Loire
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Château de Cheverny
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3. Cour-Cheverny, le village du cépage introuvable ailleurs

Cour-Cheverny se trouve à quatorze kilomètres au sud de Blois, juste derrière le château de Cheverny (Cheverny, 41700 Cheverny, noté 4.5/5 sur Google pour 22 683 avis). Le village a donné son nom à une appellation viticole exclusive : le Cour-Cheverny AOC est produit à partir du Romorantin, un cépage blanc planté ici depuis François Ier qui ne pousse nulle part ailleurs en France. Ses notes de coing, d'acacia et de miel vieilli justifient à elles seules l'arrêt dans le village.

Si vous prévoyez de visiter le château lui-même, notre guide Ryo sur le château de Cheverny vous donnera tous les détails pratiques sur les horaires, les billets et les secrets du célèbre chenil.

4. Fougères-sur-Bièvre, le château médiéval que personne ne connaît

Fougères-sur-Bièvre est le secret le mieux gardé du Loir-et-Cher. À dix-huit kilomètres de Blois, ce bourg de 800 habitants abrite un château médiéval classé monument historique qui étonne par son état de conservation et son dépaysement complet : pas de foule, pas de boutique, pas de queue.

Le château de Fougères-sur-Bièvre (41120 Fougères-sur-Bièvre, noté 4.4/5 sur Google pour 1 652 avis) fut construit à partir de 1470 par Pierre de Refuge, trésorier du roi Louis XI. Contrairement aux châteaux de plaisance qui pousseront dans la région quelques décennies plus tard, il répond à une logique défensive pure : douves, tours d'angle flanquées, mâchicoulis, chemin de ronde couvert. Il ressemble davantage à une forteresse du nord de la France qu'aux châteaux ornementaux de la Loire qui l'entourent, et c'est précisément ce qui le rend fascinant.

L'intérieur, géré par le Centre des monuments nationaux, présente une cour intérieure à pans de bois remarquable où le charpentier médiéval a signé son œuvre avec autant de soin que les tailleurs de pierre. Le billet reste modique. Les visites guidées révèlent des détails architecturaux invisibles depuis l'extérieur, notamment les systèmes de défense passifs intégrés dans l'épaisseur des murs.

Pratique : Fougères est ouvert d'avril à septembre, avec fermetures partielles en dehors de la haute saison. Vérifiez les horaires sur le site du Centre des monuments nationaux avant de partir.

Château de Fougères-sur-Bièvre
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Château de Chaumont-sur-Loire
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5. Chaumont-sur-Loire, quand l'art contemporain envahit les jardins

Vingt kilomètres à l'est de Blois, Chaumont-sur-Loire offre une combinaison rare : un château du XVe siècle en surplomb de la Loire et, depuis 1992, un Festival International des Jardins qui a transformé le domaine de 32 hectares en laboratoire d'art à ciel ouvert.

Le château lui-même mérite une heure de visite. Catherine de Médicis y séjourna après la mort d'Henri II en 1559, avant d'en contraindre Diane de Poitiers à l'échanger contre Chenonceau, échange peu équitable que la favorite royale accepta sous la pression. On y voit encore les appartements de la Reine Mère, une collection de médaillons en terre cuite d'une valeur historique considérable et les écuries du XIXe siècle, transformées en espace d'exposition permanent. Les 39 tours rondes qui couronnent les remparts lui donnent une silhouette reconnaissable de loin, visible depuis le pont suspendu sur la Loire.

Mais Chaumont se joue principalement au niveau du sol. Le Festival des Jardins, qui se tient de mi-avril à mi-novembre, invite chaque année des paysagistes et des artistes du monde entier à concevoir des jardins éphémères sur un thème renouvelé. En 2026, environ 25 créations seront accessibles sur le domaine. Certaines jouent avec l'eau, d'autres avec la lumière, d'autres encore questionnent le rapport entre agriculture vivrière et esthétique contemporaine. Chaque année, plusieurs jardins sont retenus pour devenir permanents et intégrés au parc arboré.

Le parc centenaire, avec ses cèdres de l'Atlas, ses séquoias et ses perspectives sur la Loire, mérite une promenade indépendamment du festival. La ferme du château, en activité, complète la visite pour qui s'intéresse aux pratiques agricoles durables intégrées au patrimoine.

Pour organiser votre séjour dans la région, le Ryotrip Châteaux de la Loire propose un itinéraire audioguidé qui relie les principales étapes du Val de Loire, de Sully-sur-Loire à Chalonnes.

6. Bracieux, la porte gastronomique de la forêt de Chambord

À 17 kilomètres de Blois, Bracieux n'est pas un village-carte-postale : pas de donjon, pas de château visible depuis la route. Mais ses halles du XIXe siècle, couvertes de tuiles plates, constituent l'un des marchés les plus plaisants de la Sologne. Le marché de Bracieux se tient le jeudi matin et rassemble producteurs locaux, gibier de Sologne, fromages de chèvre et champignons sauvages selon la saison.

La réputation gastronomique du village tient aussi au restaurant Bernard Robin, qui obtint une étoile Michelin depuis ce bourg de 1 400 habitants, plaçant Bracieux sur la carte des amateurs de cuisine du terroir ligérien. L'exigence pour les produits locaux reste dans l'ADN du village, et plusieurs tables proposent encore des menus gibier en automne.

Bracieux est aussi un point de départ

7. Pontlevoy, l'abbaye bénédictine et son musée inattendu

Pontlevoy (25 kilomètres de Blois) doit sa notoriété à une abbaye bénédictine fondée en 1034 par Gelduin de Saumur, en remerciement d'une victoire militaire. Convertie en école après la Révolution, l'abbaye héberge aujourd'hui un lycée et, surprise totale, un musée du transport routier que l'on n'aurait pas prédit dans un bâtiment roman. Les stalles gothiques du chœur, le cloître intérieur et la salle capitulaire valent l'arrêt pour qui s'intéresse à l'architecture religieuse médiévale.

Abbaye de Pontlevoy
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Château d'Amboise
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8. Amboise, la cité royale où Léonard de Vinci passa ses dernières années

Amboise se trouve à trente-cinq kilomètres de Blois sur la rive droite de la Loire. Ses 13 000 habitants en font une ville plutôt qu'un village, mais sa dimension humaine, son château perché sur un éperon rocheux et ses ruelles du XVe siècle lui valent une place dans toute sélection honnête des beaux bourgs ligériens.

Le château royal d'Amboise (Place Michel Debré, 37400 Amboise, noté 4.5/5 sur Google pour 30 304 avis) fut la résidence préférée de Charles VIII, qui y mourut en 1498 après avoir heurté un linteau de porte en se rendant à une partie de jeu de paume. François Ier y grandit et c'est lui qui invita Léonard de Vinci en France en 1516 : le génie italien s'installa au manoir du Clos Lucé, à cinq minutes à pied du château, où il passa les trois dernières années de sa vie. Il est enterré dans la chapelle Saint-Hubert, nichée dans les remparts du château, une chapelle gothique flamboyante d'une finesse architecturale exceptionnelle.

Le Clos Lucé vaut autant que le château lui-même. Ses jardins accueillent des maquettes grandeur nature des inventions de Léonard, construites d'après les carnets originaux : machine volante, pont tournant, char d'assaut à propulsion humaine, excavatrice. Le parcours se déroule à l'extérieur dans les allées du parc, et les enfants passent facilement deux heures à tout explorer. La maison de Léonard est reconstituée à l'identique avec mobilier et instruments de travail.

Amboise possède également un quartier troglodytique dans le rocher de Chanteloup et la pagode de Chanteloup, vestige d'un château du XVIIIe siècle dont il ne reste que cet édifice chinois en sept étages. 149 marches vous amènent à une vue panoramique sur la forêt d'Amboise et la Loire.

Astuce : stationnez en ville basse et montez à pied vers le château par les ruelles pavées pour une approche plus authentique que par le parking en hauteur. La traversée du vieux quartier révèle des maisons à pans de bois du XVe siècle que beaucoup de visiteurs ne voient jamais.

9. Montrichard, cité médiévale sur les rives du Cher

Montrichard-Val-de-Cher (32 kilomètres de Blois) offre une silhouette médiévale saisissante : le donjon carré du XIIe siècle, construit par Foulques Nerra comte d'Anjou, domine le Cher depuis un éperon de craie blanche. En bas, la ville basse conserve ses maisons à colombages, son pont médiéval sur le Cher et ses caves troglodytiques creusées dans la falaise sur plusieurs niveaux.

Ces caves abritent deux activités typiques de Touraine. Les caves Monmousseau produisent un vin effervescent dans des galeries creusées à 15 mètres sous la falaise et organisent des visites commentées avec dégustations. À quelques centaines de mètres, d'anciennes champignonnières témoignent d'une autre vocation souterraine de la roche. La falaise cache aussi d'anciennes habitations troglodytiques habitées jusqu'au milieu du XXe siècle, reconnaissables à leurs cheminées qui percent le rocher.

La vue depuis les ruines du château (accès libre) sur la boucle du Cher mérite à elle seule le déplacement, surtout en fin de journée quand le tuffeau vire à l'or. Le marché du mercredi matin anime la ville basse avec des producteurs locaux de vins de Touraine.

Montrichard donjon
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Château de Talcy
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10. Talcy, le château de Ronsard et de Cassandre

À 30 kilomètres au nord-ouest de Blois, Talcy est l'un des châteaux Renaissance les moins connus et les plus intacts du Val de Loire. Construit en 1520 par Bernardo Salviati, marchand florentin établi à la cour de François Ier, il fut acquis par l'État en 1933 dans un état de conservation exceptionnel : mobilier d'époque, pressoir du XVIe siècle, colombier à 1 500 cases toujours debout dans la cour intérieure.

Le château doit sa célébrité littéraire à Cassandre Salviati, fille du propriétaire, que le poète Pierre de Ronsard rencontra lors d'un bal à Blois en 1545 et dont il s'éprit aussitôt. Elle inspire ses premiers sonnets, ceux des Amours (1552), qui fondèrent sa réputation poétique. Elle épousa quelqu'un d'autre. Ronsard en fit de la littérature qui dura cinq siècles.

Le jardin potager du château, avec son allée de poiriers en espalier et son puits du XVIIIe siècle, donne une idée précise de ce à quoi ressemblaient les jardins de campagne de la Renaissance. C'est l'un des endroits les plus silencieux du Loir-et-Cher, à dix kilomètres de tout bruit de route, dans un paysage de bocage qui a peu changé depuis l'époque de Ronsard.

11. Vendôme, la cité aux multiples bras du Loir

Vendôme (40 kilomètres au nord de Blois) est davantage une ville qu'un village. Mais sa configuration unique, le Loir se divise en plusieurs bras qui traversent la cité, créant des îles, des moulins, des lavoirs et des perspectives sur les vieux murs, lui confère un caractère que peu de communes de cette taille possèdent en France.

L'abbaye de la Trinité, fondée au XIe siècle, abrite des vitraux romans parmi les plus anciens conservés en France. Sa façade gothique flamboyante, sculptée entre 1485 et 1507, est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre du style en Europe. La tour-clocher libre, dite « Flamboyante », se dresse à 80 mètres de hauteur sans être rattachée à l'église elle-même, détail rarissime dans l'architecture gothique française.

Comptez deux heures pour explorer le centre historique entre les bras du Loir, notamment la promenade des Grands-Prés et la montée au château dominant la ville.

Vendôme Loir
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ZooParc de Beauval
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12. Saint-Aignan-sur-Cher, médiéval avec un zoo de 35 000 animaux à portée

Saint-Aignan-sur-Cher (52 kilomètres de Blois) combine deux profils radicalement différents : une ville médiévale posée sur une boucle du Cher, avec collégiale romane et château dominant la falaise, et la proximité immédiate du ZooParc de Beauval à deux kilomètres à peine.

La collégiale Saint-Aignan (Place du Marché, 41110 Saint-Aignan-sur-Cher, noté 4.6/5 sur Google pour 119 avis), construite aux XIe et XIIe siècles, cache dans sa crypte des fresques romanes en bon état. La crypte, accessible par un escalier latéral, couvre toute la surface de l'édifice et constitue l'une des plus grandes cryptes romanes de la région Centre-Val de Loire. Ses colonnes, chapiteaux à entrelacs et voûtes d'arêtes datent pour la plupart de la période 1080-1120. Le château qui la jouxte (propriété privée, non visitable en intérieur) se contemple depuis les jardins en terrasses ouverts au public, qui offrent une vue dégagée sur la vallée du Cher.

Beauval se trouve à deux kilomètres. Le zoo héberge aujourd'hui 35 000 animaux de 600 espèces, dont les pandas géants Huan Huan et Yuan Zi, des gorilles de plaine, des lamantins dans un immense bassin intérieur et des rhinocéros blancs du sud, trois pensionnaires arrivés d'Afrique du Sud en 2000. Le zoo ouvre 365 jours par an.

Conseil pratique : réservez vos billets Beauval en ligne plusieurs semaines à l'avance en juillet-août. La file aux guichets peut atteindre 45 minutes les jours de pointe. Arriver à l'ouverture permet de voir les pandas actifs avant leur sieste de milieu de journée.

13. Lavardin, joyau classé parmi les Plus Beaux Villages de France

Lavardin se mérite : il faut 50 minutes de route depuis Blois, direction nord-est, pour rejoindre ce village de 200 habitants perché sur les falaises du Loir. L'effort est largement récompensé. Lavardin figure officiellement sur la liste des Plus Beaux Villages de France et, pour une fois, ce label ne ment pas.

Les ruines du château médiéval de Lavardin couronnent le village depuis le XIe siècle. Le donjon rectangulaire et ses tours effondrées évoquent davantage un paysage romantique anglais qu'un monument touristique balisé. Henri IV en ordonna la destruction partielle en 1589, lorsque la place forte fut tenue par les Ligueurs catholiques contre ses troupes royales. Les remparts, les salles démantelées et les escaliers de pierre encore praticables se visitent librement, sans billet, sans guide, sans horaire fixe. C'est l'un des rares endroits en France où vous pouvez grimper dans les ruines d'un château médiéval en toute légalité, en toute saison.

Du haut des remparts, la vue sur la boucle du Loir et les jardins en terrasses qui descendent vers la rivière donne la pleine mesure du site défensif : nul ne pouvait approcher Lavardin sans être vu depuis plusieurs kilomètres.

L'autre trésor du village se dissimule dans l'église Saint-Genest, romane du XIe siècle. Ses murs intérieurs conservent des fresques du XIIe au XVIe siècle qui tapissent la quasi-totalité des surfaces : Baptême du Christ, Descente aux Enfers, Résurrection de Lazare, scènes de l'Apocalypse. Le style naïf et l'intensité chromatique de ces peintures, ocres, terres de Sienne, bleus passés, font de l'ensemble l'un des programmes iconographiques médiévaux les plus complets de la Loire. Victor Hugo passa à Lavardin lors de son voyage en Val de Loire et en rapporta plusieurs croquis qui figurent dans ses carnets de dessins.

Le village lui-même se parcourt en vingt minutes : quelques maisons troglodytiques creusées dans le tuffeau de la falaise, une place ombragée avec fontaine, des jardins potagers en pente douce vers le Loir. Une table d'hôte et un hôtel de charme constituent l'essentiel de l'offre d'hébergement. Il n'y a pas de supermarché, et c'est tout à votre avantage.

Le meilleur moment : venez en semaine, de préférence le matin, avant que les visiteurs de la journée n'arrivent depuis Tours ou Vendôme. Le village est alors d'un silence absolu, rythmé par le Loir en contrebas et les martinets qui tournent autour du donjon.

Lavardin village
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Chédigny village jardin
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14. Chédigny, le village-jardin aux mille rosiers

Chédigny (62 kilomètres de Blois, en Indre-et-Loire) est le seul village de France à porter officiellement le label « Jardin Remarquable », décerné par le ministère de la Culture en 2013 et habituellement réservé aux parcs et jardins. Ce titre singulier tient à une tradition communautaire qui dure depuis les années 1990 : chaque habitant s'engage à fleurir sa façade et son enclos selon une charte esthétique partagée, revisitée collectivement tous les cinq ans. Le résultat est une mise en scène végétale qui dépasse largement les attendus d'un simple village fleuri.

En juin et juillet, les quelque 1 000 rosiers anciens qui garnissent les murs, les portails et les appuis de fenêtres transforment le village en une explosion de blanc, de rose et de pourpre. Les variétés choisies sont des rosiers anciens non-hybrides, Rosa gallica, Rose de Damas, Chapeau de Napoléon, qui produisent une floraison unique et intense sur quelques semaines, accompagnée d'un parfum qui envahit toutes les ruelles. Chédigny accueille chaque année une Fête de la rose en juin : marché aux plantes rares, expositions de peinture florale, ateliers de taille, visite des jardins privés habituellement fermés.

Mais Chédigny n'est pas qu'un village de saison. Son lavoir du XVIIe siècle, restauré par les habitants, sa mairie de granite tourangeau aux volets verts et ses vergers communaux en fleurs au printemps font de ce bourg de 400 habitants l'un des exemples les plus aboutis de mise en valeur patrimoniale par les résidents eux-mêmes, sans subvention touristique massive.

En dehors de la floraison, Chédigny reste plaisant : les rosiers conservent leurs tiges arquées et leurs hanches rouge vif en automne, les jardins potagers qui jouxtent chaque maison témoignent d'un rapport au vivant qui contraste avec l'uniformisation des bourgs environnants. Le site se parcourt à pied sans plan : il n'y a qu'une rue principale et quelques venelles.

À savoir : Chédigny n'a ni restaurant ni café permanent. Prévoyez un pique-nique, les jardins publics du village le permettent explicitement. La visite prend de 45 minutes (flânerie rapide) à deux heures (jardins, lavoir, exposition selon la saison). Consultez le programme de la Fête de la rose sur le site de la commune pour les dates exactes en juin 2026.

15. Montrésor, le château polonais de Touraine

Montrésor ferme cette sélection à une heure de route de Blois, en Indre-et-Loire. Ce village de 350 habitants, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, abrite l'un des châteaux les plus singuliers de la région : un édifice des XVe-XVIe siècles acquis au XIXe siècle par la famille polonaise Branicki, qui le transforma en résidence et y constitua une collection de peintures polonaises, de manuscrits et de souvenirs napoléoniens d'une richesse inhabituelle pour une demeure de cette taille.

Le château se visite, et la collection Branicki est encore en place dans des salons meublés comme au XIXe siècle. C'est l'un des rares exemples en France d'un intérieur de château intact, non transformé en musée décontextualisé : les portraits de généraux polonais, les armures et les icônes orthodoxes côtoient le mobilier Empire dans des pièces qui semblent avoir été abandonnées hier.

Le village qui entoure le château forme un ensemble médiéval cohérent : la collégiale Saint-Jean-Baptiste du XVIe siècle jouxte les remparts, l'Indrois coule en contrebas et les maisons de tuffeau descendent en terrasses vers la rivière. La vue depuis le pont sur l'Indrois, avec le château et la collégiale en arrière-plan, est l'une des compositions les plus photographiées de Touraine. Le marché du dimanche matin rassemble les producteurs du canton.

Pour revenir sur Blois après cette escapade dans les villages du sud Loir-et-Cher et de Touraine, le guide audio Ryo de Blois vous permettra de compléter votre séjour par une exploration approfondie de la ville royale et de son château.

Château de Montrésor
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FAQ

Quel est le plus beau village à visiter autour de Blois ?

Lavardin est souvent considéré comme le joyau de la région : classé officiellement parmi les Plus Beaux Villages de France, il réunit des ruines de château médiéval visitables librement et des fresques romanes dans l'église Saint-Genest parmi les mieux conservées du Centre-Val de Loire. Chédigny et Montrésor, également classés ou labellisés, constituent des alternatives remarquables selon que vous préférez les jardins fleuris ou l'histoire médiévale.

Quels villages sont classés "Plus Beaux Villages de France" près de Blois ?

Dans un rayon d'une heure de Blois, Lavardin (Loir-et-Cher) et Montrésor (Indre-et-Loire) figurent sur la liste officielle de l'association des Plus Beaux Villages de France. Plusieurs autres communes portent des labels proches : Chédigny est le seul village de France labellisé « Jardin Remarquable », et Vendôme fait partie des Petites Cités de Caractère de la région Centre-Val de Loire.

Peut-on visiter les villages autour de Blois sans voiture ?

Certains villages sont accessibles à vélo depuis Blois via la piste La Loire à Vélo (EuroVelo 6) : Saint-Dyé-sur-Loire se trouve à environ 16 km et Chaumont-sur-Loire à 20 km. En train, Amboise est desservie depuis la gare de Blois en 20-25 minutes sur la ligne Tours-Orléans. Pour les villages plus éloignés, Lavardin, Chédigny, Montrésor, une voiture reste indispensable car les liaisons en car sont peu pratiques pour les touristes.

Combien de temps faut-il prévoir pour visiter les villages autour de Blois ?

Un week-end permet de couvrir deux ou trois villages proches comme Saint-Dyé, Chaumont et Fougères-sur-Bièvre. Pour les villages du sud (Saint-Aignan, Chédigny, Montrésor), prévoyez un second week-end. Lavardin et Vendôme au nord forment une belle demi-journée combinée. En une semaine, vous pouvez raisonnablement explorer les quinze étapes de cet article en logeant à Blois comme base.

Quelle est la meilleure période pour visiter les villages autour de Blois ?

Juin est le mois idéal : les rosiers de Chédigny sont en pleine floraison, le Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire bat son plein, les jours sont longs et les touristes moins concentrés qu'en juillet-août. Le printemps (avril-mai) permet d'éviter la foule tout en profitant des vergers en fleurs. Les villages médiévaux comme Lavardin et Montrichard se visitent agréablement en dehors de la haute saison, avec une lumière d'automne particulièrement flatteuse pour le tuffeau blanc.

Peut-on combiner la visite des villages avec Chambord et Cheverny ?

Oui, et c'est la combinaison la plus naturelle au départ de Blois. Chambord se trouve à 18 km au nord-est, Cheverny à 14 km au sud. Bracieux et Saint-Dyé-sur-Loire sont sur la route de Chambord. Cour-Cheverny borde directement le château de Cheverny. En deux jours bien organisés, vous pouvez visiter les deux grands châteaux et quatre ou cinq villages sans jamais rouler plus de trente minutes entre deux étapes.

Conclusion

Le Val de Loire compte parmi les régions les plus denses de France en matière de patrimoine, et les bourgs qui l'entourent en sont la preuve la plus convaincante. Pour chaque château connu, il existe un village discret où le tuffeau brille autrement, où les fresques médiévales attendent derrière une porte d'église non verrouillée et où les rosiers anciens envahissent les murs d'un accord collectif.

Pour compléter l'exploration, découvrez la Ryocity de Blois, 22 arrêts commentés qui couvrent les grandes heures de la cité royale, de l'aile François Ier aux ruelles médiévales du quartier Saint-Nicolas. Une base